Plaute
3 Asinaire iu liuo.
était encore rare et chère. Ou la voit apparaître cependant déjà; et le lecteur va juger avec quel succès. Dans la pièce du Marchand, Pasiconipsa est une très belle fille que le jeune Carinus ramène de ses voyages en Orient, et dont il a fait sa maîtresse. Il compte pouvoir la garder dans la maison paternelle comme servante de sa mère. Mais son père Demiplion y voit des inconvénients.
6 Demjpiion. — Ce n'est pas là notre aiïaire, elle ne me convient pas. Elle n'a pas une tournure qui aille à notre maison. H ne nous lauL qu'une servante qui sache tisser, moudre, fendre le bois, filer la laine, balayer les chambres, recevoir les coups, et qui lasse tous les jours le dîner de la famille. Jamais celle-ci ne pourra rien faire de tout cela. Ce serait un scandale si une fille de cette figure accompagnait dans les rues une mère de famille : on verrait tout le monde la regarder, la manger des yeux, lui faire des signes, siffler, nous ennuyer, venir faire vacarme devant chez nous. Ma porte serait charbonnée d'inscriptions galantes. Le monde est si méchant, qu'on nous accuserait, ma femme et moi, d'être des entremetteurs. J'ai bien besoin de cela M »
Si cette beauté produit ces effets sur le public qui la voit seulement passer, que sera-ce sur le maître qui va habiter avec elle? Le fait est que le vieux Demiphon est déjà pris; s'il veut que sou fils vende Pasicompsa, c'est pour l'acheter lui-même sous main et pour Fentrctenir dans quelque petite maison écartée.
Ces Grecques, soit des îles, soit de la côte d'Asie, furent vraiment des créatures dangereuses. La beauté était un don commun parmi elles ; et ce don s'y manifesta souvent avec un éclat irrésistible. Ce sont elles qui, posant devant les Phidias, les Praxitèles, furent le point de départ de leurs divines