Code, livre VII, titre xvi, L. 3 et
4. Instituts, livre III, titre xlii, g 1 ; — Code, livre VII, titre xxiv. — Id.. liv. XI, titre, XLVii lex ult. et Novelle XXII, titre XVH.
empêcher cependant ce genre de désordres, on s'en prendra à l'esclave qui sera fouetlé, et au maître, s'il n'a pas fait ce qu'il pouvait pour empêclier les rapports.
D'un autre côté, la législation, sous Constantin, s'est complétée et aggravée.
Il n'est pas douteux que le libertinage de la matrone avec son propre esclave était mal réprimé. La famille chargée de la répression y procédait mollement ou pas du tout, par crainte du scandale. Les susceptibilités du vieil esprit romain avaient seules empêché de porter le fer dans cette plaie, et de combler la lacune si visible du Glaudien. Les chrétiens, qui arrivent à l'empire avec Constantin, ne peuvent manquer à cette lâche. Moralistes à outrance, et radicaux dans leur genre, ils ne voient qu'une chose, la facilité qu'il y a à commettre ce crime, et par suite sa fréquence forcée. Il faut qu'une peine cruelle vienne faire contre-poids à cette facilité. Constantin édicté pour les deux coupables la peine capitale. La forme de la mort infligée à l'esclave est même atroce ; il doit périr par le feu*.
On ne doit pas s'attendre à ce que l'histoire nous fournisse beaucoup d'exemples de ce commerce des dames avec les esclaves. L'histoire ne s'abaisse pas à ces détails; et d'ailleurs pour l'antiquité romaine nous sommes loin de posséder toute l'histoire. Cependant, en l'an 36 de J.-C. (sous Tibère), il y eut à Rome un procès assez notable pour que Tacite l'ait consigné dans ses annales. Émilia Lepida, qui avait épousé Drusus, fils de Germanicus, et par cette alliance se trouvait être la nièce de l'empereur régnant, fut prévenue d'avoir commis le crime d'adultère avec un esclave. Ce commerce était public, au dire de Tacite, et il durait depuis longtemps; mais tant qu'avait vécu le père de Lepida, bien