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L'unité de la famille

Nous avons exprimé ci-dessus, qu'il semble exister une aversion croissante par le mariage, et que cette tendance n’est pas sans connexion avec l'exigence croissante de l'émancipation de la femme. L'homme renoncera à regret au droit d'agir selon sa volonté, non seulement parce qu’en traversant l'évolution précédente il s’est habitué tellement à se regarder comme le maitre du foyer, qu'il se sent choqué à la pensée de partager son autorité avec son épouse, mais aussi parce qu'en général il ne lui semble pas que l'expérience prouve qu'une femme ait un entendement suffisant, Le même homme qui peut discuter patiemment avec son associé, et qui vis-à-vis des hommes comprend très bien qu'il ne peut toujours exiger qu'on s'incline devant sa volonté, et surtout sans qu'il puisse la justifier par des raisons abondantes, ce même homme ne peut sans impatience se résigner à ce que son épouse délibère ses résolutions avec lui,et au lieu de lui donner des raisons, il lui fera seulement connaitre sa volonté, ou l’éconduira en lui faisant comprendre qu’elle n’yentend rien. Et de même que l’homme repousse la pensée de délibérer sur tout avec son épouse, de même la femme qui avant son mariage s’est habituée à avoir une volonté à elle, re-

pousse la pensée d'y renoncer par le fait de son mariage. |

On ne peut être étonné de cet état de choses, car il ne peut exister aucun doute, de ce que l'émancipation personnelle de l'épouse signifie un changement sensible dans les rapports existants, et qu'un événement semblable mette fin à bien des coutumes, avec lesquelles les individus s'étaient jusqu'ici familiarisés. Un moment transitoire semble généralement toujours désagréable. Ceux qui se sont trouvés le mieux dans l’ancien ordre des choses, c’est-à-dire 1e1 la majorité des hommes, voudront se soustraire au nouveau et ne se marieront pas. Ceux qui aspirent au nouvel état de choses, c'est-à-dire iei la majorité des femmes elles-mêmes, ne se trouveront pas satisfaites de la lenteur avec laquelle il se crée, et concevront aussi une certaine aversion pour le mariage. Mais cela ne peut donc jouer un rôle décisif pour notre évaluation, parce que ce ne sont que des phénomènes transitoires ; nous devons seulement tourner notre attention vers cette question,si ce sont des raisons fondamentales cohérentes avec la nature de la vie conjugale, qui parlent pour ou contre un changement dans les rapports d'autorité personnelle entre les époux. Et ici nous serions disposés à dire comme un auteur français Hbéral, que si le mariage devait nécessairement amener que l’un des époux se trouvât subordonné à l’autre, la loi du mariage serait en opposition avec la morale, elle deviendrait une loi de guerre au lieu d'une loi de paix, et qu’il faudrait alors aider à la disparition du mariage (1). La solution de ce que le ma-

(1) Renouvier : Science de la morale, T, 1869, pages 587-589.

riage exige, dépendra de deux considérations tout à fait différentes: l’une part de savoir si la famille comme une unité vivante exige une seule volonté qui dirige, l’autre au contraire si l'amour comme un désir de la civilisation, pour atteindre cette communilas omnis vilæ, exige les sentiments reposant sur la différence ou bien ceux reposant sur l'égalité dans la position des époux.

Tout le monde conviendra aisément qu une famille ne pourrait exister où chacun voudrait faire sa volonté. Ce foyer divisé par lui-même devient stérile. La famille n'est pas sur ce point autrement placée que toute autre chose devant se montrer comme une unité. Mais à cet égard on serait en droit de comparer la famille à l'Etat (1). De même que celui-ci doit s'assurer de l'unité de son gouvernement, la famille doit le faire aussi. Autrefois on a cherché cette sécurité en ce qu un seul des facteurs du pouvoir de l'Etat avait la prépondérance absolue sur tous les autres, mais l'évolution de la politique de nos Jours a changé cet état de choses, et en créant des institutions parlementaires on a Justement accentué qu'aucun facteur isolé ne peut se faire valoir séparément, mais que l'unité doit être obtenue parconcordance mutuelle. Théoriquement cela pourrait sembler vouloir rendre le débat permanent, mais la justification des institutions parlementaires se trouve, en ce qu'on a raison de se baser sur

