UNE FACULTÉ DE DROIT A BESANÇON
plier par Témulation et par la concurrence ; ce n'est pas sous un souverain qui veut développer dans toutes les branches et partout les forces vives du pays que notre vœu demeurera stérile, et le ministre qui déploie pour le bien des études une infatigable et féconde activité, voudra attacher son nom à une création qui sera en même temps un bienfait et une justice. Ce qu'il a fait pour Nancy et pour Douai, il voudra le faire pour Besançon, qui a de si nombreux titres à devenir un centre d'études agrandies et plus complètes.
La France avait, en 4789, dix-neuf facultés de droit; elle ne compte aujourd'hui que onze écoles. Avons-nous moins que nos pères le besoin de connaître la loi et d'apprendre le devoir? Le voisinage de Dijon ne saurait empêcher la création de cette faculté. Déjà, en 1722, on paraissait redouter que l'école de Dijon ne nuisit à celle de Besançon. Soixantedix années de prospérité pour toutes deux ont prouvé qu'elles étaient sœurs et non rivales. En demandant pour notre ville une telle institution, nous ne faisons que répéter le cri de ceux qui souhaitent voir la France tenir dans le monde par la science le rang qu'elle y occupe par la force.
Ici s'arrête notre tâche. Si nous avons restreint aux seuls professeurs de la faculté de droit cette
étude, qu'il serait souhaitable d*étendre à ceux de toutes les branches de l'université de notre province, c'est que nous avions, pour borner ainsi notre travail, des raisons impérieuses : nos devoirs se prêteraient peu aux recherches n'ayant avec la jurisprudence qu'un rapport éloigné ; le temps, avec lequel il faut toujours compter, nous eût manqué pour les accomplir. En parcourant la vie des professeurs de droit, nous suivions la trace de leurs œuvres ; leurs études étaient les nôtres. Leurs ouvrages avaient pour nous un intérêt spécial ; nous allions leur demander les connaissances que nous devons poursuivre de tous nos efforts.
Nous serions heureux d'avoir réussi à faire admirer les nobles qualités d'hommes tels que Dunod, Grappe, Gourvoisier, Proudhon, à montrer dignement leurs grandes traditions, leur simplicité antique, leur attachement au devoir, leur culte pour le pays natal. Nous serions heureux d'avoir su les présenter comme des modèles que nous devons nous efforcer de suivre, ne fût-ce que de loin.
Aussi, en écrivant ces pages sur nos vieux juris* consultes, nous avons compris ce que devait éprouver un de nos plus grands maîtres W à retracer,
(1) Le procureur général Dupin, Introduction au Dialogue des advoeats de Loyiel, page 5.