‹ La faculté de droit et l'école central a BesançonChapitre 27 sur 35 · LOISEAU · texte numérisé non relu

LOISEAU

plaça bientôt à la tête de son ordre. Son nom est resté attaché à tontes les grandes affaires de cette époque W. Mais le travail avait détruit sa robuste constitution, et une mort prématurée vint l'arracher à ses succès et à ses amis, à Tâge de quarante-quatre ans.

Loiseau a laissé la réputation d'un homme de bien : un esprit libéral, un sens droit, l'expérience des hommes et des choses, lui avaient donné un rang à part; on sentait, à son style, qu'il avait étudié avec succès les grands modèles. Il persista toute sa vie à se tenir en dehors des luttes politiques , montrant ainsi une modération louable et une sagesse qui lui font honneur W. Il a laissé un fils qui, après avoir rempli les fonctions de procureur général à Besançon, est aujourd'hui premier président à la même cour.

Voici encore une belle figure, celle du président Oudet. Né à Maynal, village voisin de Lons-le-Saunier, il commença au barreau de cette ville une car-

(1) Loiseau fut surtout remarqué dans Taffaire Fualdès et dans ses plaidoiries pour le général Sarrazin, condamné comme bigame. Voir le journal le Droit du ^2 septembre 1843 et les Annales du barreau firançais, édition Panckouke, 2* série, vol. II, page 107.

(2) Les détails qui précèdent sont empruntés aux discours prononcés le 17 décembre 1822, sur la tombe de Loiseau, par MM. de Gérardin et Dallez, et aux divers artides que les journaux ont publiés à cette époque.

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rière qu'il devait finir dans la magistrature. Â trente ans, il fut nommé président du tribunal de Florence, et étonna, par sa science pratique du droit romain, les juristes, ses collègues, auxquels pourtant ce droit était familier. 1814 le ramena en France, et, après avoir eu la modestie d'accepter les fonctions de juge de paix, il demanda au barreau, non la fortune, que son rare désintéressement ne lui eût pa^ permis d^acquérir, mais une existence modeste. Il était difficile de résister à l'autorité de ses conseils ; aussi conciliait-il plus de procès qu'il n'en plaidait, et quand, selon Texpression d'un de ses amis, la robe rouge alla chercher à Louhans le modeste avocat, Oudet resta à Dijon ce qu'il était, simplement simple, excellemment bon. Poussant jusqu'au scrupule l'accomplissement de ses devoirs, et toujours désireux d'apprendre, il passait au travail une partie des heures que d'autres donnent au sommeil, estimant sans doute que la volonté d'être juste ne suffit pas au magistrat, s'il n'a pas les lumières qui le préservent de l'erreur. Atteint par le décret de 1852, il rentra sans murmure dans la vie privée et vint chercher au village où il était né la paix et le repos, récompense d'une belle vie. Maire de Maynal, membre du conseil général du Jura, il ne dédaignait aucune fonction, pourvu qu'il pût y rendre quelques services. La mort vint, en 1856, enlever cet homme de

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