‹ La Faculté de droit dans l'ancienne Université de Paris,Chapitre 108 sur 281 · Mort le 22 avril · texte numérisé non relu

Mort le 22 avril

maître es arts, licencié en droit €t chanoine de Paris, imitant ces généreux donataires, établissait à son tour par testâmes un collège de huit écoliers dans une des trois maisons qu'il possédait à Paris, rué des Gordiers (près des Prêcheurs), nie du Clôt-Bruneau et rue Saint-Victor*. Ces largesses méritèrent à la Faculté l'estime de tous les gens de bien, et c'est parmi ces membres que les fondateurs des collèges venaient le plus souvent chercher des protecteurs pour leurs institutions charitables'.

L'école de droit était alors dans tout l'éclat de son enseignement. En réalité,pendant le xiv« siècle, le droit canonique ne fit pas de progrès sensibles , dans ce sens qu'aucune œuvre remarquable ne se fit jour comme au siècle précédent; mais l'élan donné aux études juridiques subsistait et ses efiets se manifestaient au dehors par le nombre des élèves qui en écoutaient les leçons. I^e commencement du xv* siècle présente les mêmes particularités, mais bientôt, les préoccupations politiques devenant de plus en plus puissantes, la décadence commença pour le Décret, comme pour les autres branches de l'enseignement. C'est alors que la faction bourguignonne opprima le plus durement l'Université, et ce grand corps oublia un instant la fidélité qu'il devait à son roi légitime. L'Université était pourtant loin d'avoir perdu son antique influence, et, lors des conciles de Bâle et de Constance qui émurent si profondément le monde catholique, le doyen de la Faculté de décret eut plusieurs fois occasion d'écrire aux Pères du Concile '.

L'année 1453 vit cesser les leçons de droit : l'Université tout entière protestant par la suspension de ses cours contre un acte de la justice royale. Le prévôtdeParis avait enfermé au Chat elet unequarantaine d'écoliers sans se soucier davantage de leurs immunités et prérogatives. Le recteur reçut aussitôt de l'assemblée plénière des Facultés réunies aux Mathurins l'ordre d'aller réclamer les détenus.

1. (Arch. M,. M. 397, fol. 26 et soiv.). Si les décrélistes songeaient à procurer IV Ftncement de la science en général, ils n'étaient pas oubliés, non phis dans la- répartition des (aveurs. En 1332, Godefroy du Plessey, notaire de la sainte Église, laissait en testament sa maison de la rue Saint- Jacques pour y élever des écoliers pauvret, et partageait également les bourses entre dix artistes et dix étudiants théologiens ou décrétistes. (Fklibieîi, Histoire de Paris, t. III, p. 373.)

2. Le collège de Laon était placé pour l'administration temporelle, sous la surveillance d'un licencié en décrets, Pierre de Biévre (1388). Il en était ainsi de beaucoup d'autre» maisons de l'Université. (Cr. Actes relatifs au collège de Laon. Arch. M).

3. Lettre du doyen et de la Faculté condamnant Gerson, et concluant à la révocation de sa légation au concile de Constance (21 août 1415). — Délibération pour condamner neuf propositions de Gerson (18 novembre 1416). — Gersonii opéra, t. V, col. 374 et 704. (Cf. et. £.. Jarry, Aa vie politique de Louis du France, duc d'Orléans, p. 187. Lettre audacieuse du corps universitaire au pape Benoît XIII, en 1396.)

Il revenait à travers la rue Saint-Antoine dans tout Téclat de la pompe universitaire, lorsquHin commissaire, suivi de huit archers, rencontra la procession. Des injures furent échangées, des coups s'ensuivirent, vingt écoliers se trouvèrent blessés dans la rixe, et Raymond de Mauregard, bachelier en droit, fut frappé si rudement qu'il passa de vie à trépas. Ses obsèques furent célébrées le lendemain avec grand éclat par TUniversité. La Faculté de décret se montra plus outrée que les autres, et toutes les leçons et prédications furent interrompues. >En vain le Parlement condamna-t-il les archers à faire amende honorable « nus en chemise, une torche à la main » et flt-il couper le poignet à celui d*entre eux qui avait attaqué le recteur ', l'Université persévéra dans son mécontentement. L'évêque de Paris, qui avait refusé de mettre la ville en interdit, fut l'objet de violentes diatribes et ne reconquit jamais entièrement les bonnes grilces du corps enseignant'. Ce ne fut que l'année suivante que les cours furent rétablis'.

Cependant, l'église paroissiale Saint-Hilaire * avait une chapelle séparée qui attenait aux bâtiments du Décret et appartenait à ses suppôts comme titre bénéficiai. Hémon Langàbon, ancien bedeau de la Faculté, l'avait fait construire et l'avait placée sous l'invocation de saint Denis. Malgré le respect que tous attachaient à cette pieuse fondation , son pressant besoin de réparation d'une part, et de l'autre l'exiguité des bâtiments consacrés aux classes firent songer à la transformer en grande salle de la Faculté '. L'évêque Guillaume, qui occupait le siège de Paris en 1461, fut pressenti par lesdocteurs et ne se montra pasopposé à ce projet. Deux chanoines furent chaînés d'examiner la question, et leur rapport confirma lïnsuffisance des revenus de la chapellenie ainsi que l'état de ruine des classes. Le chapelain Jacques Avbry, docteurrégent , ofiHt donc une démission volontaire et motivée, et la permission tant enviée fut enfin accordée.

Ce délabrement et ces expédients nous montrent la Faculté de-

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