‹ La Faculté de droit dans l'ancienne Université de Paris,Chapitre 26 sur 281 · Arso · texte numérisé non relu

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taient ces discours et nous aurons alors occasion d'en faire connaître la physionomie spéciale.

Les riches seuls pouvaient aspirer à la dignité doctorale; les serments que nous avons cités plus haut sufQraient à le montrer, mais on n*attendait pas que les étudiants fussent arrivés an moment de les prononcer, pour les informer des règlements restrictifs auxquels ils devaient obéir. Dès le principe de leur présence aux écoles, ils connaissaient les charges pécuniaires qui les attendaient et les bacheliers se présentant à la licence, juraient de ne point aspirer au bonnet de docteur, s'ils ne réalisaient quatrevingts livres parisis de revenu annuel sans être aux gages de personne ^ Voici, au reste , le tableau complet des frais d'examens :

a) Pour le hcxcalauréat. — Le récipiendaire devait verser quatre sous parisis à chaque docteur le jour de sa harangue et offrir le soir un grand dîner à celui des professeurs qui le présentait à la Faculté et à Tami qu'il amenait avec lui. Huit jours après, il devait à la Faculté le paiement de quatre bourses et demie. —

b) Pour la licence. — Le candidat offrait aux docteurs le vin et les épices, ce qui montait au moins à la somme de trois écus d'or; il offrait ensuite un grand banquet à la Faculté et aux bedeaux, et remettait vingt sous parisis aux bedeaux des docteurs» plus la sonune de quatre bourses et demie à la Faculté. — c) Pour le doctorat. — Indépendamment des présents, consistant en vêtements fins, barrettes et fourrures de prix, le docteur devait, comme nous l'avons dit, faire préparer un festin pour une très nombreuse assemblée, ce qui ne le dispensait pas de faire des largesses à chacun des bedeaux et sous-bedeaux. Il fallait donc être favorisé • de la fortune pour pouvoir ambitionner le doctorat et suffire aux ruineuses dépenses qui précédaient la collation de ce grade.

Si l'acquisition des degrés académiques était longue et dispendieuse, elle procurait à ceux qui n'avaient pas reculé devant elle des avantages très réels. Les grades, en effet, constituaient une distinction de prééminence caractérisée. Dans les réunions solennelles et même aux cours ordinaires, les gradués avaient des sièges réservés ' et les honneurs du rang. Ce n'était pourtant là

1. « Jurabitis dod tccedere ad gradum doctoratûs, nisi habueritis ia reditibus octuon giata Ubras parisienses in portatis, sive in patrimonio, sive in beneficiis, de qaibat « faciatis fldem per juramentum vestnim, et alias légitimé » {Réforme du cardinal Alain, 1 i66). — « Nullus recipiatur ad Doctoratum, nisi juret qood non ait merceniritts « seu capellanus alicujus collegii vel Domini, ut per hoc magis servetur honor Faeol- •I talis et gradûs doctoralis » (Ibid.), Ars., 1121.

2. « Ilem, in disputacionibus , repeticionibas, lecturis soleropnibus Decretalium, pro- <« poaitis, harengis et festis doctorum, dererre lenebuntar graduatis antiqvioribot et « mi^ribus, in sedibas recipiendis, itaque, de cetero, primam et secundim banchas, « pro biiûv*»'^^^'* graduatis et aliis super ezpressis dimittent scolaret in talibnt adibai « Tacuas. » (Siai. ann. 4840). An., 1121.

qu'un miuime privilège, en comparaison des effets utiles qui étaient la conséquence ordinaire des grades : dignités ecclésiastiques et séculières, places dans les conseils du Roi et dans le Parlement, ambassades et hautes situations politiques. Un certain nombre de bénéfices était aussi attribué aux suppôts de la Faculté qui partageaient en cela le sort des autres corps de l'Université'. De nombreuses difficultés surgirent à plusieurs époques, relativement à la répartition de ces avantages matériels conférés aux gradués inférieurs; chaque Faculté enviait le sort des autres et le Décret qui se trouvait déjà assez mal parts^é, n'était pas d'humeur à se relâcher sur ses droits. Pour obvier à ces inconvénients, les théologiens prirent conseil des juristes et il fut décidé d'un commun accord, qu'à l'avenir, les bénéfices dont disposait l'Université seraient conférés par ordre de tour par chaque Faculté et par chaque nation de l'Université, ,afin d'éviter que les meilleurs revenus fussent toujours accordés à la même corporation. D'après cette convention (1424), la Théologie eut le premier tour, le Droit le second, la Médecine le troisième et les Arts partagèrent les quatre tours suivants, selon l'ordre régulier des quatre nations. Jusqu'à la conclusion du Concordat , on envoya les rôles à Rome, et, s'il airrivait qu'il y eût concurrence entre les sujets à présenter, on suivait l'ordre de l'ancienneté*. En conséquence de cet arrangement par tours, dont on convint enfin en 1435, la Faculté de décret nomma le 27 janvier 1450 à la cure de Saint-André des Arcs, et le 13 juillet 1471 à une des petites chapelles. Néanmoins, en dépit de ces sages réglementations^ des difficultés étaient toujours inutilement soulevées : on attaquait surtout la Faculté de décret, à laquelle on reprochait de ne pas exiger de ses gradués la maîtrise es arts avant de les admettre aux études. En 1487, le doyen dut faire à l'Université une énergique représentation, dont il consigna l'intéressant compte rendu dans les registres de la Faculté, mais les débats ne demeurèrent pas dans l'enceinte de l'Université et ils durent souvent trouver un dénoûment dans la cour du Parlement.

1. Une bulle de Benott XIII (1394) exempta de toute réserve les bénéfices qui étaient à la collation et présentation de l'Université.

2. Lettres de TUniversité présentées au pape Martin V et signées par lui en 1424 : « In singulis facullatibus et nationibus, ordo rotuli et inrotulatorum servetur : duobus ce autem aut pluribus diversarum facultatum aut nationum concurrenlibu», ordo inter « eos penès antiquitatem gradûs attendatur. »

LES MAITEES

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