SUR
Si nous n’étions bien convaincus que ce n’est plus à une impyissante apologétique qu’il faut demander des preuves de la vérité du Christianisme, capables de persuader et de convertir l’incrédule , nous dirions qu'aucune preuve plus convaincante, qu'aucun témoignage plus irrécusable ne peuvent lui être offerts que le miracle rapporté dans ce chapitre. La manière seule dont il est raconté par saint Jean, tous ces minutieux détails dans lesquels un témoin oculaire seul peut entrer , en établissent d’une manière irréfragable la crédibilité. En lisant ce chapitre avec calme, avec attention, on se sent pénétré d’une persuasion aussi entraînante, aussi certaine que pouvaient l’avoir ceux qui avaient vu de leurs veux Lazare sortant de son tombeau. Or, s’il est établi que Jésus a opéré ce miracle, que d’inévitables conséquences vont se presser en foule et nous pousser irrésistiblement à la conclusion de Nicodème : « Maïtre, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire les miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui; » en d’autres termes, on reconnaîtra sans hésiter la divinité de la mission de Jésus-Christ, et l’on se soumettra sans réserve à ses enseignemens.
Mais non, l’expérience a prouvé combien ce mode de persuasion est impuissant pour la conversion des ames; l’intelligence peut être convaincue ; il peut ne rester plus aucune objection raisonnable contre la vérité historique d’un fait; mais, tant que la Parole d’un Dieu juste ne s’est point attaquée à la conscience, le cœur n’est point changé : il n’y a ni conversion ni vie. Encore, cette conviction de l’intelligence est-elle la supposition la plus favorable que l’on puisse faire ; car il ne faut pas oublier , comme l’observe avec raison le docteur Tholuck (ir loco), il ne faut pas oublier que celui dont l’ame ne sait pas s’élever au-dessus des lois du monde visible , et reconnaître l’existence d’un ordre de choses supérieur, n’ajoutera pas davantage foi au récit d’un miracle qui porte toutes les preuves de crédibilité, qu’il ne croirait le miracle , même s’il eût été opéré sous ses yeux. Dès qu’un homme a entièrement perdu ce sens qui nous fait apercevoir les rapports qui existent entre un monde supérieur et notre univers; dès qu’il tient pour incroyable tout phénomène dont il ne peut pas se rendre compte par ses notions de causalité , les faits ne disent plus rien à son esprit, ils ne peuvent en changer la direction, ils ne peuvent le convaincre; et, plutôt que d'admettre la réalité de ce dont il ne peut pas se rendre compte, il aura recours à mille probabilités , peut-être même à des suppositions absurdes , pour s’expliquer ce que l’on n’explique pas : témoins les Pharisiens , qui finirent par attribuer au démon les œuvres dans lesquelles ils ne voulaient pas voir la main de Dieu , et où , pourtant , ils étaient forcés de reconnaître une puissance étrangère aux lois de la nature. Mais si un tel homme est doué d’un jugement trop solide pour pouvoir se réfugier ainsi dans l’absurde, il attendra plutôt quelque nouvelle lumière, quelque nouvelle explication; il s’abstiendra plutôt de toute réflexion sur un fait qu’il ne veut pas croire. Et tandis que, dans le domaine de l’histoire profane, il tiendrait pour un sceptique insensé tout homme qui n’a-
jouterait pas foi aux faits attestés par les témoignages simples et faciles que l’on requiert ordinairement , il ne craint pas de douter obstinément, dès qu’il faudrait admettre une influence supérieure aux notions pragmatiques de la raison humaine : c’est là une déclaration formelle qu’il ze veut pas croire. Qu’on ne s’y trompe donc pas ; c’est le cœur qui croit quand il est conduit à la foi par la conscience. L'esprit arrive ensuite à une facile persuasion. Au contraire, le cœur est rarement amené à la foi par l'intelligence. Il y a même une foi de l'intelligence, qui n’est pas plus la foi que réclame la parole de Dieu , qu’un cadavre n’est un homme : c’est ce que nous appelons une morte orthodoxie. ( Voir les remarques sur le v. 46 de ce chap., Médit. XI.)
