CHAPITRE PREMIER Règlements scolastiques
Instractlon préparatoire. —Réclamations intéressées. — Entente relative
et nouvel arrêt da Parlement.
Nous Tavons vu précédemment, les connaissances requises pour être admis au nombre des élèves de la Faculté de décret n'étaient pas considérables. La Théologie et la Médecine s'étaient souvent élevées contre la facilité avec laquelle on admettait aux grades, et par conséquent aussi aux bénéfices ecclésiastiques et aux avantages universitaires des hommes qui n'avaient pas conquis la maîtrise es arts. Plusieurs collèges exigeaient même des décrétistes , auxquels ils donnaient des bourses , qu'ils obtinssent la maîtrise es arts avant de commencer à suivre les cours de Droit.
raisonSf etc.). Buisine nia formellement ce fait dans sa Response : k C*est encore une impertinence notable de faire mention d'une remise de carrosse dans les escoles , cela n*ayant esté exécuté ; et ledit de Buisine n'en ayant iamais eu Tintention » (p. 7).
1. Mémoire des diligences continuelles que M* Philippes de Buisine, doyen et docteur regeat de la Faculté de Droict canon en rVniversité de Paris a faites pour remplir au plustost les trois chaires vacantes en ladite Faculté (Bibl. nat. uniy., r. 71).
2. Le D' Halle, parlant de la diminution des élèves et des attaques générales qui frappaient Buisine au cœur, fait cette réflexion : « At vir clarissimus, suorum decessorum tt ingenio et ignavis longè dispar, cùm se percuti sensisset, indoluit : et, dùm correptus « est, admonente HieremiA, disciplinam accepit. AfOictio quB csteros aut deiicere, aut a exasperare solet, illi salutare pharmacum extitit. » (Scholm luris Enemnia, p. 4). Halle avait d'autant plus de mérite à reconnaître les qualités de son collègue, que celui-ci avait constamment été en guerre avec lai.
Tel était le collège d'Autun : c Decretistœ... coDfecto philosophie c biennio tenebuntur intra très menses gradum magisterii in arc tibus adipisci : aliter ipso facto bursa vacabit ^ » Il en était de même au collège de Prèsles* et à celui de Saint-Michel*. Ces c«)nditions pouvaient être posées par les fondateurs des établissements particuliers, mais elles ne devaient pas devenir une loi pour la Faculté , si cette dernière s'y opposait. C'est ce qu'on se refusa à comprendre. La Faculté ne se désintéressait assurément pas des connaissances préparatoires de ses suppôts ^ mais elle restait dans son droit , en ne voulant pas exiger d'eux l'acquisition d'un grade, qui, s'il était une preuve d'aptitude aux études supérieures, n'était effectivement pas le seul témoignage de capacité. C'est cette juste considération qui l'amena à décider en conseil que deux ans et demi accordés à la philosophie après l'étude des poètes et des historiens de l'antiquité étaient des préliminaires suffisants'. La jalousie des écoles voisines ne devait pourtant pas se calmer aussi aisément, et, de toutes les affaires scolastiques dont nous ayons retrouvé la trace, c'est assurément cette discussion qui fut pour la Faculté la plus importante et la plus prolongée.
En face de la résistance énergique de la Faculté, les statuts généraux de l'Université, rédigés à nouveau en 1598, durent laisser encore les choses dans l'ancien état, mais, cette prétendue tolérance irrita au plus haut point les adversaires du Décret. Les colères si longtemps amassées éclatèrent dans une requête adressée au Parlement par les Facultés qui se prétendaient lésées et les canonistes se virent sur le point de perdre sans espoir leur antique privilège. Le doyen, 3f* Ouyofî, protesta et refusa au Parlement toute ingérence dans la question pendante *. Il suffit de lire quelques lignes du compte rendu de ses démarches pour voir combien ces attaques menaçaient les intérêts du collège : c Quam determinationem nullam, obreptitiam, adulterinam, c erroneam, nugatoriam, nomine dictae Facultatis Juris canonici c protestatur, et factam ab inferioribus contra superiores, et non c habentibus potestatem contra veteres Academiœ leges, mores
1. Eitnit des procès-yerbaux de la Tisite des collèges sous le rectorat de Rollin. Arch. M. Reg, XXXIX. Visite du 21 mars 1696.