‹ La famille dans les différentes sociétésChapitre 33 sur 41 · RP · texte numérisé non relu

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ne lui vienne pas à l'idée d'agir autrement. Mais si l'enfant désobéit et qu'il faille le contraindre d’une manière

quelconque, il faut prendre garde de laisser l'élément

de punition que renferme toujours une telle contrainte être motivé par sa désobéissance. Ce n'est pas parce : qu'il a désobéi à ses parents que l'enfant a péché, mais parce qu'il s’est écarté des habitudes du foyer en étant désordonné, taquin, menteur, ete. Du reste, la manière dont les parents doivent s’y prendre pour élever leurs enfants rentre dans le ressort de la pédagogie et est étrangère à la science de la morale dont le rôle est d'évaluer le but de l'éducation. Le moraliste veut savoir si les prétentions du foyer d’être regardé comme le centre d'éducation sont fondées, c'est-à-dire si, véritablement regardé comme foyer, 1l est plus à même que tout autre de résoudre les problèmes de l'éducation.

En plus des habitudes naturelles qu’il crée, le A a encore l’avantage d’être une unité dans les intérêts. De la même manière que les destinées de l'époux et de l’épouse sont plus intimement liées que même celles des meilleurs amis, et que pour cette raison la vie commune entre eux est beaucoup plus personnelle et plus franchement libre, de la même manière le foyer et les parents sont plus intimement attachés à l’enfant, que même les maitres les plus capables et les plus dévoués ne peuvent l'être à leurs élèves dans une maison d'éducation.

C'est pourquoi la confiance, l'intimité et la franchise réciproque peuvent davantage prospérer dans le foyer, et on y doit chercher une des causes les plus importantes pouvant rendre les habitudes du foyer efficaces. L'honneur du foyer est celui de l'enfant, et l'honneur de l'enfant est celui du foyer. Le foyer n’est pas seulement,

à la différence d'une maison d'éducation, une partie de la vie véritable, mais aussi une partie de la propre vie de l'enfant. C’est pourquoi un foyer dans lequel l’homme ne règne plus perd facilement son influence ‘éducatrice ; bien des criminels sont sortis de foyers. où l’un des parents permettait ce que l’autre défendait ; dans un tel foyer on n'acquiert aucune idée juste des. règles de la vie, l'inégalité d'humeur et l’égoiïsme le plus arbitraire s'y développent à leur aise.

Enfin le foyer a ce grand avantage pédagogique sur une maison d'éducation, qu'il se trouve bien plus à même d'individualiser l'éducation des enfants, non seulement parce que les foyers forment un grand nombre de centres différents d’où émane une multitude de croyances et d'habitudes dont profite la société ; l’influence individualisatrice du foyer est encore plus remarquable dans son propre sein, en ce que chaque enfant peut y être élevé selon sa personnalité. Dans une institution on enfreint facilement l'impartialité objective, lorsque l'on a trop d'égards pour un seul élève en particulier. Il est là très difficile de respecter assez la différence importante qui existe entre les natures qui ne mürissent que lentement et celles qui se développent vite. Dans le foyer un développement plus lent peut avoir lieu, sans que l'enfant se sente humilié et comme arrêté, en voyant quil ne peut faire des progrès plus rapides. La patience exigée par toute éducation, et qui demande que jamais l’on n'oublie que le but n'est pas que le développement de l'enfant soit achevé aujourd'hui ou demain, mais qu'un jour l’adulte soit brave et habile, — cette patience naît plus facilement de l'amour des parents que des intérêts pédagogiques d'un maitre.

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