‹ La famille dans la société romaine;Chapitre 64 sur 84 · Satijricon, chap. xlv · texte numérisé non relu

Satijricon, chap. xlv

pêche pas que les fautes sont personnelles. » Le raisonnement contradictoire du brave Échion, qui rappelle la conversation de plus d'un boutiquier de notre temps, fait honneur à l'observation de Pétrone ; raison de plus pour retenir ce qui nous appartient dans ce petit tableau, c'est que la fille d'Hermogène, en aimant les esclaves, imite sa mère, chasse de race, comme dirait encore Échion.

Ce thème des rapports de la maîtresse avec son esclave est remis sur le tapis quelques minutes après par le hasard de la conversation : « Je suis un vieux routier, dit Trimalcion, et qui vous connais bien, vous autres femmes. Puis-je vivre toujours comme il est vrai que je m'escrimais avec Mamméa ma maîtresse, quand j'étais esclave; tellement que mon maître soupçonna l'affaire et me relégua à la campagne*?»

Trimalcion, maintenant vieux et décrépit, n'est plus qu'-une caricature. Mais quand, il y a trente ans, venant d'Asie, il il fut débarqué dans le Latium, c'était un de ces gracieux éphèbes qui rivalisaient avec les jolies femmes. 11 put bien séduire sa maîtresse puisque, hélas! il séduisit son maître, comme il nous l'apprend lui-même. Et ses maîtres étaient riches, puisqu'en mourant ils lui laissèrent une fortune avec la liberté. Ils appartenaient au moins à la bourgeoisie, peutêtre même à la noblesse.

«N'attribuons pas aux peintures des romanciers plus d'autorité que le genre n'en mérite », soit : La créance que nous leur accorderons dépendra finalement de leur concordance avec des témoignages réputés plus sérieux.

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