Id., livre XII
l'air candide, t'est né de Lycdiis, ton propre giton. Cet autre, à la tête pointue, aux longues oreilles mobiles, comme les oreilles d'un âne, qui contestera sa filiation avec Cyrrlia, ton fou ? Deux sœurs, l'une noire, l'autre roussie sont de Crotus le joueur de flûte et de Garpus, ton intendant. Ton troupeau serait plein d'hybrides, si Gorrésus, par bonheur, n'était eunuque ainsi que Dindymus^ »
Ce portrait de Marulla est chargé évidemment, il faut en rabattre ; de sept esclaves qui lui sont trop généreusement prêtés, n'en admettons qu'un ou deux et allons écouter le bavardage des convives à la table de Trimalcion : Échion l'affranchi entame l'éloge de son patron Titus qui doit prochainement donner au peuple un combat de gladiateurs.
Voici comment parle cet Échion- : « Titus est un homme magnanime, il a la tête chaude et il vous montrera quelque chose qui, d'une manière ou de l'autre, sera extraordinaire; son combat de gladiateurs ne sera pas un combat pour rire, les spectateurs verront au milieu de l'arène un carnage pour de bon; il s'est déjà procuré des petits chevaux barbes et une Gauloise, conductricede char, et puis il a l'esclave de Glycon que celui-ci a surpris en adultère avec sa femme et qui pour cela sera livré aux bêtes.
(( Nous rirons de voir le peuple se partager les maris jaloux d'un côté, les jeunes gens de l'autre. » Ce trait est à noter en passant. « Mais voyons, est-ce que l'esclave est coupable? Il n'a pas pu refuser ; c'est la femme qui devrait être jetée au taureau. Enfin, quand on ne veut pas frapper l'âne on frappe le bât. Est-ce que Glycon d'ailleurs pouvait attendre quelque chose de bon d'une lîlle d'IIermogène ? La couleuvre fait une petite couleuvre et non pas une corde. Glycon a tendu son visage, aussi a-t-il reçu un soufflet ineffaçable, ce qui n'em-