Ibid., ep
vénérable : a Lex Domini convertens animas : Justinianea verô « perdit multos et gehennœ filios facit.. . Video quam imperscni- « tabilis abyssus, quam dumosa sylva, quam immeabile pelagus « sii Pandecta in quà civile ius continetur...* » Ces attaques et d*autres semblables durent être pour beaucoup dans la funeste prohibition dont la Faculté de Paris eut si longtemps^ à souflFrir. Saint Bernard s*attaqua, lui aussi, aux infortunées Pandectes : a Et quidem quotidie perstrepuunt in palatio leges, sed Jîisti" ff nia7ii, non Domini... Lex Domini immaculata, convertens ania mas, hse autem, non tam leges quam lites sunt et cavillationes, « subvertentes judicium*. »
Malgré ces anathèmes, les clercs ne délaissaient pas la science si philosophique et si instructive du droit. Les papes, cependant, dans un but d'utilité momentanée, dont ils étaient les meilleurs juges, crurent devoir se montrer mécontents de cet enthousiasme persévérant, et ils s'efforcèrent de discréditer des études trop passionnantes. La théologie qui florissait alors dans toute l'exubérance de son développement fut l'objectif qu'ils proposèrent à la jeunesse studieuse; ils instituèrent dans chaque église cathédrale des prébendes et des bénéfices pour les clercs qui enseigneraient la théologie aux pauvres, Innocent III alla même jusqu'à autoriser dans ce but l'union de plusieurs prébendes dans la même église.
Tous ces moyens indirects furent encore impuissants. C'est alors qu'Honorius III se décida à étendre à tous les ecclésiastiques la défense primitivement adressée aux seuls religieux, d'étudier le droit romain : c( Ad archidiaconos, diaconos, plebanos, « praepositos, cantores et alios clericos personatus habentes, nec- « non presbytères... hoc extendi volumus'. » La lettre du Pape fut expédiée à Paris le 16 novembre 1219, elle était adressée : « Dilectis filiis capitule paris., et ceteris ecclesiarium prelatis et « capitulis in civitate ac diocesi Pàrisiensi constitutis *. > L'importance d'une pareille mesure était considérable, puisqu'elle tendait à abolir un enseignement déjà existant depuis plusieurs siècles. En réalité, on aurait peut-être encore pu enseigner officiellement le droit romain, mais il aurait fallu un auditoire laïque, et l'on sait qu'alors tous les étudiants étaient clercs, et qu'un grand nombre d'entre eux entraient dans les ordres majeurs.
Nous allons rechercher dans le chapitre suivant les raisons qui