(4) Mill compare la famille aux rapports existant entre des associés (L’'assujettissement des femmes). Mais la, comparaison avec l'Etat me semble plus explicite parce que le mariage n’est pas un contrat pouvant être dissout par un simple avertissement, c’est une vie commune dans laquelle on est, et avec laquelle il faut s'accommoder, comme simplement l’on est dans un Etat et ne peut se dégager des rapports vous y attachant, tandis qu'on est à même de se dégager d’un contrat,

ce que tous les facteurs concomitants sont pénétrés de la valeur de leur union politique, et c’est justement pour. quoi tous,chacun de soncôtéetavecses désirs particuliers, s’eftorcerontde contribuer au bien de l’Etat.Si l’on se figurait, ou si l'expérience forçait à convenir, que chacune des parties ne travaillait que pour elle-même, et regardait la collectivité de l'Etat comme un malinévitable, il serait impossible à un Etatde prospéreravec les institutions parlementaires. La base d’une telle organisation politique est, chez tous ceux qui y coopèrent, une compréhension dominante de la valeur de la collectivité, et une aptitude | à pouvoir en tout cas à peu près distinguer entre ce qui est important et ce qui ne l’est pas, entre les grandes et les petites questions. Si un Etat doit progresser sûrement et vite, il doit exister une unité entre toutes ses parties ; s’il est impossible de l'obtenir il faut que l'Etat reste provisoirement au régime antérieur, et l'on pense avec raison que dans une situation semblable cela serait plus sain et meilleur qu'un progrès amené brusquement et d’une manière trop exclusive, sans le concours de tous les éléments de la nature Il y a des moments où les volontés se tendent à peu près dans la même direction, mais il y en a d'autres où ce serait la ruine d’un Etat s’il cherchait à aller de l’avant, parce que dans ce cas facticement, une grande partie de la nature ne pourrait suivre dans cette direction, et le progrès amènerait alors la division ou l’affaiblissement d'une grande partie des forces actives. Les monarchies absolues ont souvent préparé par là l’affaiblissement des Etats, en les conduisant dans des voies impossibles à suivre pour toute la nation.

= Quant à ce qui concerne la famille, des considérations analogues se présentent. Lorsqu'on demande que

l'épouse ait une autorité personnelle vis-à-vis du mari, cela peut sembler à beaucoup comme si l’on voulait introduire des différends dans la famille. Mais cette opinion signifie, en l’exprimant clairement et sans équivoque, que l’on suppose que le mari et la femme, en général, sont ennemis l’un de l’autre et que l'unité de la famille ne peut être conservée que par l'autorité absolue de l’une des partres (1). En nous faisant l'avocat de l'autorité personnelle de l’épouse, c'est dans la conviction que les deux époux considèrent la vie commune comme le but principal de leurs efforts, et comme des gens raisonnables, qu'ils savent distinguer entre ce qui est important dans les rapports, et ce qui ne l’est pas dans leurs désirs pérsonnels.

Dans une famille comme dans un Etat, le travail énergique au progrès de la collectivité repose sur ce que les deux volontés concomitantes soit unies, mais, dans une famille comme dans un Etat, il peut aussi y avoir des moments où 1l vaut mieux provisoirement rester dans le s{atu quo, au lieu de brusquer le progrès d'une manière exclusive, dans une direction déterminée. Et dans une famille ceci est peut-être encore plus nécessaire que dans un Etat, parce que l’évolution de la collectivité et le progrès dans la famille ne peuvent être mesurés en première ligne sur la position sociale que la famille acquiert au dehors, mais, au contraire, doivent l’être sur la compréhension et l’harmonie qui existent entre les époux (2).

