‹ La Faculté de droit dans l'ancienne Université de Paris,Chapitre 179 sur 281 · Crbvier, t. VII, p · texte numérisé non relu

Crbvier, t. VII, p

3» Cf. Minois Panegyiicus seu r^laliopi'O scholâ Jurit Varisiensis,

Les misérables conflits d^intérêt ajoutaient encore à ces difficultés diverses de nouvelles et regrettables complications. Les autres Facultés continuaient, au sujet des bénéfices, la guerre d'influence et de richesse qu'elles avaient si persévéramment soutenue et l'assemblée générale de l'Université portait, avec l'effrayante majorité constituée par les Facultés et les Nations réunies, des décisions dont souffraient les régents du Décret. C'est ainsi qu'en 1536 le Parlement, pressé par l'Université, diminuait les avantages des canonistes : « ... par provision, la Cour a orff donné que, pour cette année, la Faculté de décret n'aura que « 25 nommez... a fait inhibitions et défenses à ladite Faculté de a ne conférer à aucun le degré de bachelier, sinon après qu'ils a auront publiquement et en rigueur des années, fait les actes acc coutumez... » On ne se gênait même pas, dans l'Université, pour taxer, avec la plus extrême sévérité, les prétentions des Décrétistes, et, dans une assemblée ', le doyen de théologie ne craignit pas d'employer les expressions suivantes : « Facultatem a Decretorum quœ ultima in prœsentis Universitatis gremium col- « locata extitit, semper suas fimbrias plus œquo extendere nisam ft fuisse.. .»Le reproche était injuste, mais, depuis quand n'est-ce pas l'habitude de voir les forts insulter aux faibles? La Faculté de décret, bornée dans son développement par la restriction qui la privait d'enseigner le droit romain, réduite à n'avoir qu'un nombre très limité d'étudiants ecclésiastiques, gouvernée par un collège peu nombreux de docteurs, avait nécessairement dans l'Université la moins grande influence.

La Faculté ressentait aussi de nouveau un impérieux besoin de réformes. Ce besoin, hàtons-nous de le dire, ne lui était pas particulier. Les troubles religieux, en effet, avaient diminué le nombre des jeunes gens studieux et dépravé l'Université elle-même dans tout son ensemble. Chez beaucoup de ses suppôts, l'amour des lettres et le respect de la discipline avaient fait place aux sombres passions, aux haines politiques et au fanatisme religieux. De là, comme conséquence naturelle, étaient sorties des habitudes dissolues, l'inexactitude aux cours et un défaut général d'attention sérieuse, qui causaient un préjudice immense aux études. Henri lY sentit dès son avènement, le besoin de rénovation que témoignait l'Université entière, et avec le jugement qui le caractérisait, il comprit qu'il fallait guérir le mal des intelligences avant de songer à celui des corps. Aussi, le bon roi vouiut-il re-

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