Gallia ckrUtiana, XIV
2. NiOELLOS, Satirical poets of the twelfth century, E. Wright. — Scriptores rerum àritannicarum, I, p. 163.
pas connaître leurs aptitudes, aussi abandonnent-ils les écoles de Paris pour aller chercher la renommée à Bologne :
Trop sont Prélat vilein et rude As Glerz qui yienent à Pestude LMn de çax vient qui estudient Ne te conois, qui es tu, dient;
Por ce est-il fox qui s'esmerveille S'auques decheieent les escoles.
Por querre le mole as roisoles I vont plusor, si com moi samble Quar li Prélat trestuit ensamble Ont bien juré riens ne donront S^à ceus non qui ravoir porront ;
Petit donent, ne doutez mie
Por ce vont li clerc à Boloigne La devienent fort boléor Fort avocat, fort plaidéor Lues qu'a bouche ont decré et loi Tôt le mont meinent à belloi^
Le résultat de cette émigration c'est la ruine croissante de Paris, et la cause de ce malheur c'est Tavarice de Tévêque , continue le satirique , car on n*en saurait rien obtenir, à moins qu'on ne lui donne de Targent, qu'on ne soit de sa famille ou qu'on ne joue d'hypocrisie.
Ainsi Bologne Paris boule Ainsi Paris pert molt de craisse Et Bologne la crasse encraisse Ainsi Paris molt amenuise
Nul ne puet mais, nul bien avoir Fors par parage ou par avoir Ou par molt grant ypocrisie \
Les étudiants étaient donc très nombreux à Bologne, et leurs corporations y étaient puissantes. L'union existait surtout entre eux d'une façon bien plus étroite qu'à Paris, et elle se manifestait par de sensibles résultats. C'était eux qui formaient le Collegium, et non les maîtres, aussi, ces derniers, forcés de satisfaire les démocratiques exigences de leur auditoire, ne furent-ils pas sujets à se laisser aller, comme leurs confrères de Paris, à la mollesse du parvenu et à la négligence orgueilleuse du bénéficier sans conscience. L'esprit qui régnait à Bologne, où tout était imprégné de romanisme et pénétré de rinfluence Voisine du pape, était plus
1. Fabliaux de Barbazar, p. 306, éd. de Méon : « Ci commence de Seiote Léocade », V. 1089-1150.