environ
l'idée que toute la masse du groupe de Sève a été poussée par un mouvement tangentiel d'une grande amplitude^ de la chaîne plissée située d F Ouest sur les terrains paléozoïques normaux de tEst, Les roches du glint affectent en général, comme on Ta vu, une
Kaxis Alm&s« Flatnor
Fie. 88. ---^Gonpe du lambeau de recouTrement d'Ansätten, au Nord d*0fferdal (Jemtland),
d'après Högbom (in Törnebohm, Mém. cité, p. 191). 9, Quartiites scbistenx; e, Conglomérat (Seve-Qruppe) ; «, Silurien; tt, Porphyre (Àrcbéen): tt. Surface de recouvrement. — Échelle des longnears 1 : 200000. Hauteur relative du lambeau
= 200 m. environ.
allure tranquille. Dans le Jemtland, aux environs du Storsjön, où le groupe de Sève a été enlevé sur une grande étendue, le Silurien normal du substratum est par exception étroitement plissé ; ces plis serrés sont même renversés dans la direction du Sud-Est. Or, si Ton considère la coupe du bord sud du lambeau d'Ânsatten dans TOfferdal (fig. 88), publiée par Högbom (angle nord-est de la pi. II), on acquiert Timpression que ce plissement a été lui-même déterminé par le mouvement de la nappe supérieure (« Dachschleppung », charriage).
Au Sud du Gudbrandsdal, le puissant massif ancien de gabbro des Monts Jötun détermine des complications qui n'ont pas encore été éclaircies, mais là encore, on connaît les sédiments paléozoïques normaux du glint. C'est aux environs de Stavanger que ces terrains atteignent la mer, au Sud. Ils arrivent ainsi au voisinage d'une seconde bande paléozoïque, qui commence à émerger au Sud-Ouest, dans Tîle Karmö, et qui présente tous les caractères essentiels de la grande chaîne plissée de l'Ouest.
Tandis que les couches cambriennes et siluriennes du glint affectent le faciès baltique, la série occidentale se distingue par le grand développement de roches eruptives de couleur verte, analogues aux gabbros, et de tufs verts. Autant elle s'éloigne ainsi du type réalisé dans le glint, autant elle se rapproche par là du faciès des terrains d'Ecosse. Mais la comparaison des faunes est malaisée, parce que, grâce au profond métamorphisme dynamique des roches, les fossiles sont rares et leur état de conservation défectueux.
A partir de Karmö, des roches dioritiques et des schistes verts stratifiés se poursuivent à travers les îles, vers le Nord, dans la direction de Bergen (fig. 89) ; Reusch a décrit ces schistes, en les attribuant, d'après ses découvertes paléontologiques à Bömmelö et à Stören, au Silurien moyen et supérieur. Il y a aussi des roches eruptives acides. En même temps, les gneiss et les micaschistes argileux s'infléchissent au N.N.E. dans la direction du Hardanger- Qord. Près de Bergen se produit alors un recourbement en demicercle (II, p. 95) *. Quant au territoire situé plus au N., à l'Ouest des Monts Jötun, je ne dispose pas, en ce qui le concerne, de données récentes. C'est sur le bord septentrional de ce massif que nous atteignons la contrée qui a fait Tobjet du dernier mémoire de Törnebohm (pi. II).
La vaste région — véritable ruine d'une grande chaîne plissée — qui s'étend au N.N.E. du Dovre, jusqu'au delà de l'extrémité du Snâsen Vand, a été désignée par Kjerulf sous le nom de Trondhjemfältet. Seules, les racines de synclinaux allongés indiquent la direction des anciennes rides. Leurs axes ou « lignes nucléales », comme Törnebohm les appelle, convergent au N.N.E. L'un de ces synclinaux court au Nord du Beitstadtjord et du Snâsen Vand. Le second est visible entre le Beitstadfjord et le fjord de Trondhjem et est recoupé par le débouché de ce dernier. Le troisième, plus réduit, est situé dans le prolongement du fjord de Trondhjem à TW.S.W. Le qua-
i. H. Reusch, Bömmelöen og Kannöen med omgivelser geologisk àeskrevne; udgivei af den Geol. UndersOg., gr. ia-8", 422 p., 3 cartes, Kristiania, 1888.
trième, vers TW.S.W., part de la rive méridionale de ce fjord et vient se confondre dans sa partie septentrionale, à TEst de Trond-
hjem, avec la grande cuvette médiane, qui de Grönningen, à TEst du Snâsen Vand, s*étend vers le Sud-Ouest jusqu'au voisinage des Monts Jötum.
