‹ La Faculté de droit dans l'ancienne Université de Paris,Chapitre 102 sur 281 · SouvelU r^vwf historique du droit, L Hl, p · texte numérisé non relu

SouvelU r^vwf historique du droit, L Hl, p

« fieri coDtiDgeret ; statim hic pariter designentur, modo et forma « quibus ceteri iam quesiti libri inscribuatur ^ »

La liste de ces précieux volumes, que la Faculté dressa en cette occasioD, est hélas, bien courte, et la pauvreté qu'elle accuse amènera peut-être un sourire sur les lèvres des savants d'aujourd'hui I Nous la donnons ici dans son éloquente simplicité * » :

Liber Decretalium — incipiens secundo folio in glosa c cornparatur filio > et in textu « proficit ad salutem », et ûniens penultimo folio in glosa « de minoribus beneficiis » et in textu « exegit portionem cum. >

Aliud voluniefi Decretalium — incipiens secundo folio in glosa « qualiter potest stare » et in textu « edocere » et finiens penultimo folio in glosa « si verô » et in textu « nullatenus immutasset*. »

Sextus liber Decretalium,

Summa ffostiensis,

Lectura Innocenta — est etiam tractatus intitulatus : Breviarium Domini Lamberti,

Casus casuum Decreti,

Lectura ffuçutii,

Repertorum Beregarii,

CoUectiones Justi^iiani in tribus libris codicis.

Liber codicis Justiniani,

Diçestum vêtus,

Dlgestum fiovum,

Inforciatum,

TuUius, de offlciis (in pergameno per quitemos numéro quinque),

Oratiofies TuUii (in pergameno, continentes vigenti quatuor sextermones],

Decretum in pergameno. >

C'était le fonds primitif de la bibliothèque. Â. ces dix-sept manuscrits, vinrent plus tard s'ajouter ceux qu'un célèbre doyen

'1. Areenal, m». 1121. Copia ioTentorii libronim Facoltatis. — ' 2* CommenUriom, aoDo 1475, dec. Ambrosii CameracaDsis, ment, decemb.

2. Ce chapitre était d^à rédigé qoaod M. Marcel Fooroier fit paraître dans le BuUetin de la Société de l'histoire de Paris (octobre 1888), et entaite en plaquette, son extrait du maouscrit Arsenal 1121, intitulé « Bibliothèque de la Faculté de droit de Paris en 1475, »

3. Chacun des livres de la Faculté est désigné par ces citations du commencement et de la fin, nous avons donné intégralement la physionomie des deux premiers volumes, pour montrer le soin avec lequel les manuscrits étaient collationnés ; désormais, nous passerons ces explications sous silence.

légaa en mourant à ses collègues : c Sequuntur volumina data et « legata per venerandum patrem D. Ambrosium de Cambray*, « insignis ecclesiœ parisiensis cancellarium, dominum reques- € tarium regiarum, dicte Facultatis Decretorum, occasione quo- « rum celebratur pro eodem, singulis annis aDnlversariumlSjumi « per eamdem facultatem, more aliorum anniversariorum Facul- « tatis. »

Lectura Henrici Bohic (in duobus voluminibus manuscripta in pergameno. — Lecturo domini Cyni super C. (manuscripta in pergameno in duobus voluminibus manuscriptum in pergameno). — Summa Aronis (manuscripta in pei^ameno). — Parvum volumen optimum continens InstUtUam, decem collaciones in très IWros codic... glos. ordi. — Summa Gaufredi super quinque libris Decretalium (manuscripta in pargameno). — CastAS Bemardi secundum ordinem Decretalium (manuscripta in pargameno). — Lectura Qesselini et OuUti de Monte Landuno super Clementinis (simul aligate, manuscripte in pei^ameno). — Casus Longi super Godice (manuscripte in pargameno]. — Deelectione (manuscriptus in pergameno). — Lectura novelle Andrée super sexto Decretalium (manuscripta in papiro). »

