GUILLEMIN
Besançon en 1774, et un magistrat qui échangea son siège de conseiller au parlement contre les fonctions élevées d'intendant général des colonies françaises en Amérique. Ce dernier s'était acquis une réputation au barreau, et, lors de son admission à l'Académie de Besançon, en 4765, il fut reçu par le président Rougnon, qui ne lui épargna pas l'éloge dans son compliment de bienvenue : < La nature, lui dit-il, » qui vous avait formé dans le sein de l'éloquence, » vous savait disposé à soutenir au barreau la répu- » tation qui voué avait été transmise, et vous avez ^^ rempli son vœu en ajoutant à des droits hérédi-
> taires tout l'éclat de votre mérite personnel. Il est » vrai que dès lors vous avez pris une autre route » pour marcher à la gloire ; mais le sanctuaire de la » justice vous dérobe au public empressé de vous en-
> tendre, et votre dignité est pour lui une privation. » Lorsque la révolution vint à éclater, il était signalé
pour ses opinions royalistes, et il crut dangereux de rester en France. 11 suivit les Bourbons à l'étranger et fut un des membres du conseil privé de LouisXVlll. A son retour dans son pays , il se fixa à Paris et ne revint qu'à de rares intervalles dans un domaine qui lui appartenait à Vaivre, dans les environs de Vesoul. Il mourut à Paris en 1817.
Le professeur Guillemin n'a pas laissé une réputation égale à celle de son frère, l'intendant général ;
il ne fut jamais connu en dehors de la Franche- Comté ; c'était un homme de mœurs douces et d'un commerce facile , se consacrant tout entier à ses fonctions. Guillemin était recteur en 1768 et devint plus tard doyen de l'université : ce fut sous son décanat, en 177^, que se produisit un fait qui mérite d'être signalé comme indice des idées qui dominaient à l'école et des tendances manifestées par la jeunesse de cette époque.
Au commencement de mai de cette même année, l'école, d'ordinaire si calme^ était troublée par une agitation inaccoutumée. Le motif de cette émotion était l'admission aux cours du jeune Dupuy, fils d'un maître perruquier de Besançon. Les étudiants refusèrent d'assister aux leçons. Les professeurs résistent et interposent leur autorité. Ils réunissent les étudiants et s'efforcent de leur faire comprendre que les universités étant ouvertes à tous les jeunes gens, il n'était pas possible d'interdire à l'un d'eux l'entrée des cours ; mais leurs conseils et leurs observations n'eurent aucun succès, et les étudiants continuèrent à s'abstenir de paraître à la faculté. Un décret pris le 24 mai 1772, pour les contraindre à être présents aux leçons, ne réussit ^as à modifier leurs dispositions, et la plupart des élèves persistèrent à ne pas assister aux cours. Dans le courant de juillet , ce complot parut tendre à s'envenimer ; Dupuy parut