I.e soir , elle dit à Garandin
— Il parait que madame Garandin a des collier.* en or.
— Eli non ! ait Garandin , c’est un vieux collier eu imitation.
— Oui , joliment. . Monsieur* vn le contrôle... Après ça, ça m'ul bien égal... Faites comme il vous plaira, je m'en lave les mains.
M. Malais avait reçu une invitation de la part de l'acquéreur du château de Beuteval , et il s’y rendit «près quelque hésitation entre le chagrin de revoir cette propriété dont il avait été si cruellement dépossédé et l’importance qu’il ponrrait se donner ce soir-là 'comme ancien propriétaire du château de Beuteval.
Il eut soin de dire qu’il s'était défait de cette habitation parce qu'elle était devenue trop triste pour lui depuis qu'il y avait perdu son fils , sa femme et le mari de sa nièce.
— Vous ne m’avet pas parlé de voire nièce, monsieur de Beuteval, et je vous en veux de ce que je B*at pu l'engager à embellir notre petite soirée de sa présence.
— Mille remercimenis ; ma nièce, madame la comtesse de Mor- ▼iUe, ne serait pas venue; le deuil de son mari n'élait pas terminé qu’elle a perdu son enfant ; depuis ce temps , elle ne va plus dans le monde , elle vit dans la retraite la plu absolue , et ne voit qu’une famille de pécheurs, chex lesquels elle a été mise en nourrice.
J'ai renoncé moi-même au monde pour ne pas la contrarier , et je ne reçois personne chex moi , pour ne pas la condamner à s’enfermer dans u chambre, ce qu’elle ne manque pas de faire, quand par hasard il arrive quelqu’un qu’on ne peut se dispenser de recevoir.
M. le vicomte de Morgenstein prit occasion de chaque chose qu'on visita pour parler de choses analogues, mari beaucoup plus belles, à loi appartenant. On se promena daos la propriété nouvellement acquise.
M. Bréville loua la beauté des meubles que lui avait laissés M. Malais , qu'il n’appelait que monsieur de Beuteval. Celui-ci lui dit :
• — Vous n’etes pas difficile... Je ne vous cache pas que j'ai enlevé ce qu’il y avait de mieux pour le petit réduit que j'occupe.
— Pardon, madame, dit M. Malais, mais le homard n’est ronge que quand il est cuit.
Madame du Mortal fut très-confuse , mais M. Bréville cita des écrivains distingués et des peintres célèbres qui étaient tombés dans la même erreur.
Madame du Mortal s’écria alors qu’elle aimait beaucoup mieux se tromper avec des hommes de génie que d'avoir raison avec certains outres; que, du reste, elle faisait ses vers sans prétention , et seulement pour procurer à u fille des lectures uni danger, ear on f*rt aujourd'hui , ajouta-t-elle , de ri mauvais livres !
— Pour moi , dit-elle , j’erre six bords de l'Océan , je me laisse aller aux rêveries que m'inspire le bruit des vagues , et je jette rar le
Le vicomte de MorgutuUin uc faisait que trois notes do moins è la minute • que M. Henri Hertz; mais il était encore Jeun*.
LA FAMILLB ALAIN.
papier l«i élans d'âne poésie on peu sauvage peut-être , nais qui ne | seront lus que par nia hile.
La vérité sur ia poésie un peu saavage de Madame du Mortel est ■yu’ellr était attachée à un journal de Paria pour y faire l'article modes, et que le jour même on l’avait vue assise au bord de la mer, qui venait murmurer i ses pieds.
La marée était basse , les fraîches lueurs du matin teignaient d’uo rose lilas la sable humide que la mer avait abandonné et qu'elle allait reprendre. La mer était d’na vert pA'e partout, eaceplé à Thcrison , •û elle était d’un bleu sombre.
Au bord se déroulait une écume bianeho comme une frange d'argept , dans laquelle se jouaient des mouettes. On avait vu de loin madame du Mortal écrire , et voiri ce qu'elle écrivait y
« On continue il festonner Ica wlanls de taffetas ; l'ot tjandt et le tarlatane vont les étoffes en vogue dans la fashian, surtout quand elles sont employées avec le foira distingue de madame Amande (rue de Rivoli, 11 ): Madame la comtesse A... portail l'autre jour une capote en tulle bauillotmé avec un léger bouquet sur le côté de la passe, tandis que sa servir, madame la duchesse de R..., en avait un en paille de rit urné de petits radis rosn. Toute ls bonne compagnie reconnaissait le fa ire de madame Ursule (rue Brédj , 6). Elle avait aussi un manteiet de mousseline de l'Inde, doublé de soie citron, qui sortait de ches M. Alfred (rua Vivienoe , H ). •
Comme elle finissait en lignant vicomtesse de G..., le vicouita de Morgenstein l’avait abordée. Elle avait ciché son papier, et celui-ci lui ayant dit i
— Ah I madame , nous priveres vous drs belles pensées que la mer vou» inspire ?