Entre ces synclinaux s'élèvent de larges massifs de roches archéennes, affectant la forme de dômes aplatis. Il est très intéressant de constater qu'en dépit des contours arrondis de ces masses cristallines^ la chaîne, comme l'indique l'allure des synclinaux, doit néanmoins avoir été disposée en coulisses. Dans ces étroits synclinaux, les roches se montrent fortement comprimées, et la plupart du temps elles sont presque verticales ; dans la grande cuvette médiane, elles paraissent affecter Tallure d'un éventail plus ou moins régulier, dont l'axe est rejeté vers l'Est .
Le terme inférieur de la série plissée est formé par le groupe des schistes d'Are. Au-dessus viennent les schistes de Röros, qui sont à Tétat tantôt de schistes argileux, et tantôt de micaschistes à sidérite ou de quartzites micacés, se chargent parfois de hornblende et ont l'aspect de schistes tachetés [Garbenschiefer). On les retrouve
Fio. 89. — Côte occidentale de Norrège entre Bergen et Stavanger, d'après H. Keusch (Neues Jahrb. f. Min., Beilage-Bd. V, 1887, p. 53).
1. Oneiss et granité ancien ; 2. M icaachistes argileux ; 3. Schistes ▼erts, etc.; 4. Roches dioritiques ; 5. Granite éruptif. — Échelle de 1 : 1 500 000.
également en dehors des plis, par exemple couronnant le lambeau d'Ânsatten. Je ne suis pas en mesure de faire connaître en détail la coupe de la série très épaisse de schistes el^de grès, et aussi de calcaires dans le Silurien supérieur, qui surmonte les schistes de Röros. Dans le groupe de Sève se montrent des gabbros à biotite et à hypersthène, plus développés encore dans le Silurien inférieur, où les schistes verts jouent aussi un rôle considérable. On retrouve ces roches, mais moins abondantes, dans le Silurien supérieur. Elles ont été également affectées par le plissement. Par contre, les pointements isolés de granité récent (indiqués en noir sur la pi. II) qui affleurent au centre de la cuvette médiane n'ont pas été soumis à cette influence dynamique.
En certains points, on voit des lambeaux de grès d'un gris verdâtre, le « groupe d'Ekne » de Törnebohm, recouvrir les plis en discordance; ces grès sont plus récents, mais leur allure, n'en est pas moins disloquée. Peut-être sont-ils d'âge dévonien et représentent-ils la discordance calédonienne.
Nous avons déjà donné quelques détails sur le prolongement de la chaîne plissée vers le Nord (II, p. 81). Vogt a établi qu'à partir du 65* de lat. N., des marbres blancs, accompagnés de micaschistes, prennent une part bien plus grande à la constitution des plis qu'on n'aurait pu s'y attendre d'après la structure des environs de Trondhjem* Des bandes de ces marbres, qui atteignent jusqu'à 1000 mètres d'épaisseur, apparaissent au Valfjord par 65<*20' de lat., orientées N.N.E. ou N.E., et continuent dans l'intérieur des montagnes jusqu'à Vefsen; elles se prolongent ensuite par Ranen à travers le Dunderlandsdalen, à l'Est du Svartisen, puis traversent à l'Ouest du Sulitelma la partie orientale du Saitenfjord et, par 68<> 30', coupent en biais d'une manière analogue le fond de l'Ofotenfjord*.
