Didier. Clotilde
DIDIER
A quoi je répondis : — Mais je veux tout concilier. Je ne suis pas homme à ne faire qu'un mariage d'intérêt I Et comme, d'autre part, je n'ai jamais rencontré celle que je pourrais épouser par passion, je prends le sage parti de ne pas chercher plus longtemps. Je viens donc vous demander, mon amie, si vous ne connaissez pas une jeune fille, assez bien dotée pour que la raison du négociant approuve an tel choix, mais assez intelligente et jolie pour que le cœur du galant homme y trouve son compte, m'estimant dès lors très-heureux de trouver l'équateur entre ces deux pôles : la convenance et l'amour!
CLOTILDE
Et bien persuadée que cette décision était le plus grand effort de sagesse que l'on pût espérer d'un homme voué au Dieu des affaires!... je vous citai Marthe qui me semblait réunir les qualités requises.
DIDIER
Et j'épousai Marthe tout de suite 1 (n quitte le bras de cu>-
lilde.)
CLOTILDE
Ouil un peu trop tout de suite peut-être?
DIDIER, à gauche.
Comment cela?
Je vous la fis rencontrer au Bois, par hasard, le samedi. — Le lundi vous étiez chez le père... et dix jours après, on signait le contrat.
DIDIER, debout et accoudé sur le dossier de la chaise.
Pourquoi tarder, puisque le parti me convenait à tous égards?
CLOTILDE
Mon Dieu! que vous dirai-je? J'ai là-dessus les idées arriérées de ce temps jadis, qui n'est pas si loin de nous, où l'on ne jugeait pas absolument inutile qu'un futur mari fit la cour a sa future femme, qu'il prit le soin d'étudier un peu celte