HoLLifi, Traité des études (IV« partie
et obtenir ainsi par un mérite tout personnel une réputation et des honneurs dignes d'être enviés et conquise Les ecclésiastiques eux-mêmes devaient trouver dans Tétude des lois de leur pays et dans celles de TËglise une ample matière à instruction et à profit : n*avaient-ils pas à répandre autour d'eux la connaissance des obligations et des devoirs multiples de la société chrétienne? Lies hauts dignitaires de TÉglise, le grand clergé : vicaires généraux, ofBciaux, etc., avaient de plus une justice distributivc et réparatrice à exercer avec toutes les délicatesses de la charité sacerdotale ^ Ed. Martin résumait ces honorables devoirs et Tespérance qu*il avait de les voir dignement remplis, dans un vœu suprême qui formait la péroraison de son fameux discours de 1772 :
« Prodeant è Scholis nostris JurisconsuUi qui scientià legum, et omnibus utriusque Jurisprudentise principiis imbuti, nihil nisi ex legibus, aut ex mente legum, consulentibns respondeant ; nihil nisi justum et œquum in Tribunalibus, suo tueantur patrocinio. — Prodeant Magistratus Juris tùm publici, tùm privati scientià commendati, qui, vel sedentes pro Tribunalibus, tam juste quam intégré jura dicant populis; seque, suaque, si quandô salus publica postulaverit , generosè communi regni bono devoveant; vel in Consilium Principis admissi suadeant leges ut pnidentissimas, ita et sequissimas. — Prodeant Antistites qui regendis Ecclesiis pnepositi, quas in his asdibus hau-. serunt, sanctorum canonum régulas, et ament observare et à subditis observare curent '. »
Malheureusement, le siècle léger et débauché, dont notre époque solde si péniblement les dettes criminelles, n'était guère favorable aux études juridiques ainsi conçues. Les philosophes empruntaient aux droits anciens et aux sages du paganisme des armes contre la religion et créaient à leur fantaisie un idéal erroné de justice, qui laissait dans Tombre les devoirs les plus sacrés et les obligations les plus imprescriptibles. Quelques années plus tard, le même orateur que nous venons d'entendre répétait avec découragement : « Studiorum Juris ille neglectus est, illa velut in dies
1. « Scio equidem non omnes ad suprema tribunalia posse cooscendere; plarimis in aJvocatorum ordioe staodum est : scd huic quoque suus spleodor ioest... » Jac. Bao- DiN, etc., iôid.f p. 104.)
2. « Quid aulem ad eos qui Bénéficia et Digoitates ecclesiasticas animo precipiunt,
sua illift prsmia oimis Dota sunt caveant tantùm, ne in eos cadat Scripturc Sacrs
eiprobatio : parvuli petierunt paoem, et non erat qui fraogerel eis. » {iàid,, p. 106.)