‹ La faculté de droit et l'école central a BesançonChapitre 10 sur 35 · PERRIN · texte numérisé non relu

PERRIN

jouir de ladite scéance, déclarant de nouveau qu'il en jouira, et pour ce précédera ledit rubriquaire dans toutes les assemblées de l'université, tout de même que le sieur du Ban et ses prédécesseurs en ladite charge Tout précédé, interdisant audit sieur rubriquaire Tixerand de lui apporter aucun empêchement, et en cas de communication, qu'il lui soit ordonné d'y répondre; lesquelles réponses seront mises entre les mains du secrétaire de l'université, pour par messieurs les distributeurs être ordonné suivant droit et raison, et sera justice. Signé Claude-Guy Perrin. »

Cette requête fut communiquée à Tixerand par les distributeurs Garnier et Arvisenet, avec injonction d'y répondre huit jours après la notification. Les prétentions de Guy Perrin ne pouvaient point être accueillies ; ce n'était pas seulement l'importance de la lecture, mais surtout Tancienneté des professeurs qui déterminait la préséance. Sa demande futrejelée; le roi ne voulut laisser entre les deux professeurs aucune prééminence, et leur attribua à tous deux le même rang et les mêmes émoluments. Plus tard, un autre professeur, Despotot, soulèvera le même débat et ne sera pas plus heureux que Guy Perrin.

Le malheureux professeur sur lequel Guy Perrin prétendait avoir le pas, nous l'avons nommé, c'était Pierre Tixerand. Il ne paraît pas que cet incident ait entravé sa carrière : nous le retrouvons plus tard en-

seignant le Gode, et nous le verrons bientôt occupant la chaire du droit français et chargé en cette qualité d'initier les étudiants aux coutumes et aux ordonnances, lors de la création de cette nouvelle chaire, en 4707.

Si nous suivons Tordre des dates, nous trouvons tout d'abord Neveu, qui professa durant bien des années les Institutes et ensuite le droit civil. L'autorisation de s'absenter, que les distributeurs lui donnaient le 20 juillet 4705, atteste qu'il faisait partie à celte époque du collège de l'université. Si nous manquons de détails sur la vie de ce professeur, nous ne devons pas le regretter; nous savons, en effet, qu'il ne fut pas précisément l'honneur de sa compagnie ; il se livra à de graves désordres, pour lesquels il fut d'abord interdit, puis frappé de destitution; on mit sa chaire au concours, comme nous l'apprend la dépêche suivante, adressée par le roi aux distributeurs :

(( Chers et bien-aimés, étions bien informé de la mauvaise et scandaleuse conduite que tient depuis plusieurs années le sieur Neveu, professeur de la lecture des Institutes du droit civil en l'université de Besançon, et quoique nous l'eussions pour cela interdit pour quelque temps de ses fonctions de professeur, il a depuis continué à vivre dans le même désordre qu'auparavant. Nous avons résolu de le destituer entièrement; dd quoi nous avons bien voulu vous

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