(4) Comparer Mill, L’Assujettissement des femmes.

(2) Legouvé, comme bien des Français, ne peut se figurer l’unité de la famille assurée sans que l’homme soit la volonté supérieure qui gouverne. Il veut seulement que cette volonté soit limitée par un con-

Les objections à ce que l'épouse soit placée dans les mêmes conditions que l'époux se résument en somme en cette idée, que cela ne consolidera pas les bons rapports entre les époux, si l’un est empêché de faire ce qu'il considère comme un avantage pour la situation de la famille, en ne parvenant pas à amener l’autre à comprendre sa conception. Naturellement, il peut se trouver ici des cas où une telle désharmonie irritera réciproquement le caractère des époux, comme dans la vie politique un débat entre des facteurs parlementaires peut être dirigé avec animosité. Mais de tels cas autorisent aussi peu dans la famille que dans l'Etat à rejeter l’organisation parlementaire, car ils doivent être mesurés par les dissensions et l’animosité créées par la dépendance absolue de l’une des parties. Dans les combats parlementaires qui, des deux côtés, sont dirigés sous les formes parlementaires, c'est-à-dire sur la base de la discussion, et avec un respect prépondérant pour les données les plus essentielles de la vie commune, l'animosité ne devient jamais aussi violente que celle provoquée pendant les périodes révolutionnaires, où l’un des partis cherche dans les institutions existantes le droit d'ignorer complètement les désirs de l’autre Lorsque l’on considère si scrupuleusement le ressentiment possible d'un homme se trouvant hors d'état d'amener son épouse à accepter ses plans, et par là se voyant dans la nécessité de renoncer à les mettre à exécution, il est alors singulier que l’on attache si peu d'importance à ce qu'une épouse doit ressentir d'offensant et d’humiliant, à voir seil de famille. Mais ceci ne fera qu'empirer les choses, et le rôle de ce

conseil dans la pratique française est d'une valeur très douteuse. Æistoire morale des femmes, 10e éd., page. 178. Comparer pag. 171.

que l'homme agit absolument sans égard pour ses opinions à elle. Aussi longtemps que l'épouse sentira véritablement qu’elle n'entend rien aux affaires dont il s’agit, un tel état de choses n'amènera pas trop d'inconvénients, mais aussitôt qu'elle aura raison de croire que son entendement est aussi bon que celui de l’homme, il est impossible qu'elle ne sente son incapacité forcée comme une dégradation. Et de nos jours l’homme entêté ne dira que très rarement avec raison que sa femme est sans entendement; n'évite-t-il pas plutôt une délibération avec elle parce qu'il craint de ne pouvoir lui donner des raisons vraiment convaincantes ? Elle devient pour lui une sorte de personnification de sa mauvaise conscience, de ses propres scrupules secrets, qu'une tentation supérieure ou une trop grande légèreté de caractère l'empêche d'écouter.

La grande influence dont jouissent les épouses dans les rapports juridiques existants, rend aux yeux de beaucoup leur exigence d'obtenir une entière autorité personnelle extrêmement déraisonnable. L'épouse, dit-on, doit se contenter de la réalité et ne pas s’efforcer d'en acquérir les marques extérieures où chercher à se l’assurer comme un droit : « Son pouvoir, dit Legrand, ne peut être qu'un pouvoir d'influence non sanctionné par la loi, et dû tout entier à la puissance de l’attrait, ou plutot à des concessions affectueusement faites. Il faut que son intérêt force la femme à être aimable et qu'elle soit condamnée à plaire » (1). Cependant cette conception

(1) Legrand : Le mariage et les mœurs en France, p. 283. Et: « Sans doute, si l'épouse est intelligente et lc mari médiocre, comme le pouvoir revient toujours à l'intelligence, il est juste que celui-là saisisse les rênes qui est le plus capable de les tenir. Mais ce déplacement