VF. 1. Plusieurs circonstances portent à croire que Lazare était plus jeune que ses deux sœurs , dont Marthe était l’aînée. Ils sont nommés dans cet ordre au v. 5. Quelques commentateurs ont conclu de ces mots : De Béthanie, du village de Marie et de Marthe, (dans le premier cas &xo, dans le second £: ) que le village appartenait à la famille de Lazare. C’est contre toute probabilité. Marie, quoiqu’elle fût la plus jeune des sœurs , est ici nomanée la première, peut-être à cause de la supériorité de son caractère; elle était plus connue des discipies, voir v. 45.
F. 2. Saint Jean ajoute ces paroles par anticipation, en appelant à un fait qu’il ne rapporte qu’au ch. XIT, 1-8. Il veut dès l’abord faire connaître la piété de Marie, et empêcher qu’on ne la confonde avec les autres femmes du même nom dont il est fait mention dans l'Evangile. La même action de Marie est encore rapportée Matth. XX VI, G, et Marc XIV, 3, avec quelques légères divergences de lieu et de chronologie , assez faciles à expliquer. Mais il ne faut pas confondre, avec cette action, celle que rapporte Luc, ch. VII, 36. Ici c’est une femme #4 nv duaproncs: pé-
cheresse où de mauvaise vie ; tandis que le caractére de Marie, sœur de Lazare, reçoit de l’histoire évangélique un tout autre caractère. Plusieurs autres circonstances du récit de saint Luc, surtout la chronologie, sont entièrement différentes.
V7, 3. Les sœurs de Lazare savaient où était Jésus; leur première pensée est d’envoyer vers lui. Comme Béthanie n’était éloignée que d’une journée de chemin de l’endroit de la Pérée, où Jésus s’était retiré , à cause des persécutions des Juifs , elles pouvaient espérer d’avoir promptement son SECOUTS 5 ov wie, celut que tu aimes, est plus modeste, observe Bengel, que si elles eussent dit : Celui qui l'aime, où ton ami, (V. 11.)
V. 4. Renferme la réponse de Jésus aux messagers des sœurs de Lazare. Ces paroles : Cette maladie n'est point à la mort, présente quelqse difficulté; moos 6dvaroy à la mort, est employé adverb., et a la même signification que 6uvaoiuos , mortel. Mais comment Jésus peut-il dire que cette maladie ne sera pas mortelle ? Lazare mourut, et probablement il était déjà mort quand Jésus prononçait ces mots. Lücke, après. quelques suppositions, admet sans scrupule que Jésus croyait réellement que Lazare ne mourrait pas, et que lors même que la maladie serait mortelle, elle tournerait encore à la gloire de Dieu. On ne peut pas facilement , en effet, se débarrasser de cette seconde partie de la réponse de Jésus en admettant qu’il se soit trompé ; c’est pourquoi Gabler, coupant le nœud gordien, au lieu de le délier, nous dit que ces mots : mais pour la gloire de Dieu, sont ajoutés par saint Jean, et non contenus daus la réponse de Jésus. Mais ces mots prouvent que « Celui qui savait ce qui était dans l’homme , » n’ignorait point quelle serait l’issue de la maladie de Lazare. Que l’on compare l'entretien de Jésus avec ses disciples v. 11—14, et que l’on
doute encore ; si l’on peut , que Jésus suût ce qui se passait à Béthanie. Je sais bien qu’on a supposé qu’entre la réponse de Jésus et cet entretien sur la mort de Lazare, le Sauveur pouvait avoir reçu un second message de Béthanie, et qu’il avait ainsi appris la mort de son ami. Mais une supposition n’est pas un fait, et rien n’est plus improbable que cette supposition; car saint Jean, qui rapporte tous les plus minutieux détails de notre histoire, aurait-il passé sous silence ce second message des sœurs de Lazare, s’il avait eu lieu en effet ? D’autres ont supposé que la maladie de Lazare pouvait n'être pas considérée comme mortelle au moment où Jésus parlait, mais qu’elle le devint depuis. Outre la fausseté historique d’une telle idée, quel jésuitisme ! Nous voyons évidemment que Jésus s'élève ici au-dessus de la maladie , de la mort, du sépulcre d’où il ramènerait Lazare plein de vie, et que l’issue de toute cette épreuve ne serait point & la mort, mais pour la gloire de Dieu. Bengel me parait avoir exposé d’un motla pensée de Jésus : Cette maladie n'est point mpos Odvaro, ad mortem, dit-il, qu sorores fratrem amitterent, une mort par laquelle les sœurs dussent perdre leur frère. Que si l’on demande pourquoi : Jésus fit une réponse si obscure, on en peut trouver la raison , comme le font Calvin et Tholuck, dans l'intention que Jésus avait de rester encore deux jours au lieu où il était, et par égard, soit pour ses disciples , dont il voulait ainsi adoucir lPinquiétude et prévenir les pensées qu’ils pourraient avoir sur leur Maître, le voyant abandonner Lazare à son danger , soit pour les sœurs de Lazare dont il voulait exercer la foi pendant leur épreuve. Plus tard, ül dit à Marthe: « Ton frère ressuscitera ! » ici il ne lui parle que de la gloire de Dieu. Afin que le Fils de Dieu soit glorifié n’est pas seulement, comme le pensent Lücke et Tholuck, explicatif de la première phrase : pour la gloire de Dieu; mais bien pour y ajouter cette importante vérité, que la gloire de Dieu est inséparable de Lx gloire du
Fils de Dieu: « Gloria Dei et gloria Fil Dei, una gloria. » Bengel.
