‹ La famille dans la société romaine;Chapitre 74 sur 84 · l'iaute, loco cilato · texte numérisé non relu

l'iaute, loco cilato

?M l.A FAMlLLi.E DANS LA SOCIÉTÉ ROMAINE.

pris de la maison conjugale, on l'apporte sur le théâtre; on l'y étend par terre, et on le menace d'une opération. Il y a là des plaisanteries, des gestes indiqués, des faut-il couper intolérables pour nous et que les contemporains du vieux Caton supportaient gaillardement, en présence de leur famille. Finalement, l'amant en est quitte pour quelques coups de bâton et la rançon d'une mine d'or. C'est un dénouement évidemment conforme à la vie réelle.

Soyons justes : le défaut de répression publique était pour beaucoup dans ces méchantes mœurs. Un mari qui surprenait sa femme en adultère ne savait trop comment se conduire. Relâcher l'amant? c'était de quoi se rendre ridicule. Le bâtonner simplement? c'était encore aux yeux de l'opinion se montrer bien bonhomme, chose moquée de tous temps. D'autre part le tuer, le mutiler, si on n'était pas cruel, si l'on se sentait ému par les prières, par les angoisses de la victime, c'était dur. La victime offrait de l'argent, souvent beaucoup : moitié cupidité, moitié humanité, on acceptait; des coups de bâton et de l'argent, c'était la peine qui tendait à devenir de règle entre les mains du mari ordinaire. Mais sur cette pente, certains maris besogneux ou avares glissaient. L'adultère avait été profitable une fois; ils laissaientlafemme suivre son goût démontré pourle libertinage, parfois même ils l'y poussaient quelque peu, puis tendaient leurs filets en conséquence.

Évidemment l'opinion admirait dans Thomme qui tuait l'amant de sa femme l'énergie vindicative; mais dans celui qui rançonnait l'amant, elle louait, avec un sourire, l'homme avisé. On ne peut s'empêcher de se demander ce qu'aurait fait Caton l'Ancien s'il eût surpris sa femme, et de se répondre que probablement il l'aurait tuée, mais tiré de l'amant une grosse satisfaction.

La répression de l'adultère, à peu près abandonnée aux

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maris, aux pères, avait donc abouti à des iiabitudes cruelles, ignobles, indignes, faites pour révolter tout esprit quelque peu liumain et délicat; sans compter qu'elles réprimaient tbrl mal, à en juger par la quantité des adultères qui nous sont signalés à cette époque.

Auguste, très sensible au défaut de moralité chez les autres (voyez sa sévérité à r('L'ard de sa fille et de sa petite-fille), entreprit résolument de réformer cet état de choses, et la loi .Iulia de adulleriis fut promulguée. Le régime que cette loi inaugura a subsisté presque sans changement d'Auguste à Justinien. Il faut voir ses principales dispositions.

D'abord il est défendu au mari qui surprend sa femme de la tuer; il serait passible des peines de la loi Cornélia, comme pour un meurtre ordinaire. Il lui est défendu également de tuer l'amant, à moins que ce ne soit un esclave, ou un homme de mauvaise vie, tel qu'un léno, un comédien, ou bien encore un aflVanclii du mari ou de la famille, parce que 'cet homme, outre l'adultère, est alors coupable d'une ingratitude et d'une irrévérence impardonnables.

11 est permis au mari de retenir l'amant pendant vingt heures, afin de se procurer des témoignages. Vingt heures c'est beaucoup ! il y avait de quoi prendre à témoin tout le quartier'. Et c'estprobablement ce que faisaient beaucoup de maris. On montrait l'amant dans l'état où on l'avait surpris comme une bêle curieuse ; c'était déjà une vengeance assez cruelle. Peut-être montrait-on également la femme.

La conduite de Vulcain, dans Homère, n'est évidemment qu'une scène de la terre transportée dans le monde des dieux; et l'antique coutume, qu'Homère nous révèle, a pu se perpétuer extrêmement longtemps, comme toutes celles qui ont une pointe d'ol)>;<'i'nité.

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