‹ La face de la terreChapitre 76 sur 137 · Holmquist, Mëm. cité, p · texte numérisé non relu

Holmquist, Mëm. cité, p

p. 88, fig. 18) et qui, autrement, demeure si difficile à comprendre. Si Ton adapte à l'interprétation première Thypothèse de Törnebohm, c'est-à-dire si le Rismaalstind et le Hattevarre sont des masses charriées horizontalement dans la direction de TEst, il semblera bien, en effet, que le mouvement est venu d'en bas, ou que, comme le pense Holmquist, il s'est produit un affaissement et un renfoncement de l'avant-pays.

Le déplacement vers l'E.S.E. qui s'est traduit par le chevauchement de la chaîne Scandinave est dirigé en sens inverse de tous les grands mouvements qui ont laissé leurs traces dans l'intérieur de l'Eurasie occidentale. Mais dans son prolongement au S. S.W., en Ecosse, il change de sens et prend la direction contraire, celle de l'W.N.W. Là, cet accident devient le premier terme de fédifice, plusieurs fois reconstruit, de r Europe; et en même temps, il fait partie du cadre dans lequel les plissements plus récents décrivent leurs courbes (II, p. 209).

Si l'on veut pousser plus loin l'hypothèse de Holmquist, on peut soit se représenter une fosse, dont le bord oriental serait visible en Scandinavie tandis que le bord occidental se montrerait en Ecosse, soit imaginer un second afiTaissement parallèle, dissymétrique, mais inverse, ou enfin supposer une surface de dislocation unique, tordue, se poursuivant d'une extrémité à l'autre.

Les masses gneissiques précambriennes des Hébrides occidentales demeurent complètement séparées par cette zone disloquée des roches précambriennes du bouclier baltique. Le prolongement en direction de la ligne d'ErriboU passe au milieu de la Mer du Nord, bien à l'Ouest du glint Scandinave. Mais les grandes cassures qui morcellent l'Ecosse au Sud de cet accident (II,p. H3, fig. 23), quoique plus récentes en partie, affectent une direction analogue. La connaissance de la structure intérieure des horsts écossais acquiert par là un grand intérêt. Dans le plus méridional de ces horsts, les Southern Uplands, Lapworth est parvenu, à force de patience, à subdiviser les roches malgré leurs transformations dynamiques, et Peach et Horne ont donné une description détaillée de la structure du terrain * .

Dans les Southern Uplands, la direction n'est pas rigoureusement parallèle à la cassure qui passe au Sud d'Edimbourg, mais elle

1. B. N. Peach and J; Horne, The Silurian Rocks of Britairiy vol. I, Scolland, in-8', xviii-749 p., 27 pi., i carte, Glasgow 1899 (Mem. Qeol. Survey); en particulier p. 7l et suiv. — [Pour des traces probables, en Ecosse, d'un plissement sulTant la direction Scandinave, c'est-à-dire vers l'E.S.E., voir le récent travail de G. Barrow : On the Occurrence of Silttrian [?] Rocks in Forfarshire and Kincardineshire along theEastem Border of the Highlands (Quart. Journ. Geol. Soc, LVII, I90i, p. 328-345).]

se relève un peu plus vers le Nord, conformément à Torientation générale du système calédonien. Leur partie septentrionale extrême est formée par les étages les plus anciens du Silurien inférieur, le centre par les étages les plus récents de la même série, le bord méridional par le Silurien supérieur. Toutes ces couches sont très étroitement plissées (fig. 94) ; certains niveaux, repliés verticalement sur eux-mêmes, occupent une largeur qui arrive à être bien plus considérable que leur épaisseur. Les couches du Silurien inférieur, plus puissantes, forment au Nord un éventail s'ouvrant de bas en haut, dont les parties nord-ouest et sud-est s'inclinent vers Taxe,

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Fig. 94. — Coupe à travers les Southern Uplands au Sud d'Edimbourg, d'après Peach et Horno (TAe Silwian Rocks of Britain, Vol. I, Scotland, 1899J Index-Map).

1, Arenig; 2, Llandeilo; 3, Caradoo; 4, Llandovery etTarannon; d^ Vieux gré» rouge (Dévonien); V, Laves siluriennes; e, Cherts à Radiolaires; i:, Laves dévoniennes. — -Niveaux à Graptolithes : 2', Birkhill; 3", Harcfell; 4"',Glenkiln. — Échelle des longueurs .* 5 milles an pouce on 1 : 316800.

puis, vers le centre, un second éventail s'ouvrant de häuten bas. A ces couches sont associées de nombreuses intercalations de roches volcaniques, qui ont également été modifiées par les actions dynamiques.

Ces couches siluriennes métamorphiques se prolongent en Irlande ; on peut suivre, en particulier, les roches d'épanchement très spéciales et les couches à Radiolaires du groupe d'Arenig(Silurien inférieur) vers le Sud-Ouest, jusqu'au Slieve Bernagh, au Nord de Limerick (52<>45' de lat.N.).Les transformations dynamiques imprimées aux roches par le ridement calédonien se font sentir jusque-là sans diminuer d'intensité ; on arrive ensuite au bord externe du faisceau armoricain, qui traverse toute Flrlande.

Dans ces parties internes, plus méridionales, de Tédifice calédonien, les terrains cambriens et précambriens ne font pas absolument défaut, d'ailleurs. Toutefois, les opinions sont très partagées en ce qui concerne de nombreux affleurements qualifiés de gneiss, et il n'existe rien qui se puisse comparer aux grandes chaînes de gneiss qu'on rencontre d'ordinaire sur le bord interne des régions où les plissements etles renversements acquièrent une pareille am-

pleur. Au contraire les Southern Uplands, de même que les coulisses occidentales de la Norvège, nous fournissent un bon exemple de ce que peuvent donner des recherches persévérantes dans une région considérée d'abord comme formée de terrains beaucoup plus anciens, et où une minutieuse analyse parvient à reconnaître des sédiments fossilifères, comprimés dans les plis successifs *.

