Ibid
favorable à Tétude du droit; les maîtres plus nombreux, plus actifs et plus jaloux de leur gloire; les élèves, dont runion et rindépendance assuraient la dignité, se trouvèrent, par le fait même , placés dans des conditions plus avantageuses qu*à Paris. L*éclat mérité de Bologne n*est pas sans avoir excité de rémulalion de ce côté-ci des Alpes, et on en retrouve des traces dans les constitutions de nos anciennes facultés méridionales. Il ^semble qu'on pourrait recueillir des arguments favorables à notre supposition en examinant avec soin Torganisation des écoles du Midi, particulièrement de Montpellier, si bien décrite dans l'ouvrage de M. Germain \ et d'Avignon surtout, dont la fondation est postérieure d'un siècle et demi*. Les statuts de la corporation d'étudiants en droit, à Avignon, formés peu à peu, et observés à l'état de droit coutumier depuis l'origine de la Faculté, furent réunis et soumis à une rédaction logique en 1569. La corporation était admirablement constituée, et elle subvenait aux frais de maladie et aux obsèques des étudiants, elle leur fournissait même des secours temporaires dans leurs besoins, afin de les maintenir constamment dans l'honnêteté '. L'esprit d'association, on le voit, régnait à un haut point parmi les étudiants , et c'est , vraisemblablement , aux exemples de Bologne qu'ils étaient redevables de ces institutions fraternelles qui les réunissaient en une grande famille. A Paris, il n'y eut jamais d'usages semblables, car rien dans les statuts ne permet de le soupçonner ; les jeunes gens n'avaient pour se soutenir que la ressource des collèges, la protection des bénéficiers originaires de leurs diocèses , résidants à Paris, et les règlements généraux de l'Université.