‹ La famille chrétienneChapitre 21 sur 36 · I. — Impureté. Intempérance · texte numérisé non relu

I. — Impureté. Intempérance

Et maintenant, laissons là ces considérations et ces plaintes pour en venir au fait.

Quelle qu'ait été votre éducation, vous voici arrivés, mes chers enfants, à l'âge où l'on aspireà l'indépendance et où l'on ne veut relever que de soi. Sortis des écoles ou du collège, lancés dans des études supérieures, ou, simplement, dans quelqu'une des professions diverses qui s'ouvrent à votre initiative, vous ne rendez qu'à Dieu seul compte de vos actions. Qu'allez-vous faire ?

Parmi tous les écueils, où vous risquez de vous heurter, j'en signalerai deux principaux, l'intempérance et l'impureté, lesquels, en fait,

ne sont que la manifestation sous une double forme, de la même passion, des plaisirs charnels.

Sachez donc que si vous vous abandonnez à l'une de ces deux passions, ou à toutes les deux, comme il arrive fréquemment, vous aboutirez tôt ou tard, et presque sans remède, à la ruine totale ou partielle de votre triple vie physique, intellectuelle et morale.

Je ne saurais entrer ici dans de grandes considérations sur des sujets dont l'importance est extrême et dont l'étude comporterait une série d'instructions. Quelques remarques suffirent.

Que l'intempérance entraîne le plus souvent la ruine des santés, c'est un fait qu'on ne saurait révoquer en doute, tant il est avéré et tant les statistiques des nations civilisées s'accordent à le proclamer. Le pire est qu'elle a des conséquences redoutables sur les enfants innocents de l'ivrogne, et qu'un grand nombre des cas de rachitisme, d'idiotie et de mauvais instincts lui sont justement imputables. Ainsi le crime du père est puni dans sa famille jusqu'à la troisième et quatrième génération; ainsi les nations coupables, victimes de la tuberculose et de la dégénérescence, perdent leur prépondérance dans le monde.

Quant à l'impureté, ses conséquences ne sont pas moins fatales. Si nous en croyons les brochures publiées récemment par des sommités médicales d'Europe et d'Amérique, le mal de l'avarie, c'est le nom qu'on lui donne, a pris de

telles proportions qu'à Paris et dans certaines villes du Canada, un quart et un tiers des jeunes gens en sont atteints, pour leur malheur et le malheur de leurs familles futures.

Inutile d'insister sur les suites désastreuses d'un tel état de choses.

Mais l'intempérance et l'impureté ne se contentent pas de tuer les corps: elles s'attaquent à l'esprit avec les mêmes résultats.

La raison en est que ces passions grossières s'emparent de l'àme et l'absorbent au point qu'elle perd toute aptitude aux occupations spirituelles, et qu'elle en devient comme paralysée.

Ce fait, qui est d'observation quotidienne, se constate avec une netteté extraordinaire chez les sauvages et chez les nègres. Pourquoi? Je l'ignore; à moins que leurs passions ne soient plus ardentes et que leur esprit, mal cultivé, ne présente moins de résistance à leur néfaste influence. Quelle qu'en soit la cause, tous ceux qui ont demeuré au milieu de ces races abâtardies n'ont pas manqué de s'apercevoir que, à l'âge de la puberté, il s'opère chez les enfants un changement subit à leur grand désavantage. Combien de fois n'a-t-on pas vu, dans les écoles mixtes, les petits négrillons et les petites sauvagesses briller au premier rang parmi leurs camarades de race blanche jusqu'à l'âge de la première communion: puis, vers quatorze ou quinze ans, ces mêmes enfants si précoces devenir sournois et perdre généralement toute apti-

tude aux travaux intellectuels ? Le vice impur a, sans doute, tari la source de leur intelligence.

L'intempérance produit les mêmes effets; et pour les constater, point n'est besoin de chercher au loin et de tourner les feuilles des livres spéciaux; il suffit de jeter les yeux autour de soi, dans sa propre famille; on y verra des carrières brisées, des intelligences atrophiées, des esprits éteints.

Les conséquences morales des passions charnelles sont aussi désastreuses que leurs conséquences physiques et intellectuelles. De l'intempérance ou de l'impureté procèdent presque tous les crimes : les vois, les rixes, les meurtres, les fraudes, les infidélités, les haines. Enlevez ces passions et les tribunaux se videront, de même que les prisons; la foi elle-même reprendra son empire, car l'on ne doute, le plus souvent, que pour se donner une excuse de mal vivre. Si les vérités mathématiques, disait Pascal, avaient des conséquences morales, on en douterait comme des vérités dogmatiques.

Telles sont les ruines accumulées par l'intempérance et par l'impureté. Dieu veuille que ces considérations vous inspirent une juste horreur pour ces vices.

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