Cf. Thorot, op. cit,, Licence
le 5 août 1484 devant la Faculté et remit au doyen des lettres du roi rédigées en ces termes :
« A nos chiers et bien ainiez les doyens et docteurs de la FacuUé
de Décret à Paris.
€ De par le Roy,
<c Chiers et bien amés, nos êuoions presentemët par deuers « nostre Saint père le pape certains noz ambassadeurs, et avecques « eulx nostre ame et féal conseiller maisVArturDaulnoy. Et pour c ce que désirons que auant son partemët il soit plus qualifié « qu*il n*est et que de pîit il a aquiz son temps en votre faculté « pour estre licên en décret. Nous vous prions bien a certes que « sans attendre le tempz ordinairement acoustumé à faire les « licences en décret, vous le recepuez à Texamen et autrez arctes <c pour recepuoir ledit degré de lic^n le plustost que possible « vous sera. Et vous nos ferez singulier plaisir dont arons vous « et voz affaires en plus singulière rcômendation. — Donné à « Vincennes le xxvm» jour de juillet. CHARLES.
« Damont. V
Quelques jours avant Texamen, le decretum ou objet de Tinterrogation était arrêté par un des docteurs.
L*examen se passait devant les maîtres assemblés dans une des salles de la Faculté (aula, caméra), mais sans autre auditoire. Le lendemain du jour où le dernier des candidats s'était présenté , les mattres se réunissaient de nouveau sous la présidence du doyen pour dresser la liste des licenciés afin de renvoyer au chancelier de Notre-Dame. L'ordre dans lequel les noms étaient placés devait être celui du mérite, néanmoins, il est incontestable que bien souvent Taffection, les recommandations, la corruption même en faisaient décider autrement ^ Les rôles de Ucenciés commencent ordinairement par cette phrase : « Ordo autem qui « tune licentiandi fuerant ad licentiam vocati, et sub quibus sunt
« adoptati sequuntur in hune modum » et se terminent par
« ceux-ci : « Et ita clausus est rotulus, et signatus duobus sigillis « dominorum doctorum et sigillo decani. » A Toulouse, et probablement aussi à Paris, avant la rédaction du rôle, le doyen
1. PtTBus Alliacus, Tract. 1 adv. Cane, paru. — GcRSO.fios, opp., I, p. 735, A éd. da Pin.
s'enquérait de la science, de la moralité et des ambitions du récipiendaire, puis les docteurs-régents, mais eux seuls, procédaient à l'inscription. Le rôle ainsi composé et fermé par le double sceau, était cérémonieusement transporté par le doyen, précédé de deux bedeaux, de la rue Saint-Jean de Beauvais au domicile du chancelier qui devait le conserver intact sans se permettre de l'ouvrir. Les futurs licenciés étaient alors informés de la réussite de leur épreuve et convoqués par le grand bedeau pour la prestation du serment. Désormais rassurés sur leur grade \ ils offraient à leurs amis le vin et les épices, prononçaient la harangue , où s'entremêlaient des remerciements et des critiques souvent impertinentes, puis invitaient chacun des docteurs à assister à la séance solennelle. Un signetum ou billet du chancelier leur assignait le jour de cette grande réunion. A l'heure fixée, le chancelier se rendait à la Faculté de décret accompagné de son vice-chancelier, de toute sa famille de clercs et de ses serviteurs. Quatre docteurs allaient à sa rencontre et le conduisaient solennellement à un siège élevé sur une estrade, à côté de celui du doyen. Le vicechancelier remettait ensuite le rôle entre les mains du grand bedeau. Celui-ci l'examinait, le faisait passer aux docteurs présents , et quand tous avaient constaté que le sceau n'avait pas été brisé , il déroulait le parchemin pour faire au milieu du silence général l'appel des heureux candidats. Les jeunes clercs s'avançaient alors deux à deux et, s'agenouillant devant le chancelier, recevaient avec sa bénédiction l'autorisation d'enseigner. Désormais ils étaient réellement licenciés !