Cette circonstance peut être invoquée, de même, en faveur de la thèse d'Holmquist. On doit admettre comme un fait établi que les mouvements antédévoniens, depuis le bord armoricain dans le Sud- Ouest de rirlande (52^ 30' de lat. N.), à travers toute TÉcosse et la Scandinavie, jusqu'aux traces qui demeurent visibles sous la couverture discordante des grès dans les fjords de Textrême Nord (jusque vers 70*>30'), représentent les manifestations diverses d'un même phénomène tectonique, caractérisé par une orientation constante au N.N.E., bien que le mouvement soit dirigé vers l'E.S.E. en Scandinavie et vers Î'W.N.W. en Ecosse. Les extrémités sont masquées au Sud comme au Nord, et il est possible même que la chaîne se poursuive jusqu'au Spitzberg, où Ton retrouve la discordance dévonienne dans le système de la Liefde-Bay (II, p. 100).

13. Conséquences. — En Asie, nous avons distingué : 1^ le faite précambrien y prolongé vers l'Est, jusqu'à l'Océan Pacifique, par une série de segments périphériques plus récents, disposés d'une manière harmonique ; 2° les Altaïdes, partant du faîte récent, l'Altaï, qui au Sud enveloppe de ses branches orientales le faîte primitif, plus à l'Est se confondant probablement davantage avec les segments périphériques du faîte primitif, mais rayonnant vers l'Ouest dans la virgation du Tien-Chan; enfin 3® les arcs de la bordure méridionaley dont le plus oriental, l'arc birman, n'est qu'un rameau des Altaïdes.

Dans l'Europe Orientale, ces arcs de bordure (3) ont pour prolongement l'arc tauro-dinarique. Le Caucase appartient aux branches du Tien-Chan (2). On voit donc que la plate-forme russe fait partie du faite primitifs — pour préciser ^ de la moitié dans laquelle sont compris les Monts Saïan.

C'est ce qu'attestent tous les traits essentiels : la situation

1. Voir par exemple C. Callaway, The présent State of the Ärchsean Controversy in Britain (Geol. Magazine, Dec. 3, VI, 1889, p. 319-325); et On the Origin ofsome ofthe Gneisstes of Anglesey (Quart. Journ. Geol. Soc, LUI, 1897, p. 349-359) ; Qren ville A. J. Cole, On Metamorphic Rocks inEast Tyrone and Southern Done^aZ (Trans. Acad. Dublin, XXXI, pt.XI, 1900, p. 431-472, pi. XXVI-XXVII) ; etc.

générale, Tage précambrien, la direction des plis, constamment orientés N.W. ou N.N.W. dans le Sud, puis plutôt N.N.W. dans le Nord, jusqu'à ce que Talignement N.N.E. apparaisse encore plus au Nord, enfin la ressemblance avec les guirlandes insulaires. Le plan primitif y qui s'était sotistrait à nos regards sur les rives du lénisséi, reparaît au jour. En même temps s'affirme une fois de plus l'extraordinaire constance des directions dans les parties les plus anciennes de l'écorce terrestre, fait qui avait attiré l'attention de Richthofen en Chine, que Tchersky retrouva dans les montagnes du Baïkal et que Karpinsky a également constaté pour la plate-forme Russe, et qui contraste d'une façon si tranchée avec la diversité des formations subséquentes.

Dans l'ensemble, la partie occidentale du faîte est située plus au Nord que la partie orientale. Du côté du bord méridional, les branches des Altaïdes introduisent certaines complications ou masquent même complètement le dessin primitif.

C est en vain que nous avons cherché à déterminer si les montagnes bordières, disposées en coulisses à partir des rives septentrionales du Hoang-ho, parviennent à se raccorder au Grand Khingan, ou en d'autres termes s'il se produit un reploiement de ce rameau des Altaïdes sur le domaine oriental de l'ancien faîte. C'est en vain également que nous avons suivi les traces de Mouchkétov dans ses recherches sur les prolongements possibles de l'arôt du Kara-Taou, le long de la ligne de partage entre l'Aral et l'Irghiz. Dans les deux cas, la question a le même objet : il s'agit en effet, ici encore, de savoir si une branche des Altaïdes, le Kara-Taou, retourne dans l'ancien faîte. Quelle que soit la solution que l'avenir réserve à ce problème, il est du moins certain que l'Oural possède une structure harmonique au plissement du faîte, que dans les hautes vallées de l'Aïat, du Tobol et d'autres rivières, cette chaîne montre ses plis arasés jusqu'à une grande distance vers l'Est, et que vers l'Ouest, elle donne naissance à des coulisses témoignant que de ce côté également, il existe une certaine unité dans l'infrastructure.

V Oural est un groupe de plis posthumes^ édifiés sur remplacement du faite primitif. De même que, dans l'Asie Orientale, le mouvement de plissement est dirigé vers l'Est, puis vers le Sud dans les arcs de bordure, dans l'Oural il se dirige vers l'Ouest. On ne peut guère qualifier cette chaîne de formation périphérique, parce qu'un massif précambrien important, la plate-forme russe, est situé plus à l'Ouest, c'est-à-dire extérieurement à l'Oural. 11 est vrai qu'on ne connaît pas la structure du fond de l'Océan Paci-

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