‹ La Faculté de droit dans l'ancienne Université de Paris,Chapitre 249 sur 281 · Scholm Juris encwnia, etc., p · texte numérisé non relu

Scholm Juris encwnia, etc., p

' 2. Olivier Patru tvait étudié le droit en Italie. Il Tut arocat au E^rlement de Paris, académicien eo 1660 et docteur d'honneur de la Faculté. Pendant trente-sept ans il dirigea une sorte d'aréopage littéraire qui se réunissait dans le Palais auprès du « Gros Pilier ». 11 avait là pour auditeurs et pour amis : le jésuite Bouhours, le docteur Bossuet. Racine, Vaugelas, la Fontaine, Boileau, Gassendi. D'une érudition surprenante, il joignait à la rectitude du jugement une très grande pureté de langage. L'histoire et la philosophie durent beaucoup à son influence.

3. Baiuie, né à Tulle eo 1630, eut pour Mécène l'archevêque de Toulouse, P. de Marca. C'est dire qu'il ne pouvait manquer d'être canoniste. Jusqu'en 1683 il fut conservateur de la Bibliothèque de Colbert. Louis XIV érigea en sa faveur une chaire de droit canon au Collège royal (1670). Il n'appartint donc pas à la Faculté, puisque c*est seulement au XVIII* siècle que les professeurs royaux durent être munis des grades et être agrégés par la Faculté de droit. (Cf. Éloge de Baluze, par l'abbé Vitrac, ITH.)

quid enim magis intempestivum, quam, de re nondum nota, disputare ?» Et il concluait cette recommandation si sage par le conseil suivant : « Haurienda sunt cujusque artis principia, et mémorise radicitùs infigenda, priusquam de eâ disputationum ullam instituas : aliàs, nihil nisi dubitare disces, et in ipso studiorum limine id vitii contrahes, quod in toto decursu vix forte curaveris ^ » Telles étaient les études sévères que la Faculté caractérisait par la bouche de Baudin, de Tépithète de châtiées. Elle recommandait encore une attention persévérante : c DUiçentiâ denique opus est... oportet inquam recitationibus publicis interesse, eas scriptis et auribus quotidiè excipere, nnllumque

diem academicum otio transigere Interpolata studia nun-

quam felicem exitum habent, nec facile reparatur amissas lectionis jactura*. »

On voit par ces extraits combien Tancienne Université était pénétrée de 1 influence de ses méthodes pour la formation des caractères et le développement des intelligences. RoUin, auquel une longue expérience a permis d'apprécier les usages scolaires de cette vénérable compagnie, jei leurs résultats pratiques se platt à décrire de sa plume didactique et placide les précautions éducatrices des maîtres auxquels elle avait confié ses pouvoirs. Ils étudiaient le caractère des jeunes gens, dit-il, afin de se mettre en état de les bien conduire, et de prendre sur eux cette autorité bienfaisante qui sait se faire craindre et aimer à la fois'. G^est ainsi que nous voyons notre Faculté soupçonner les abus, deviner les défaillances et soigner ses élèves d*une main délicate et presque maternelle. Comment donc expliquer que Tétude ne fiit pas rendue plus aimable par les discours convaincus et persuasifs d'un Halley et d'un Baudin ? Comment surtout les exemples de ces initiateurs infatigables qui indiquaient généreusement la voie qu'ils avaient laborieusement tracée, ne contribuèrent-ils pas à développer davantage la science juridique en dépit de l'imperfection matérielle des textes ?...

Bien que la science du droit n'ouvrtt pas l'entrée de toutes les fonctions publiques aussi largement qu'aujourd'hui, les efforts des jeûnes jurisconsultes étaient pourtant sollicités par de nobles buts. Ceux qui n'osaient aspirer aux charges élevées de la magistrature par suite de l'humilité de leur condition et du manque de ressources matérielles, pouvaient s'adonner au barreau

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