‹ La Faculté de droit dans l'ancienne Université de Paris,Chapitre 237 sur 281 · Art. 14 de TÉdit d*AvriI · texte numérisé non relu

Art. 14 de TÉdit d*AvriI

aggrégés y sera substitué par délibération de la Faculté , et les appointements affectés à ladite chaire lui seront payés et distribués pour le temps qu'il Taura remplie *. »

Les docteurs du collège sexviral ne virent assurément pas cette innovation avec autant de plaisir que la concession de l'enseignement ofBciel du droit romain : ils choisirent même Toccasion de leurs discours d'actions de grâces, pour lancer de sévères allusions à l'importune science dont l'intrusion les faisait un peu trembler*. Michel de Loy l'accusait d'être trop imparfaite et d'attendre de la jurisprudence romaine les seuls principes de cohésion capables de pallier ses oppositions sans nombre '. Ces objections fantaisistes furent relevées habilement par M. de Launay que la volonté royale désigna pour les importantes et délicates foûctions qui venaient d'être instituées : t Si le droit romain avait esté adopté en France, » disait-il dans son discours d'ouverture, « toutes les différentes coutumes auroient-elles été faites ? A quoi auroient servy les Etàblissemens de Saint-Louis, le Conseil de messire Pierre de Fontaines, le livre de Beaumanoir, la Somme rurale? Oui; mais, dit-on, toutes ces pièces empruntent quelque chose au droit romain. Je l'avoue ; mais , parce que les loix des douze tables ont esté faites des loix grecques, le droit attique a-t-il jamais esté le droit commun de Rome? Parce que les loix grecques ont été prises de la loy mosaïque, le Pentateuque a-t-il jamais esté le droit commun de la Grèce ? Quoi qu'il en soit, les cas obmis dans les coutumes ne se décidant point selon le droit romain, car on a recours à l'usage de chaque province, c'est une démonstration que le droit romain n'est pas notre droit en France*. » M. de Launay sut, avec la même assurance et une aussi parfaite convenance, faire admettre une nouveauté scandaleuse pour l'époque : la langue française dans les cours publics I On s'était autrefois beaucoup étonné d'entendre Gujas intercaler un mot français dans une période latine, mais, que ne devait-on pas pardonner au grand civiliste? En 1680 on répugnait encore à entendre exposer dans le Collège royal les difficultés de nos lois

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