V.. 5 peut avoir rapport à ce qui précède ou à ce qui suit. Dans ma méditation sur ce sujet j’ai préféré le dernier cas. Saint Jean veut qu’on ne puisse douter de l’amour de Jésus , bien qu’il se dispose à rester encore deux jours au lieu où il était. Calvin comprenait ainsi ce verset. Tholuck, à cause de la tournure de la phrase, préfère le rapporter à ce qui précède. Dans ce cas, l’Evangéliste voudrait faire sentir qu'il y avait dans la réponse obscure de Jésus un dessein de bienveillance envers la famille qu’il aimait.
V7, 6. Lücke ne peut concevoir que le retard de Jésus fût volontaire. Il pense que le Sauveur, occupé peut-être à la guérison spirituelle des ames, plus importante à ses veux que la maladie corporelle de Lazare, ne voulut point encore quitter la Pérée. Sans doute que Celui qui employait avec tant de fidélité « les douze heures du jour, » (2. 0.) ne resta pas oisif pendant ces deux jours d’attente. Mais il faut avoir bien peu étudié les voies de Dieu envers ses enfans pour chercher ici d’autres motifs que celui d’éprouver la foi des deux sœurs, et de faire voir au monde la plus grande manifestation de puissance divine que Jésus ait encore déployée. Il agit ici comme le fait souvent notre Père céleste qui n’envoie son secours qu’au moment de la plus grande détresse, comme lexprime si bien Calvin dans ces belles paroles : « Rogatus, sæpe auxilium suum differt, vel ut orandi ardorem magis acuat, vel ut palientiam nostram exerceat siunulque assuefaciat ad obsequium..… Nam utcunque cesset , nunquan tamen dormit > nec SUOIUNt obliviscitur, »
PF, 7. ’Emerra era rodro forme ici un gracieux pléonasme ; puis, après tout cela : on dirait que saint Jean est heureux
de montrer enfin son Maître partant pour Béthanie et allant au secours de ses amis affligés.
PV. 8. Les disciples craignent encore pour leur Maitre et pour eux-mêmes la haine meurtrière des Juifs. Le mot vw, maintenant, signifie ici comme souvent dans les auteurs classiques : i/y a peu de temps , comme portent nos traductions françaises.
