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CHAPITRE II Importance politique et rapports extérieurs

Influence juridique. — Contrariétés diverses. — Générosité des suppôts de

la Faculté. — Défense des priyiièges. — La chapelle

Saint-Denis, à Saint-Hilaire.— Lente déchéance.— Ck)ncordat de LéonX

et de François I". — Le Parlement.

Parler de Tinfluence et des rapports extérieurs de la Faculté, considérée en tant que société publique, c*est entreprendre une tâche aussi longue que variée. Nous serons donc forcés de toucher à beaucoup de matières en peu de mots, et dlndiquer, plutôt que de développer.

LUmportance de Faction juridique de la Faculté se manifesta par le vif mouvement de réformation qui suivit en France la diffusion des canons. Ce fut à Paris, en eflFet, que Tétude des lois ecclésiastiques brilla tout d*abord dans notre pays* : ce fut donc à cette école qu^on fut d*abord redevable de radoucissement de la procédure tant civile que criminelle. L^établissement des ofSciauxdans tous les diocèses, civilisa considérablement les mœurs judiciaires, mais c*est principalement aux exemples de la cour épiscopale de Paris que les conseillers royaux durent de renoncer à la violence et aux bizarres présomptions du jugement de Dieu. Le changement se trouva absolu sous le règne de saint Louis. Or,

1. Le développement rapide de rUniversité d'Oriétcs et le soin qo*elle mettait à le parer du droit romain, fit tort à Paris; dès 1288, Guillaume, érèque d^Amiens, poarait dire dans un discours : « Visum fuit nobis expediens , qood negotiom et prÎTilegia « eiponeretur magistris et scolaribus Aurelianensibus, qui sont peritorts in iure quam « Paritienses, et melius intelligentes. » Cité par le P. DntiFLi, IHe Umveniiùteik, p. 255 : « Cod. Paris. 3120 Bl., 32 b. » Cet auteur discute à Paris TimportaDce de loo enseignement juridique, qu*il juge aroir été éclipsé par celui d'Orléans : « U est très « doatenx », dit-il, « que Paris ait été le siège central de renseignement joridiqva français «I comme Tavance Thaner. «

à quoi fautr-il attribuer cet eûtraîaemeût bienfaisant? ^^ C*est aux doctrines enseignées dans le Clôl'-Bruneh c'est à la sagesse des membres de la Faculté, à Tesprit éclairé des juges sortis de son sein. La reconnaissance fut, hélas! de courte durée. À peine les justices royales étaient-elles en mesure de fonctionner que les juristes dont elles étaient composées, ces magistrats sortis hier dû clergé, oubliant leur origine et leurs affinités, réclamèrent Tabolition des juridictions ecclésiastiques auxquelles ils devaient, en principe, tout ce que leur procédure avait d'équitable ^

A côté de ces résultats heureux, la Faculté avait quelquefois à constater la permanence de difficultés graves qui entravaient son essor; c*étaient des luttes avec la Faculté des arts^ (1279) ou bien avec l'Université elle-même ou quelques-uns de ses officiers ', pour dèâ~ qtiestions dlntérët^ et la défenâe de ses membres, mais toujours elle donna de nobles exemples de générosité et d'amour de îa'scieiice* Si parfois nous avons eu à bl^uner Vàvarice de certains docteurs, nous l'avons fait san^rdissimuler leurs faiblesses, mais c*est avec une véritable joie que nous nous dédommageons de ce pénible devoir en constatant Tusage honorable fait par d^âùtres. suppôts du Décret, de la fortune qu'ils avaient amassée dans une yiede savants labeurs. Le cardinal Le Moine, du dio<^s6' d'Amiens, docteur en droit canon, ami du pape Boniface VIII et légat en France, est un de ces vertueux bienfaiteurs; il assura la fondation d'un collège de la rue Saint- Victor , quia gardé son nom. Six années plus tard, Jean de Thélu, docteur en décret, fondait une chapelle de Notre-Dame en l'église Saint- Aiidré des Arcs, et plaçait ce bénéfice sous le patronage de l'Université, afin d'aider lés pauvres écoliers (1308). Pierre Fortet*,

. 1. Beaominoir.est ÎDtérdssaiit i consulter à ce propos : « Bonne coie est et profitavle « 'sèlonc Diev et selonc le siècle qae cil qai gardent le justice espiritnel se niellassent « de ce qui apartient à Tespiritoalité tant solement, et laissassent jostider et esploiter a «.le laie justice les cas qoiapartiennent à le temporalité, si que par le justice espirituel <«.et par le justice temporel drois fust fais à çascun. « (Coutume de BeauooisU, cB;ii; §!•».)

'%. Litters quibns ofQcialis parisiensis notum facit se Tidisse litieras Simonis legati, noots AugusU pontiflcatus Nicolài III, anno II datu, de componendo inter faeullatem aitium et magistros in decretis et medicina dissidio. — Ârch. M., D. 2, th. VII (Ap. JoonDADi).

3. Lettres de L'Université jcootenant appel interjeté soûs Je nom de Guillaume, recteur d!iceUe,';ea pMsebce des quatre procureurs de la Faculté des arts, de ce i|ue les. trois Faiconé^ de décret, de. théologie et de médecine. araient entrepris de bailler mande» ment» révoquer. certains procès faits par lesdits recteurs et procureurs des nations contre MtOaulUer, lèsdites Içttres de Tan 1261 du 13* de février. — Arch. M., Reg. XCVin, B^. i. b. (ii^td.).

: 4w:iétdL, Acch. U., A. 18. i, th. IV. — CongrégaUon de rUniverùté. ténue. aux Ma^ tlKKfU^ le 1^ Novembre 1316, pour fixer les dépenses à pajer pour chaque Facalté.

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