‹ La famille chrétienneChapitre 5 sur 36 · III. — Devoirs familiaux · texte numérisé non relu

III. — Devoirs familiaux

Les considérations que nous venons de développer peuvent charmer le cœur; elles n'aboutissent pas, cependant, aux résolutions d'ordre pratique qui doivent être l'objet d'une retraite.

C'est pourquoi nous allons dire un mot des devoirs d'état de chacun des membres de la famille. Il va de soi, naturellement, que nous ne ferons qu'effleurer ce vaste sujet, nous réservant de l'étudier plus à fond dans nos instructions ultérieures.

Léon XIII, dans son Encyclique, a dénombré ces principaux devoirs comme suit : pour le père, la vigilance et la prévoyance; pour la mère, l'amour, la modestie, la soumission, l'esprit de foi; enfin, pour l'enfant, l'obéissance.

Il entend par prévoyance la vertu par laquelle un père de famille assure, autant qu'il est en lui, l'avenir temporel de ses enfants. Prévoir veut dire, voir d'avance.

Il me semble que, pour un père, ce doit être une angoisse de tous les jours de penser qu'à sa mort, sa femme et ses enfants tomberont dans la misère et l'abandon. Tel est pourtant le sort réservé à la plupart de vos familles si, par une fin prématurée, vous laissez vos enfants sans ressources, à un âge trop tendre.

Car les hommes riches, parmi nous, sont bien rares. On vit largement au Canada, sans économie; en un mot, sans prévoyance.

Dans ces conditions, le seul conseil vraiment pratique que je puisse vous donner, c'est d'avoir des assurances sur la vie. Pour combien de familles, privées de leur chef, ces assurances n'ont-elles pas été le salut ?

Je sais que la pratique d'assurer sa vie est très répandue. Il faut qu'elle devienne universelle e,t que chacun d'entre vous s'en fasse un devoir sacré.

Mais à quelles compagnies vous assurerezvous ? — A des compagnies catholiques, à des compagnies nationales. Il en est qui fournissent les plus sérieuses garanties; confiez-leur vos épargnes, et n'allez point enrichir l'homme ennemi.

A la prévoyance, joignez la vigilance.

Ce n'est point tout, en effet, de pourvoir à l'avenir temporel de vos familles; leur âme est plus précieuse que leur corps et ne doit point être négligée. Un bon père veillera donc à l'éducation morale de ses enfants.

Je sais que trop de chefs de famille se déchargent de ce soin sur leur femme, sur le prêtre, sur le maître ou la maîtresse d'école. Fatigués du poids du jour et de la chaleur, satisfaits d'avoir gagné le pain quotidien, ils réclament, en rentrant au foyer, la paix et la détente de l'esprit.

Qu'ils n'oublient pas, néanmoins, la responsabilité qui leur incombe. Les mères, sans doute, ont la charge principale dans l'éducation morale des enfants; mais elles sont faibles, et

leur autorité a besoin de l'appui de l'autorité paternelle, parfois même d'une sanction tangible.

Bref, c'est au chef de famille que revient, en fin de compte, la haute surveillance et la suprême direction.

Si les devoirs du père et du mari sont graves, plus graves encore, peut-être, et certainement plus nombreux, sont ceux qui incombent à l'épouse, à la mère.

Elle doit être aimante, modeste, soumise et pleine de foi.

Malheur à la femme qui n'aime pas son mari : Elle ne s'est pas donnée, elle s'est vendue. Pourquoi ? pour de l'argent, par vanité, pour quelqu'auîre vil motif? Et voilà que son châtiment est cette vie même de deux êtres enchaînés, l'un à l'autre, sans amour; vie affreuse qui, sauf une grâce toute spéciale de la Providence, aboutit à une mort plus affreuse encore.

Malheur à la femme immodeste, infidèle à son mari ! Ah, certes ! ce n'est pas l'Eglise qui reconnaîtra jamais à l'homme le droit de se mal conduire. Mais, enfin, pensez-y, mes frères; qu"est-ce qu'une femme découronnée de son auréole de chasteté ? que dire d'une femme qui introduit au foyer familial des intrus, et qui jette, dans les bras de celui qui devrait être un père, des ennemis ?

Malheur à la femme orgueilleuse qui ne comprend pas la grandeur de la soumission volontaire ! Sans doute, nous le savons, l'épouse n'est

plus la servante et l'esclave païenne; l'Eglise l'a réhabilitée et élevée au rang de compagne et d'égale de son mari. Mais, même entre égaux, un chef est toujours nécessaire. La suprématie à laquelle la femme a droit, et que personne, son mari moins que les autres, n'est tenté de lui disputer, c'est la suprématie de la grâce, de la tendresse, de la prière à qui rien ne résiste.

Malheur, enfin, à la femme qui manque d'esprit de foi, c'est-à-dire de piété ! S'il est vrai que la piété est utile à tout et à tous, il semble qu'elle soit nécessaire à la femme. Comment portera-t-elle ses croix sans elle ? Comment gardera-t-elle un peu d'amour à son indigne mari ? Comment résistera-t-elle aux tentations qu'un misérable époux provoquera ? Comment, enfin, subira-t-elle sans révolte et sans murmure les outrages dont elle sera abreuvée ?

Seul l'esprit de foi fera de l'épouse chrétienne la femme forte, l'épouse aimable, la mère sublime dont nous avons tous dans nos familles des types achevés.

Que dirai-je maintenant de l'obéissance qui est la vertu de vos enfants ? Je n'en dirai rien aujourd'hui. Aussi bien ne sont-ils pas là pour m'entendre. Leurs Anges gardiens président à leur sommeil.

Mais je vous parlerai une autre fois, à vous parents chrétiens, de cette obéissance que vous devez leur inspirer en vous inspirant vous-mêmes du grand principe d'autorité.

1 i LA FAMILLE CHRÉTIENNE

Et maintenant, que l'Enfant Jésus vous bénisse, que Marie vous garde, et que saint Joseph, votre bienheureux protecteur, intercède pour vous.

La Femme Grandeur - Responsabilités

Mes Frères,

Dans mon sermon d'hier, sur la famille chrétienne, j'ai parlé abondamment de l'état de dégradation auquel, chez les païens, la femme se trouvait réduite. Elle avait perdu le rang de compagne et d'égale de l'homme que le Créateur lui avait donné pour tomber à celui de servante et d'instrument de volupté.

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