Quel magnifique et imposant spectacle ! s'était écriée madame du Mortal ; celle agitation inc. itanlr de»
vagues n'est- elle pas la fidèle et triste image de notre destinée ?
La vérité est que h» destinée de madame du Mortal avait été en effet assez agitée.
Depuis huit ans, elle avait quitté M. du Mortal pour an oflkier, qui n’avail pas tardé à avoir des remords et lui avait laissé promptement le loisir de racheter leur faute commune en retournant édifier le foyer cou, n,. »l par son repentir et l'exercice de vertus privées qu'elle avait un pe* négligées.
Madame du Mortal n’en fil rien ; elle sut se créer des ressources. Autrefois les gens déçus, les gens découragés entraient en religion ; aujourd'hui ils entrent en feuilleton.
Qu'une femme fasse parler d’elle , qn’ase histoire scandaleuse l’éloigne pour un moment du monde , elle n'ire pas pleurer sa faute et Tripier dam un cloître ; vous M'attendrez pat longtemps pour voir sou nom su bas du feuilleton d’on journal , où die demauacra l'affranchissement de la femme. •
Madame du Mortal n’avait pas eu, du resta, k faire, pour imaginer cette ressource , de grands frais d’invention. Son époui , M. du Mortal , grand et gros homme 1 figura sévère , à formidables moustaches, faisait depuis longtemps l’article modes dsus un journal répandu, et, sous le nom de marquise de M***, traitait hebdomadairement les questions de valants et de passe, parlait do la longueur des robes et de ta largeur drs chapeaux , d après les indications des modistes et des couturières , qui le payaient pour citer leur noos et leur adresse.
Madame du Slorlal se livra à la même industrie et enleva quelques personnes de 1a clientèle de sou mari.
Le vioomte de Morgenstein était un de oea illustres puuutcs dont l’art a beaucoup moins de rapports avec la musique qu'avec la prestidigitation. M. de Moigcnsb in ne faisait que trois notes de moins à ta annule que M. Henri Mers, maie U étais encore jeune et travaillait
L llo jeta W grand oH et tomba S
loue d naît m»it*
beaucoup ; ou pensait qu'il atteindrait et peut-être même surpasserait
ce maître.
H avait les cbeveui longs et frisés . affectait un air mé bucolique et désespéré ; il avait dans Ta démarlchc quelque chose de fatal. En U voyant , on devinait sans peine un homme accablé par Ica asaauts du génie et la malédiction divine.
M. Bré ville , qui n’aurait pas osé lui demander une contredanse , U prie de jouer quelque chose sur le piano ; il refusa : il était exténué,
J avait quatre nuits qu'il n'avait pas fermé Terni ; il portât tant d'envie cens qui dorment 1
On insista i il passa la main sur le clavier ; le piano ne valait rien , et u'était qu'à peine d'accord. Ou cessa de le tourmenter , et on s’occupa d'autre chose. Quand il se .vit abandonné, il se oit devant le piano et préluda.
Le maître de la maison réclama on peu de silence. Alors il parut que le jeune musicien se réveillait : — Eli quoi ! s’écria-t-il , ai-je joué du piano? Je ne m'eu étais pas aperçu, je n’y songeait seulement pas mais, puisqu’on le veut absolument,...
voici quelques variations sur la dernière pensée de Weber.
Il laissa tomber tes deus bras sur les déni côtés de la chaise, il ferma les yeux, regarda le plafond, comme s’il demandait des inspirations au ciel , puis leva ses deux mains au-dessus du clavier et à la hauteur de ses yeux avec nonchalance.
Alors, comme si l'inspira tion arrivait tout à ooup et s’emparait de lui, il frappa des deux mains sur le piano avec énergie, et commença à jouer des variations qu’il «vait jouées vingt fois déjà après les avoir apprises pendant deui mois, au grand déseapoir de ses voisins, qui avaient eu à subir Iss éludes et les passages répétés avec uneinciorabie persévérance.
De temps en temps , baissant la tète sur le piano , il laissait tomber ses cheveu t sur le clavier ; puis tout à coup, relevant brusquement et fièrement la tète , il ks rejetait en arrière. C’est un effet que presque tous essaient, mais dans lequel peu réussissent. Crs mouvements brusques et spontanés sont étudiés avec grand aosn.
