‹ La famille dans la société romaine;Chapitre 51 sur 84 · Martial, Eplfl-, liv. XII, CLV, v. 13 et suivants · texte numérisé non relu

Martial, Eplfl-, liv. XII, CLV, v. 13 et suivants

types de l'amour conjugal, ils ont ensemble un entretien fort tendre. De cet entretien l'esclave, hélas ! ne perd pas le moindre mot, je n'ose dire le moindre geste.

Avec cette quantité de serviteurs à utiliser, les anciens étaient devenus très gauches à se servir eux-mêmes. Et il est probable qu'ils se piquaient de cette gaucherie; elle était une marque de fortune et de rang. Sécurité, orgueil, commodité, ces divers intérêts s'unirent pour habituer le maître à traîner partout derrière lui quelque esclave, aussi constamment que l'ombre de son propre corps, l'ombre vivante ne le gênant guère plus que l'autre. Lucien, Pétrone, Apulée nous montrent les esclaves escortant le maître et continuant à lui rendre leurs offices au milieu des débauches les plus honteuses. Impossible de citer ici ces auteurs, ils sont trop crus. Heureusement nous pouvons alléguer Tacite. Sous le règne de Néron, un tribun du peuple, Octavius Sagitla, séduit à force de présents Pontia, femme mariée. Les deux amants voulant s'épouser, Pontia divorce. Mais une fois libre, elle se ravise et prétend garder sa liberté. Octavius fait entendre ses plaintes, des menaces, puis semble se résigner. Il ne demande plus qu'une dernière entrevue qui lui est accordée. L'amant malheureux s'y rend avec un poignard caché sous sa robe et accompagné d'un de ses aftranchis. Pontia avait, de son côté, confié la garde de sa chambre à l'une de ses esclaves. Tacite dit quel emploi fut fait des premières heures. Je note ce trait au passage parce qu'il est tout à fait antique, un historien moderne, de la gravité de Tacite\ aurait à coup sûr omis un tel détail. Tout à coup, Octavius frappe sa maîtresse. L'esclave de Pontia accourt, Octavius la frappe elle-même et s'enfuit. Devant les juges, l'affrandii essaya d'assumer sur lui le double crime. « Il avait, dit-il, voulu

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