‹ La Faculté de droit dans l'ancienne Université de Paris,Chapitre 20 sur 281 · CHAPITRE m Costume · texte numérisé non relu

CHAPITRE m Costume

Vêtement ecclésiastique. — Excès ridicules.

Les étudiants de famille noble de l'école de Montpellier avaient le privilège de porter un costume spécial et de marcher à la suite

1. Études historiques sur l'École de droit de M ontpellier 446 0-4793, par A. Germain, meiBbre 4e rinsUtut^-Montpeiliër, 1877.

2. La Facalté de Paris, nous TavoDs dit, doit remonter à la fin du xii* siècle, paisqae, en 1160, Gérard la Pucelle enseigne déjà le Décret dont les leçons ne furent plus interrompues. Le studium d*Avigaon fut fondé en 1303, trois ans avant Orléans.

3. Cf. un travail remarquable de M. Marcel Fournier dans la Nouvelle Revtie historique du Droit. Janvier-Février 1887.

des docteurs avant les licenciés roturiers *, mais à Paris, cette . prérogative était inconnue : la seule noblesse dont un écolier avait lieu d'être fier, c'était celle que lui avait conquise son intelligence et ses succès. Les canonistes n'étaient, du reste, pas tenus à porter un costume uniforme, il suffisait que leurs vêtements dénotassent leur qualité de clercs et ne fussent pas surchargés d'ornements superflus. Cette règle pourtant si simple et si naturelle ne pouvait être observée ; à bien des reprises nous en trouvons le témoignage dans Tinsistauce que montrent des règlements aussi impuissants que répétés. Les statuts de 1340 rappellent la décence et Thonnêteté qui doivent briller dans le costume des étudiants : « Itemque, portabunt vestes, presertim superiores, a honestas et décentes. » Les religieux étaient loin de pratiquer la régularité parfaite et la simplicité qui leur convient, ils sortaient sans capuchon et quittaient les vêtements de leur ordre. Enfin, les clercs inférieurs, et peut-être même certains ecclésiastiques séculiers, plus favorisés de la fortune ou plus élevés en dignité, suivaient toutes les exigences de la mode. On pourra se rendre compte de leur élégance déplacée en se les représentant affublés de tous les ridicules détails de toilette que proscrit le règlement : € Sotulares rostratos, caligas rubeas seu soleatas... cac pucia nodata, seu alios habitus vel colores pannorum ajure c prohibitos'... » Malgré la forme explicite de ces sages prohibitions, il fallut encore insister à plusieurs reprises sur cette matière, particulièrement en 1387 *. Les docteurs se plaignent amèrement des excès des étudiants et de Tinconvenance de leur mise : « qgi religiosi vel scolares minime videntur, sed pocius laîci vel seculares... » Les exagérations de coquetterie prohibées quarante ans plus tôt sont dépassées de beaucoup, et les législateurs désolés se croient obligés d'entrer dans de nouveaux détails techniques dignes d'un journal de mode : « vestes truncate, calige « semelate, sotulares rostrati vel fenestrati, et similes qu» séance dalum générant in clero. » Ce n'est pas assez que le clergé oublie les convenances, la Faculté se voit contrainte de rappeler aux religieux la forme de leur saint habit : « habitus autem honestus « et necessarius est pro monachis sancti Benedicti, flocus cum « cucullà, vel cappaclausa cum eadem cuculla, vel cum scapulari;

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