Code, livre IX, titrn xi
LACOMBB. — La famille. 23
VU du prince, nul n'avait osé se porter accusateur. Lépidus mort, les délateurs s'emparèrent de la fille, et le prince restant neutre, la poussèrent à bout. Près d'être convaincue, Lepida se tira d'affaire en se tuant de sa main, comme un philosophe. Si elle n'eût vécu qu'autant que son père, ou si, après lui, elle avait eu quelque parent, quelque allié, en faveur auprès du prince, elle restait impunie, et nous ne savions rien de ses dérèglements. Quoi donc? Il a fallu encore une autre condition pour que Tacite nous ait appris cette affaire; heureusement pour nous, elle s'est trouvée contenir une circonstance qui a flatté la manie du grand historien : la bassesse du temps souffrit le crime, tant que le prince parut s'intéresser à la coupable.
« Urgulanilla, dit Suétone, appartenait à une famille triomphale. Claude la répudia à cause du caractère honteux de ses débauches et sur un soupçon d'homicide ». Il explique plus loin ce qu'il appelle des débauches d'un caractère honteux : Urgulanilla avait pour amant Botter, l'un de ses affranchis. Je prends bien garde que Suétone appelle Botter affranchi et non pas esclave'. Mais Urgulanilla a-t-ellc aimé Botter seulement après l'avoir affranchi, ou l'a-t-elle affranchi parce qu'elle l'aimait étant esclave. Lequel est le plus probable, surtout si l'on pèse les termes dont se sert Suétone? Cette question que nous posons à propos d'Urgulanilla, il faut l'étendre et la généraliser.
On trouve quelquefois sur les tombeaux antiques une inscription ainsi conçue. « Une telle a élevé ce monument à un tel, son mari et son affranchi; ou un tel, mari et affranchi-, L'tc. » Les monuments de cette espèce ne sont pas très nombreux, mais il est certain d'abord que nous n'avons pas