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qui est très répandue ne s'accorde pas avec la considération des intérêts de la famille, mais seulement avec cette idée héréditaire de regarder la femme en vertu de sa nature comme un être inférieur, devant lequel en réalité l'homme s’abaisse lorsqu'il lui laisse prendre de l'influence sur lui. « En général, dit Bryce, l'homme européen a le sentiment qu'il s’abaisse quand il parle à une femme de choses sérieuses ; même si elle lui est supérieure comme esprit, comme caractère et comme position sociale, 1l pense que lui, comme homme, l'emporte sur elle, et consciemment ou inconsciemment il le prend de haut. Et elle est trop accoutumée à ce traitement pour en être offensée, à moins que les formes polies et voilées de la société ne soient brisées. Une telle idée ne viendra jamais à la pensée d’un Américain. Il parle à une femme de la même manière qu'à un homme, avec simplement une nuance de politesse en plus... Et de son côté une dame américaine ne s'attend nullement à ce qu’on lui üenne conversation... L'épouse européenne fait souvent sa volonté, mais elle l'obtient par une adresse pleine de tact, par la flatterie, par sa tendresse, elle profite de la faiblesse de l’homme, tandis que le devoir et le désir de

d'autorité ne doit jamais apparaitre au dehors. La femme doit se contenter alors de la réalité du pouvoir sans en réclamer l’apparence. Elle peut quelquefois gouverner ; il faut toujours que le mari règne. Sinon le principe d'autorité s’amoindrit et la famille se diserédite. » Comparer même ouvrage, p. 281. « Il n'y a donc, Mesdames .…, que le manque de jugement, des idées communes et le défaut d'éducation qui puissent porter une femme à se croire en tout l’égale deson mari. Il n'y a du reste rien de déshonorant dans la différence ; chacun a ses propriétés etses obligations: vos propriétés, Mesdames, sont la beauté, les grâces, la séduction ; vos obligations, la dépendance et la soumission. » Mémoires de Sainte-Hélène, par Las Cases, 1893, IV, pag. 139.

l’homme en Amérique est de céder à sa femme, et de lui rendre les services que le tyran anglais exige de sacompagne... On ne peut dire, ni en Angleterre, ni en Amérique, que le principe d’une égalité absolue soit introduit, car en Amérique la balance penche presque autant, pour ne pas dire autant, en faveur de l'épouse qu’en Angleterre elle fait en celle de l'homme... Autant qu'il m'a été possible de savoir l'opinion de ceux qui ont vécu dans les deux pays, je les ai entendus s'exprimer à l’avantage des coutumes américaines, peut-être parce que la théorie sur laquelle elles reposent diffère moins de l’égalité absolue que la théorie anglaise » (1) .C’est en réalité ceci qui continuera à être le point culminant dans la question de l'autorité personnelle de l'épouse, vis-à-vis du mari; celui-e1 peut-il se défaire de l’idée de sa supériorité comme homme, et celle-là deviendra-t-elle plus sensible. à l'offense existant pour elle dans cette idée chez un conjoint? Ce serait une ineptie de croire que ceci s'obtiendra à l’aide d'une théorie, on ne réussira qu'avec celui de l'expérience, c'est-à-dire en ce que les hommes soient placés vis-à-vis des femmes qu'ils doivent respecter, comme intellectuellement leurs égaux. A cet égard, les Américains, dans leur vie de colonisateurs, ont possédé des expériences qui nous ont manqué en Europe. Cette vie de colonisateurs amena des individus, ayant l'esprit développé par la civilisation européenne, dans des situations faisant de la femme légale absolue de l’homme, en leur faisant sentir qu'ils avaient

(1) Bryce: The american commonwealth, 3e éd., 1895, I, pag. 131. l

Comparer Tocqueville : « Aux Etats-Unis, on ne loue guère les femmes, mais on montre chaque jour qu’on les estime ». La démocratie en Amérique, 3e éd., IV, pag. 401.

