‹ La Faculté de droit dans l'ancienne Université de Paris,Chapitre 158 sur 281 · Florvnt enseigna à Paris de 1643 à · texte numérisé non relu

Florvnt enseigna à Paris de 1643 à

4. 1632. — Cf. J. LoisiLiim, LUniversité d'Orléans pendant la période de décadence, p. 6. Florent y remplaçait comme « institutairt •• Antoine Proust de Chambourg, qui avait al>and(mné ses leçons pour venir, sans autorisation, se distraire à Paris, mais cet intrigant obtint du Parlement d'être réintégré dans son office, c'est ce qui permit à FlorvDt d'acct'pter une chain^ à T^c^le de la rue Saint-Jean de Beauvais.

novatrice. Florent mourut trop tôt pour là Faculté de décret à laquelle sa science et Aon activité auraient su rendre un éclat qui commençait à disparaître \

Un autre progrès incontestable introduit dans la science cano*f nique, mais non encore réalisé par renseignement, se traduisit en dehors des écoles par les essais tentés du côté des recherches historiques '. Les plus éclairés défenseurs de TÉglise avaient été forcés de lutter pied à pied avec le Protestantisme sur le terrain de rhistoire, et c'est là surtout qu'ils avaient découvert de nombreux points faibles. On se mit donc à étudier, assuré que là comme partout, la doctrine infaillible de TÉglise se montrerait pure et invulnérable, en dépit des faiblesses des hommes et des vicissitudes des événements. Le droit canonique ne pouvait manquer de profiter de ce renouvellement. — Depuis bientôt huit siècles, la jurisprudence sVgarait dans la casuistique sans recourir aux sources primitives, et sans invoquer d'autre autorité que celle du Corpus luris. Présentiez-vous, dans une dissertation ou dans un plaidoyer d'officialité, un ancien texte que n'eût pas collationné Gratien , l'autorité que vous invoquiez était de nulle valeur. On oubliait donc, de propos délibéré, qu'il y avait avant lui des compilations qui étaient la base même du droit de l'Église, des documents historiques de la plus haute valeur, des renseignements précieux qui pouvaient servir à convaincre les adversaires d'ignorance ou de mauvaise foi. Au xvi* siècle, le nuage disparut. A. Agostino remonta aux sources et découvrit des aperçus immenses; on entreprit de toute part la publication aussi émendée que possible des anciens conciles, et l'œuvre des centuriateurs de Magdebourg, suivie des rectifications de Baronius, ouvrit la grande voie historique •.

Les études canoniques ainsi relevées par de savants jurisconsultes et par les historiens polémistes étaient néanmoins condamnées à péricliter dans les écoles. La philosophie nouvelle, en effet, s'attaquant, à la suite de la Réforme dont elle était la fille; à la scolastique et au dogme, menaçait de front l'édifice ecclésias-

1. Florent n'a pas publié lai-même ses œuvres. Doutât, qui Faimaii comme un père et qui lui succéda daos su charge, se chargea de ce soin.

2.. « Une autre école s'est formée : celle-ci a rejeté la glose , répudié la scolastique, s'est attachée à étudier les textes, à les éclairer par Thistoir^ et les lettres... >. LkmaiÈRK, Essai sur l'Histoire du Droit finançais, I, liv. VI, p. 411.

3. U est à regretter, au point de vue scientifique, qu'une mesure de prudeoca aussi vénérable qu'indiscutable ait interdit de parfaire ces travaux, en complétant, par des commeotaires et des remarques historiques, les décisions doctrinales et les règles disciplinaires portées par le concile de Trente. Un semblable travail, même s'il était tenté aujourd'hui, ouvrirait devant les recherches des érudits les horixon» les piaf vastes.

tique auquel le droit canon servait de rempart. La théorie des libertés de l'Église nationale que les Facultés françaises devaient admettre et enseigner déjà, sous peine de se heurter aux opinions reçues et à l'autorité royale, étaient aussi la contre-partie du véritable , du droit seul canonique. Son enseignement, dans ces conditions, devenait donc difficile, contradictoire, ou plutôt dérisoire. C'est à toutes ces causes et à l'affaiblissement des cours d*Ëglise qui suivit les ordonnances de Villers-Cotterets *, qu'il faut attribuer l'hésitation et l'incohérence dont on découvre souvent les traces dans renseignement d'alors.

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