Voici comment se fait une — Est-c« tôt , Onésitaa , qu'on variation pour un ioatramnnt
quelconque : on prend un air d'un autre musicien ( rien s'empêche de le choisir joli), on joue l'air une fois dans le mouvement fixé par l'autour, puis ou le joue une autre fois ea le délayant , en y intercalant toutes sortes de lambeaux de phrases plus «a ■oins musicales.
Les faiseurs de variations versent dans la coupe où est un via généreux tantôt de l’eau, tantôt une odieuse piquette; ils vous font boire cet horrible mélange , pou de temps en temps vous font un peu goûter le vm pur, c'est-à-dire que de tempo en limps ils rqjouent 1a mélodie sans y rien ajouter.
Quaod ils s'arrêtent, on applaudit bien plus de joie de ce que c’est fini qu'à cause du plaisir qu’on a goûté. Puis, si quelqu'un , ravi de In mélodie ainsi délayée, demande au pianiste de qui elle est, celui-ci répond hardiment et modestement à la fois : — De moi, monsieur.
Absolument comme si le fou se croyait l'auteur du verre dn Bohème qu’il brise en éclats.
Le journal de madame dn Mortal reçut , en même temps que l’article modes que Cette dame avait écrit sur lesborvlsde lainee, une note
S e le pianiste envoyait h un de ses amis , rédacteur de la feuille.
Ite note, faite par lai-mémo et de ioo écriture, était accompaguée d'un biMei ainsi conçu :
■ Fan passer cette note dans le pins prochain numéio ; i« serait ridicule de faire le modeste et de ne pu te dise franchi meut que j'ai eu un succès fou. Tout k toi.»
«d by LiOOgle
LA FAMILLE ‘AL Am*
*- Voie* I» note s «Montami encore à mn ÿfin» «n nouveau 4 succès de Morgenstern. Il a bien voulu *e faire entendre dans un talon ' aristocratique i Dhre, oit 11 a été applaudi avec fureur pr le* plu» jolie* duchesses et 1s fleur de b favhion.
** Cet artiste immense ne petit pli» être comparé qu'à loi -même : grâce , énergie , noblesse, il réunit toute* le» qualité* que la nature a*are partage d'ordinaire entre les grandi muskiemi. Tout le monde
l’entourait avec empressement, lorsque, oppressé sous le* étreintes de *o» génie, courbant son front pensif, il s'ett retiré du «ton ut» milieu des applaudissements. •
W. Brévitle reMerCfa N. de Morgenstein, qui loi dit î — Cet aie a ru beaucoup de succès Phiter dernier. La princesse *** en était folle, la duehease *** me l’a fait répéter jusqu*! trois fois ; dit» ce* gens du monde m'ennuient.
Quelque* jours «près le bai donné par M. Bréviüe, Bérénice et PoL ebérie étaient allée» se promener le long de 1* rivière de Bernerai , <% san* y songer, dies s'étalent assise* au pied du saule d’Onésimr.
hdebére était redevenue fout doucement la saur de Bérénice-
Elle avait repris , avec les ménagements nécessaires pour ne pas choquer M. Malais , presque ton» les costumes simple» qu'elle était portés pendant son enfance.
Un observateur vulgaire c’aurait pas Gaiement reconnu la brillante comtesse ; mais Pnlchérie aimait mieux être confondue avec les femme» et les fille» de* pêcheur* que de jouer aux yeux du monde le fêle d« grande dame déchue.
— Eh bien 1 dit-elle à Bérénice , c'est do« dans quatre moi* ? G la m est un brave garçon qui te rendra heureuse et qui «H appr éc ie » jfe trésor qui va lui être confié.
— Ce qui m'embarrasse le plus, dit Bérénice, «’est la noce... Glam vint qu'on fasse une noce... Jamais nous ne pourrons décider mon l«êrr et ma mère* se mêler! une assemblée de plaisir.
Tu vois qu’il» ne sont pas consolés de l* perte d'Onérime plu* que
le premier jour.
Le deuil n’a pas quitté notre maison, on n’a plus souri à eelte table, oh deux places vides racontent sans cesse de ai tristes histoires.
Fa effet, depots le départ d’Onésime, et depais surtout que le bruit de U mort s’était accrédité, Pélagie servait comme autrefois le «îtser de son mari sur la table, son couvert était mis comme de coutume j mais Tranquille prenait sa soupe et allai* I» manger dans un coin sur *<•« genoux . Pélagie et Bérénice en faisaient autant , chacune «le son fêté. ..
fin jour Tranquille dit k an femme ; — Pélagie, H faut pourtant que ça finisse. Pourquoi, Bérénice et toi, ne mange* -vous ps ! table ?
