‹ La famille dans la société romaine;Chapitre 60 sur 84 · L.VCOMBE. — La famille · texte numérisé non relu

L.VCOMBE. — La famille

temps très sensibles à la célébrité, à la vogue. Elles ne sont pas faites pour remonter les courants qui à certains moments entraînent le sexe mâle, on les y trouverait plutôt en plein milieu. Jamais elles ne copièrent les hommes, ni ne coururent les mêmes carrières, comme en ce temps-là. Rome n'eut pas seulement, ainsi que nous, des femmes poètes, romanciers, elle eut des femmes orateurs, des femmes gladiateurs. Les Césars, traitant un peu ce sexe comme il voulait l'être, forcèrent des femmes à se produire devant le public.

Elles assistaient aux spectacles avec la même assiduité que les hommes. On aime à croire qu'elles ne s'y battaient pas, au moins les femmes des classes supérieures; l'effervescence générale prenait en elle une autre tournure. Écartons systématiquement un passage de Juvénal*, bien connu, qui viendrait ici très à propos, pour nous en rapporter seulement au sénat romain. Voici l'une de ces mesures de l'an 15 dont nous parlions tout à l'heure : « Il est défendu aux histrions d'aller donner des représentations dans les maisons des particuliers, ils devront se borner aux théâtres publics. »

Gomment? ils sont cause que ces théâtres ont été ensanglantés et on les leur permet, tandis qu'on leur ferme les maisons privées. Cette mesure est singulièrement inconséquente. Où était ce jour-là le bon sens ou même le sens commun du sénat romain? iMais peut-être que Tacite ne nous a pas tout dit. Eftectivement, en y regardant de près, on remarque que les mesures sont liées entre elles par une secrète logique : 1° défense aux sénateurs, aux chevaliers, de se rendre chez les pantomimes; 2' défense aux pantomimes de se rendre dans les maisons particulières; et la supposition qui explique tout, surgit à l'instant. Les sénateurs, au

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