Et il la prêtait, nous le verrons
LACOMBE. — La famille. 13
194 LA FAMILLE DANS LA SOCIÉTÉ ROMAmE.
rudement, ou en l'abandonnant à la partie lésée, qui en faisait ce qu'elle voulait.
Dèsjuejejière donna une dot, les sentiments, les situations respectives, tout fut renversé. On suivait en ce temps-Là une logique brutale; on avait des idées très simples, très absolues ; on tirait de ce qu'on croyait être son droit les conséquences extrêmes. Le père, finançant désormais au profit de son gendre, eut la prétention de garder sur sa fille la potestaspatria la plus entière. Ledrdijd£4itxipnétéjlujnari^ la nianus mariti était incompatible avec la potestas; elle fut immédiatement déniée. La fille resta juridiquement dans la famille paternelle;.^e y garda la participation au culte, à .l'héritage, A l'égard du mari au contraire, elle ne fut plus qu'une étrangère, une personne prêtée pour gérer le ménage et procurer des enfants. Avec les enfants eux-mêmes, la mère n'eut plus de parenté juridique; elle ne leur fut plus de rien. Il faudra des siècles pour arriver au senatus consultes Tertullien et Orphitien (sous Adrien et sous Marc-Aurèle) qui rattacheront de nouveau les enfants à la mère.
Ne laissons aucune ombre sur ce sujet.La manus ou droit de propriété du mari sur sa femme, et la potestas patria ou droit de propriété du père sur sa fille, qui étaient nécessairement contradictoires, qui ne pouvaient pas avoir lieu en un seul et même cas, se partagèrent tout d'abord la société romaine. Toutes les fois qu'il y eut dot, le mari n'eut pas la manus, et X^poteslas patria suivit la femme dans son ménage. Au contraire, la femme sans dot, achetée ou non achetée, continua à tomber in manu mariti^ Seulement, l'usage de la dot devenant chaque jour plus commun, la manus perdit du terrain et la potestas en gagna, jusqu'à ce qu'enfin celte ^dernière demeura seule, ou à peu près. Déjà sous Tibère,
1- Voir plus Idiii ('0(1110 nous disons de l'iisus et du tri»OCliu>ii.
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quelques rares familles de l'aristocratie pratiquaient seules*, en vue de certains sacerdoces, l'usage de la manus dans le mariage. Gaïus et Ulpien'en parlent encore, comme d'une chose très exceptionnelle; mais probablement la maniis ne survécut pas beaucoup au delà de l'époque d'Ulpien. Tous les textes rassemblés dans le Digeste, qui de près ou de loin touchent au mariage, impliquent sa disparition complète; ils n'en présentent pas vestige. TouLe. femme mariée, ayant son père, apparaît en puissance de ce père, à moins qu'elle ne soit émancipée. La potestas patria a vaincu ; le triomphe du père estcomplet ; r'cst un fait (|iii va influer profondément.
La. femme dotée entre dans la maison conjugale non plus comme une esclave, ou ce qui revenait presque au même