— Si tu le veux, répondit Pélagie, je mettrai le couvert comme autrefois, et dès demain nous mangerons a table.
To peu* bien le mettre *i tu veux, répliqua Tranquille, aoaia ee oVsepsmei qui y mangerai.
Orpuis ee temps on n*e» avait pli* prié et on avait continué ! manger chacun dan* son coin. ‘ -
— Et M. Mil lai* ? demanda Bérénice ! Pulchéti*.
— M. Malais n'eat ps malheureux : je craignais pur loi une triste impression en voyant le château pâmer en d’autre» mains ; mais , ta contraire, U s’arrange très-bien avec ce M. Bcévdle . qui seatfde croire avec une grande facilité tout ce que lui dit mon oncle , put être parce qu’il n'en entend ps la moitié, et admet sons observation tous le* ptits mensonges qu'il entnwe pur ne ps «vouer sa rutur, ruine, hélas l dont je ne pib prier san* une douleur respectueuse, ca* j’en suis la cause et l'origine.
Quel malheur, ms bonne Bérénice , par eux et pour nous tou* ,
coup de recherche*, fen al encore davantage ! faire, Vou* aves »%e
belle écriture , vous êtes intelligent ; je ne vous crois pas irèi-oeetipé.. .
— Non, monsieur, et fri besoin de i*êtfe... J’ai beaucoup perdu ! la mort dn meunier. . .
— Voici phirienri fois que je vom entends dire que vous avet beau coup perdu à la mort du meunier, et je ne comprends p* bien comment cela peut se faire.
S'il vont devait de l'argent , il a laissé une magnifique fortune qui, quoique sous le séquestre, put payer les dettes de U «accession .
— Monsieur, d’abord j’étais huissier. Le meunier Gisait la biniysr; il prêtait de préférence ! de» gen» qu'il «avait ne pnvoir pas payer * l’ée h é aficc des obligation» ; cela amenât de» rmtonmMwnta et de* mtéréts pur lui et de» frais poumsoi. • .%
Ensuite je hit cherchais de» affairé*; il me donnait quelque chose quand je loi amenais un emprunteur, et l’emprunteur de » 0 n crité »e
| frisait un cadeau, pu» j’avais de temps on tearps quoique» ch*-
! peaux...
— Comment! quelque» chapaux?... Le mexmier vous donnait des ' chapeaux ? " -
| — Non pas lui... suis c’éuit à cause de lui qu’ou m'en d«nnait...et
«fêtait là la meilleur de mon revenu...
j ,—Xe ne comprends nas.
a^Vdnt o’f te» ps Normand . monsieur ? *">
| -No*... je n’ai p»* cet honneur. . '
| — Alors vous ne puvei ps me comprendre, c’est un mot dn
py»...
! rw, v,„. A,**?
qne mon oncle et ma tante ne m’aient pas oubliée un peu plus longtemps ! Ib n’auraient pas perdu leur fortune; met je n'aurais pg subi de « rude» épreuve», nom ne nous serions jamais quittés.
— To aurai» épusé Ooérime, qui serait relié au milieu de nous, au lié» «Têtre mort désespéré et déshonoré...
Apè» un moment de silence Bérénice répit t — Le maître du château fera bien d'élre riche , car il a la réputation déjà d'être facile ► trompe. O» prétend que c*eat l’homme le plut crédule du monde.
À ce -moment M- Brérilie passait de l’antre cdté du rnis» eau et’ salua les deux amies. 14 demanda à Bérénice de» nouvelles de s« p*- WW rt fc I. pM. . puis il s’informa si le facteur de la poste était déjà passé , et sur sa réponse négative il salua et descendit à Oive.
Bérénice et Polcbérie prièrent *i longtemps d’Onésime cl de leur enfance, que M. Brévilte les retrouva ! la même place une heure ap<fia, lorsqu’il remonta aU château avec Epipbane Garandin ; mai», ! la vue de ce dernier, elles disparurent dans les arbre* et redeacendirent à la maison de Pélagie pr un autre chemin.
Il était évident que c’était Epipbane qui, pr ses révélations, avait entraîné U faite, ta condamnation et la mort d'Ünésime, et elle» ne pouvaient le voir «ans borrevr. •
M. Bréville emmena Epipbane au ehlteau et lui «Ht : — Vous ave* , l'autre jour, donné un échantillon de vos talents; mais j'ai besoin de von* pour quelque chose de plus sérieux. ■*
Monsieur Garandin , je m’occupe de science», et ce n'est pas sans Toison* que j’ai fixé mon domicile au bord de la mer.