également besoin l’un de l’autre, pour sortir victorieux de la lutte pour la vie. Et pour le développement ultérieur de l'Amérique, cette indépendance de la femme a été de la plus grande importance (1).

Quant à l'Europe, la question deviendra donc, si les progrès de la civilisation forceront les hommes de voir dans leurs femmes des auxiliaires placés sur un pied d’égalité, la lutte avec les besoins de la vie exigeant qu'on se soutienne mutuellement, qu'on travaille en commun pour les mêmes buts. Cette lutte peut être ou la lutte brutale pour subvenir aux besoins élémentaires de la vie, ou cette lutte plus subtile pour satisfaire aux exigences cultivées de sa vie intérieure et à l'éducation des enfants, demandant de l'éducateur une connaissance parfaite de la vie, dans laquelle plus tard les enfants doivent entrer.

Mais aussi pour la vie personnelle réciproque des époux, abstraction faite de leurs mutuels intérêts économiques et de leur communauté dans l'éducation des enfants, il serait d'une grande importance si l'épouse acquérait son influence d'une manière détournée, par ses charmes, par sa tendrésse, ou si elle la devait au sentiment de l’homme qu’elle est essentiellement son égale. Si ce sentiment ne se peut former, alors seulement l’unité de la famille se trouvera compromise, par la cessation du droit du mari de faire valoirsa volonté. L'influence indirecte ne peut satisfaire. « Ni dans la famille ni dans l'Etat, dit Mill, Le pouvoir n'est une compensation de la hberté » (2). Et comme l'influence que la femme s’est ac-

(1) Comparer Tocqueville : La démocralie en Amérique, IV, pag. 104. Bryce : The american commonwealth,, W, pag. 743. (2) Mill : L’assupettissement des femmes.

quise par des chemins détournés, généralement se montre avantageuse pour l'époux, pour la famille et pour la vie commune, il esttout à fait déraisonnable de demander qu’elle ne puisse s’acquérir que par ces chemins détournés. Une conviction certaine et fondée sur l’expérence que l'influence de l'épouse est fructueuse, n’est pas autre chose qu'une déclaration de l’égalité de son intelligence ; etsicette persuasion s'impose, 1l serait dangereux de forcer l'épouse à n'exercer son influence que par des chemins détournés. Ce serait dangereux parce que ce serait absurde, en ce qu'une influence exercée de cette manière n'a pas de justes limites ; elle ne peut en avoir que lorsqu'elle est une influence acquise par des raisons et non par la séduction (1). Chez l'épouse, la conscience de pouvoir acquérir, par des moyens secrets, une influence qu’on ne lui concède pas ouvertement, doit provoquer un mépris plus ou moins conscient de celui qu'elle amène de cette manière à faire sa volonté. Au contraire, celui qui persuade un autre par ses raisons ne ressentira Jamais du mépris pour lui, mais concevra plutôt une plus grande confiance dans la force de son Jugement et dans l’impartialité de son esprit. Une telle égalité légitimeauraaussigénéralementsurle caractère des époux cette influence fructueuse qu'exerce toujours l’estime des autres, tandis que la situation actuelle encourage l'égoïsme de l’homme, en lui inculquant l'adoration de sa propre volonté, et encourage l’insociabilité de la femme, en lui dérobant toute règle précise pour juger si ses désirs passent les limites du raisonnable et du possible. « [n’est pas au pouvoir d’un législateur quelconque, dit P. Gide, de paralyser et de supprimer chez aucun

(1) Mill: L'assujettissement des femmes.

homme son activité naturelle, pas plus qu'il n’est en son pouvoir de changer la nature humaine : ce que le législateur peut faire, c'est de transformer une activité licite

et utile, en une activité illicite et nuisible, et c’est ce

qu'il fait chaque fois qu'il déclare incapable d'agir celui qui en est capable par nature. Par là 1l ne supprime pas l’activité sociale de l’incapable, 1l la pervertit (1) ».

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