Au Nord du 67** de lat. N., on obtient une image particulièrement nette de l'état des choses : là, en effet, les études de Sjögren sur les environs du Sulitelma * se rattachent vers l'Est aux levés méthodiques de Svenonius, qui s'étendent jusqu'aux parties les plus septentrionales de la Suède % et Holmquist a décrit avec détail toute la
i. J. H. L. Vogt, Norsk marmor. Med « Résumé in deutscher Sprache » (Norges Oeol. Undersög., No. 22, 1897, 364 p., 6 pi., cartes); et Dunderlandsdalens jemmalmfeU (Ibid., Nr. 15, 1894), etc.
2. Hj. Sjögren, Om Sulitelmakisemas geologi (GeoL Foren, i Stockholm Förhandl., XVI, 1894, p. 394-437) , et Nya Bidrag tili Sulitelma-kisemas geologi (Ibid., XVII, 1895, p. 189-210, pi. 4-10, dont 1 carte).
3. F. Svenonius, Om Berggrunden i NorboUens Lan (Sveriges Geol. Underaökn.- Ser. C, Nr. 126, 43 p., carte, 1892) ; et öfversikt af Slora Sjofallets och angränsande fjailtraklers geologi, II (Geol. Foren, i Stockholm Fôrhandl., XXI, 1899, p. 541-570).
coupe transversale passant par Bodo, le Sulitelma et Kvikkjokk^
Un « synclinal de premier ordre », commedit Holmquist, ou une vallée en coulisse, suivant la terminologie adoptée dans cet ouvrage, s'aligne, remplie de micaschistes, sur une largeur notable, à Bodo, vers le N.N.E., à travers le SaltenfjordîCe n'est qu'à une cinquantaine de kilomètres de la mer que Ton atteint l'anticlinal parallèle, répondant à une chaîne de marbre. Ensuite vient un nouveau synclinal du même genre, qui s'étend jusqu'aux rives du Langvand. L'on arrive alors au Sul titelma ( 1 877 m . ) , masse épaisse de gabbro à oli vine . Près du pied sud de ce massif, la direction des plis a tourné de N.N.E. à E.-W., et là, on a trouvé dans les schistes des tiges de Crinoïdes. Au delà de la frontière suédoise, on entre dans le domaine du chevauchement, représenté par un grand lambeau de micaschistes et de quartzites. La bande chevauchée nest pas aussi large qu'au Sud, et cependant son bord oriental, le glint, au voisinage de Kvikkjokk,est à environ 180 kilomètres de Bodo; elle s'y décompose en multiples écailles horizontales, et les surfaces de discontinuité plongent en sens contraire du mouvement, de sorte que la poussée a eu lieu de bas en haut. Dans l'écaillé comprise entre le Sulitelma et Kvikkjokk, le mouvement parait avoir été dirigé un peu plus du Nord au Sud, ce qui détermine la direction E.-W. que l'on voit régner au voisinage du Sulitelma.
Là encore, le long du glint, on aperçoit sous ces masses de recouvrement les couches cambriennes non dérangées à faciès oriental (série à Hyolites) , et celles-ci reposent sur le gneiss et le granité du bouclier.
Quelques autres particularités ont déjà été mentionnées. Vogt a trouvé qu'aux Lofoten existent les vestiges d'un important district éruptif. L'île Flakstad, certaines portions de Mosknäsön, de Vestvaagö, une grande partie de Langö avec Oeksnäs, quelques points de Hindö sont formés de gabbro à olivine, de labradorite et de syénile augitique. La comparaison que nous avions établie entre les Lofoten et les Hébrides occidentales, en nous appuyant sur des données anciennes (II, p. 85), n'est donc pas fondée. Ces fragments importants de l'archipel ressemblent bien plutôt au massif de gabbro à olivine du Sulitelma, et les Lofoten doivent de même appartenir aux coulisses de la grande chaîne plissée *.
A partir du 69® degré de lat.N. commence à se montrer une cou-
1 . P. J. Holmquist, En geologisk profil öfver fjellomrâdena emellan Kvikkjokk och norska husten (GeoL Poren, i Stockholm Fôrhandl.,XXII, 1900, p. 72-104, 151-177, 253- 272, pi. 3; péimpp. Sverigcs Geol. Undersôkn., Ser. C, Nr. 185, 100 p., carte).