Claude, 2Gct
± V.iir Orclli, 3024. XLVIl, ir^ 30-2U et iG33. — Mtiralori inucripl., \k 1558.
LA DOMESTICITÉ SERVILK. 355
tous ceux qui existèrent. Il me paraît également certain que cette qualité d'affranchi n'a pas été donnée au défunt toutes les fois qu'elle lui appartenait réellement ; elle n'avait rien qui pût honorer ni le mari ni la femme, au contraire : et, rien n'ohligeant à la puhlier, elle a dû être la plupart du temps passée sous silence. On se trouve donc souvent devant le tombeau d'un mari qui fut affranchi, sans que rien en avertisse.
Un très bon témoin, Tertullien ', nous dit : « Quantité de femmes se marient de préférence avec des atl'ranchis. » Ainsi beaucoup de femmes ne craignaient pas d'épouser l'homme qui avait été esclave ; elles osaient contracter avec lui un lien public, témoignant de leur affection ou de leur conhance. Un tel mariage cependant, il n'en faut pas douter, constituait pour la femme une déchéance devant ses proches et ses amis. Pour l'accomplir, il fallait déployer une certaine énergie, et partant y être poussée par quelque mobile un peu fort. Ce mobile est, ce semble, aisé à deviner, surtout dans le cas où la femme épouse un homme qui est son affranchi, qui a été sow esclave. Celui-ci a vécu de longues années sous le toit et dans l'intimité de son épouse future. Tout esclave qu'il fût alors, il n'en élail pas moins le même homme à qui plus tard on devait trouver assez de mérite pour l'épouser, en passant par-dessus certaines convenances, en bravant certains reproches. Je me trompe; il n'était pas tout à fait le même homme, il était plus jeune. Est-ce trop hardi de supposer que son mérite aura été reconnu dès cette époque, avec toutes les conséquences que ces sortes de découvertes comportent? Certes, pourcéder en secret au mérite de son esclave, il fallait beaucoup moins d'effort que pour couronner publiquement celui de son aIVranchi. De là des conclusions par-