Je m'occupe d’un grand ouvrage sur le* huîtres ; j'ri déjà fait bean-
I —Qui veut dite? • : -
— Voici ce que c’est : on «avait que je faisais les affaires d'Eloi- Al«i* , «I «n savait surtout qu’il était très-riche. J’avais soin d’être à l'affût de* ventes qui *e faisaient dan* le pays ; mes divan métiers isr rendaient U chose facile.
Wjone de la vente je me présentais et j’annonçai* l'intention d'rsacfcÿrfr, Mit sur une ferme, soit sur un lot de bois; ma présence inqnié- 1 tait tes lUtrea.
| On veàrit me trouver : — Di» donc, Epipbane , me disait-on , ‘est- 1 o« quo in veux d« cela, toi? -
M*b yen t- être bien.
— Céta ne vaut ps grand'chose. <* K
— C’est peut être pour cria qu'on ne !e vendra pas bien eher.
— Plu» que tu ne le crois ; il y en a qui enchériront , et celi pourra bien monter un peu haut. "*
— Tant mieux pour le vendeur...
— F.I joiqif'oh tras-tu?
-*-> Vous verres... on en ;• envié...
I — Oh t noos si ver qui tu as derrière loi... Eh bien! celui qui ' l’hwra le payera cher... Voilà ce que c'est que de ne p» s’entendre., non* étions trais i)«Shm. Eh Wen! nous nous somme* armngés.... de sorte qn’fte ©mvriCTi à péjj.c. I» mise à prix, et nom pr Ingérons le bénéfice... Voilà que tu viett» tOul déranger; mais quand eda devrai?
’ nous coûter quelque chose,, s» c'est toi qui l'a», tu le pycTa*.
— Cela m’est égal... ce n’est pas avec mon argent.
— Ecoute , Epipbane , w x-tu un chapeau Ÿ
Je me fiUais un peu prier; je ne pouvais pas... H n’y avait- pÉr*' f moyen , tout ce qu'il fallait enfin pour faire grossir le chapeau; puis j enfin j* me laissais gagner ; j’accepUis 3c chapeau , et quand venait f*
, moment de l'adjudication je mettais une on deux enchère* inriguîfi antes et j’abandonnais , de gorte que moyennant un chapeau les acheteurs avaient les choses presque |*oor rien.
— Mais vous ne m'avet pas expliqué le mot thupou.
— C'est josfe... Lorsqu'un testateur vous donne an diamènt de deux mille francs, l’exécuteur ti stameuUiK vous pye deux mille francs dont vous acbelex rarement un di^maui. Un cûapenu, e’eot à peu prèo 1a même chose. Souvent, en Normandie, pur de ptUcs g» geureaon prie un chapeau.
Quand il s’agit de vente* pu importantes et qu’on veut éloigner j un concurrent, on lui propose un efiapeon ffeor le désinléreascr; ou I pye le plu* aouveot le chapeau en argent. Ainsi je vom tjntfe mi cfia peau signifie : je vous gage vingt franc». Eh bien ! on est arrivé * <hw> ner de» ebapéanx de qmnxe. cenü fnmc» , de dix mille fra ne», de 'cent Brille franc», colon l’rmprtaoce de* affaires.
— J ■'•vous comprend», dit M. BréviUe; c’est ce qu'on appUr xfi- Icurs un püt-d* vin, et cê que les volcan nomment un bouquet.
Et , ajouta-t -»l *e parlant a lui-mèmc, les hommes ont pour l’argett la pdeur qu'inspire un araoor sérieux. Ainsi ils évitent de lé d«T>
gner par gon nom. Le» autres »e «érveut d’un pronom ; ils disent : J n’m ai pas , y'en t/m» , »■»# oser prononcer Je mot »rgent, tant è*c.: pur eux «ne divinité redoutable. I .es autres d>«ent aiumant, vin , chapeau; qunlque«-nn» demandent de* èjmuglet pour’leur femnr-
Et il suit de là , reprit-H , monsieur Epiphine , qne vous n’ctrs p>< très -occupé et que vo»* ne »erie* pw fâché do t’être.
— Si on me pnuit employé prvou», monsieur, je gagnerais bien quelque* rhspesnt pr-ci par- U ; mai* quand on ne croit livré 3 me» seules rertourcei, «ut ne tombe p» d.ms le piège.
— O n’e»l ps dans <e sens-là que je compte vous employer ; J ai Wmfri de von# pour mon Es***r «r !*< hi.ti rt*