Ainsi , à la un du xv* siècle , au moment où la Faculté de droit achevait la première et la plus brillante période de son existence, vingt-sept volumes formaient Tensemble de sa bibliothèque'! C'était peu assurément, mais, nous voyons, parle legs d*Ambroise de Cambrai, que chaque maître suppléait, dans son particulier, à cette insuffisance, et les libraires, il ne faut pas Toublier, louaient et prêtaient un nombre considérable d*ouvrages qu'ils échangeaient très souvent avec leurs collègues, de façon à varier leur propre fonds. C'est ce va-et-vient de manuscrits qui constituait une des ressources littéraires de Tépoque, et qui faisait accourir tant de chalands et de curieux aux foires de livres qui se tenaient à plusieurs endroits de TEurope. Il ne faudrait donc pas s'imaginer que la science des maîtres n*était puisée que dans les rares

1. Ambroise de Cambrai semble avoir servi de bibliothécaire à la Faculté, car, eo 1483 les docteurs fireot remarquer à Robert Gagnia, alors doyeo, que la décision de 1475 relative à rétablissement d*uoe salle de lecture publique n'avait pas été réalisée. On conclut que les livres étaient eo sûreté entre les mains d'Ambroise : « In ipsa quoqs « cOgregatOe quesitum fuit, quid de libris qui ad facultate ptinent, nec sunt adhuc in « loco publico rpositi placeret ordinare. Sêd t& eos dûs Ambrotios de Cambray pro « magna parte baberet, in eius custodia libri videbant' salvi esse, nihil aliud exUtit « ordinatum... »

2. Claude de Hangest laissa, peu après, en mourant, on volume en parchemin, écrit de sa main, qui fut remis à la bibliothèque de la Faculté par ses exécuteurs testamentaires. D'autres dons, que nous ne connaissons pas en détail, furent encore faits en son nom à la Faculté et à deux docteurs-régents, Dorigny et Conty.

ouvrages qu'ils possédaient eux-mêmes, ou que la Faculté pouvait leur fournir : aucun commentaire , aucun traité ne leur était inconnu, et, un jour ou l'autre, ils avaient la bonne fortune de se procurer les raretés juridiques et d'en étudier à loisir les secrets.

En dehors des ouvrages absolument essentiels aux étudiants, il y en avait beaucoup d'autres auxquels les docteurs seuls avaient besoin de recourir et que les libraires devaient toujours être en mesure de leur procurer sur leurs indications ^ Les principaux étaient assurément ceux des grands maîtres de toutes les écoles, mais surtout ceux qui avaient brillé à l'époque de l'épanouissement de la science canonique. C'étaient, pour le Décret, la Somme, du professeur parisien Rufin, celle d'Etienne deTournay, celle de Sicard de Crémone , qui commençait par ces admirables paroles qu'on devrait retrouver en tête de tous les codes : « Diligite ius- « iitiam, qui iudicatis terram! > C'était surtout le travail de Laborans qui /le premier, avait essayé de reprendre le Décret, en 80U8-<Buvre, et de lui donner une meilleure division, en s'inspirant des Décrétales, des Pandectes et du Code*.

Pour les Décrétales , les docteurs consultaient le Pœnitentiale, de Robert de Flamesbury , où la législation matrimoniale et l'usure sont admirablement traitées sous forme de dialogue. Ils étudiaient la constitution c Romana Ecclesia », qu'Innocent lY avait expédiée, avec quarante-deux Décrétales, à l'Université de Paris, et son fameux c apparatus in quinque libres Decretalium ' », livre rédigé pour servir aux exigences de la pratique journalière. Ils interrogeaient encore les œuvres savantes de Guillaume Durant, révêque de Mende, si célèbre sous le nom de Speculator \

Le Droit romain intéressait les docteurs au plus haut point, et, malgré la rareté relative des ouvrages spéciaux qui en traitaient tous tenaient à s'en procurer quelques-uns pour leur bibliothèque privée. Cette rareté provenait surtout de ce que, dans leurs libéralités testamentaires, les riches érudits d'alors croyaient accomplir une œuvre pie en faisant disparaître les livres de Droit civil qu'on traitait couramment d' « amis du monde et

1. Caccialupos Se?erina8 qui recominiiide &ax élèves la modératioD dam la lecture des aoteurs : « Non curet scholaris babere in usa moltos libros », parle d^uoe toute autre façon lorsqu'il 8*&git des maîtres : « Doctor autem iudiget multis libris. » Et il fait à ce propos une éoumération de livres qui remplit cinq pages entières. — {Modus ttudendi in uiroque. &• arg., p. 128-131.)

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