‹ La Faculté de droit dans l'ancienne Université de Paris,Chapitre 162 sur 281 · La Claire^ ou de la prudence du droit. Paris, 1554, in · texte numérisé non relu

La Claire^ ou de la prudence du droit. Paris, 1554, in

ploiera un siècle plus tard des expressions à peu près identiques pour la louange de notre idiome : « La grâce et la naiueté de notre t langue par les estrangers admirée est par nous seulz méprisée. « — Pourquoi donc voulon-nous denier à noz François la con- « noissance de la loi, vraie âme de la société humaine, etc../ » — Le latin persévéra pourtant à être partout la langue du droit et il n*y eut nulle part de tentative fructueuse qui pût le détrôner. Les protestants écrivirent bien en français ou en allemand de petits factums populaires destinés à la propagande, sur des matières canoniques ; mais jamais les Universités , pas plus danà leurs relations extérieures que dans leurs leçons ou leurs procès* verbaux intimes, ne cessèrent d'employer le latin*.

On continua, à Paris^ d*observer la méthode légale pour Texposition du droit. Le maître ne devait pas suivre sa propre manière de voir, mais se conformer aux règlements établis qui lui interdisaient les résumés incomplets'. Il ne commentait plus, il est vrai, comme au moyen âge, chaque chapitre à part, mais il lui fallait conserver la disposition des titres du Corpus Juris. C'est ce qui se fait encore aujourd'hui à l'Apollinaire et dans^ plusieurs Facultés catholiques. Chaque professeur s'efforça cependant de mettre dans son cours un certain ordre logique : il interprétait spécialement les chapitres les plus riches en doctrine en les accommodant et en les comparant au droit en vigueur, ou bien en-i core il examinait, à propos de son sujet, les travaux importants des Universités étrangères. Le trait suivant en fournira une preuve intéressante : a Un jour, Lancellot étant allé à la Faculté de droit à Paris, avec un amateur de jurisprudence qui l'y avait amené, il entendit un professeur qui combattait son traité des substitutions. Le jeune étudiant qui était avec lui, ne pouvant souffrir qu'on contredît impunément l'opinion de Lancellot qui était présent, rengagea fortement à se défendre : et comme Lancellot lui témoigna qu'il négligeait cet adversaire et qu'il n'estimait pas à propos de lui répondre, surtout n'étant pas connu dans cette assembIée,son habit de religieux lui servant, disait -il, de couverture, ce jeune homme le menaça de le faire connaître, s'il ne se défendait dans le moment. Ce fut pour cela que Lancellot, qui ne voulait pas être connu, attendit que le professeur fût descendu de sa

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