F. 9, 10. Chrysostôme a donné de ces paroles deux explications qui ont été alternativement adoptées par plusieurs exégètes, tant anciens que modernes. Il voit dans la réponse de Jésus, 1° la déclaration que celui qui marche dans. la voie du devoir, et qui aïnsi agit avec une conscience pure, n’a rien à craindre des hommes ; ou bien, 2° que celui qui marche à la lumière du jour, ouvertement, ne bronche point et n’a encore rien à craindre ( cette lumière étant alors l'emblème de la lumière divine à laquelle il marche ). Jésus lui-même se nomme /a lumière du monde. Augustin, Bède, Erasme, ont suivi la première explication ; Calvin a préféré la dernière : « F’ocatio Dei instar lucis diurnæ est quæ nos ümpingere non patitur. Quisquis ergo Dei verbo obtemperat ,.…. illum quoque habet à Cœlo ducem ac directorem. » Mais ni l’une ni l’autre de ces explications ne rend compte de ces mots : W°’y a-t-il pas douze heures au jour? Ceci a donné lieu à une troisième interprétation qui se trouve déjà indiquée par Apollinaris, et que Lücke a suivie exclusivement. Il voit dans les douze heures du jour une image du temps prescrit de notre vie, qu’il faut employer avec fidélité; et cela est en harmonie avec le ch. IX , v. 4. Alors a lumière du monde serait ici, sans figure, Le soleil, parce que les Juifs comptaient la du- rée du jour, 12 heures , du soleil levant au soleil couchant. Le réformateur Bucer a adopté cette explication. On ne peut douter que cette pensée de la brièveté de la vie ne soit
dominante dans la réponse de Jésus à ses disciples. Mais, évidemment, cette explication ne renferme pas toute la réponse. En disant : « Celui qui marche la nuit bronche, parce qu'il n’y a point de lumière en lui,» Jésus spiritualise ce qu'il a dit de la lumière. Car alors même qu’on pourrait admettre avec Lücke que ev air, est mis pour un simple datif ar y Et QUE Éort ey dr signifie er, quel serait le sens de ce dernier verset? « Celui qui marche la nuit, :c’està-dire après que le temps de sa vie est passé, bronche, parce qu’il n’a pas de lumière en Zur !» Il faut donc, tout en admettant comme prééminente la troisième interprétation, y joindre l’une des deux premières, et nous préférons celle de la lumière spirituelle. « N’y a-t-il pas douze heures au jour, pendant JTE il nous faut accomplir l’œuvre qui nous est donnée à faire ? Hâtons-nous ! car la nuit vient pendant laquelle nul ne peut travailler, et soyons sans crainte, car en marchant à la lumière de l'Esprit de Dieu, en consultant sa volonté et sa parole, nous ne broncherons jamais. » Quelques-uns ne veulent pas spiritualiser /& lumière, et ont rapporté e abro à xcouos, monde, du verset précédent : « Celui qui marche dans les ténèbres bronche , parce qu’il n’y a point de lumière au monde. » Cette relation, trop éloignée, est contraire à la construction grammaticale et ne répond pas à notre objection. Enfin, pour qu’il ne manquät rien àdla diversité d’opinions sur ce passage, quelques-uns ont cru que Jésus voulait simplement expliquer à ses disciples pourquoi il allait en Judée en plein jour et non pas de nuit.
V. 11—13. « Notre ami dort. » Cette douce image du sommeil pour la mort se trouve souvent. dans. la Bible, I Corinth. XV , 20.1 Thessal. IV , 13. ’Efunwteuw, réveiller pour ressusciter, se trouve dans Job XIV, 12, trad. des LXX. Les disciples, qui prennent à la lettre cette parole de Jésus , eu concluent que Lazare est mieux, parce
qu’en effet, dans un grand nombre de maladies, le som: meil est un symptôme rassurant. Ils veulent ensuite en tirer la conclusion que Jésus ne doit pas aller en Judée, s’exposer inutilement à la haine des Juifs. Chrysostôme avait déjà fait cette juste observation. Ceux qui ont conclu, de cette image du sommeil, pour la mort, que les ames dorment en attendant la résurrection, l’ont plus mal comprise encore que les disciples.
V. 14, 15. Jésus explique ragénois librement, ouvertement, sa pensée mal comprise. Iva miorsvonre, afin que vous croyiez, est une parenthèse, et il faut lier yupo avec or. Croire, ici signifie être affermi dans la foi, ainsi que l’observe Euthumius, en ajoutant #Aeuv ; car les disciples avaient déjà cru, dans un certain degré , lors du premier miracle de Jésus à Cana , ch. IE, tr. siorx et miorevew, la foi, croire, n’a pas, dans le style de saint Jean, le sens absolu que Paul donne presque toujours à ces mots; mais bien un
sens relatif , de confiance et de foi en Jésus, comme au Messie promis.
V”, 16. Les disciples n’ayant pu dissuader Jésus d’aller en Judée , malgré tous les dangers , Thomas, qui lui est trop attaché pour s’en séparer, doutant de la toute-puissance de son Maitre pour protéger les siens, s’écrie, avec douleur : «Eh bien ! allons-yaussi, afin que nous mourrions avec lui !» Ainsi expliquent Chrysostôme , Calvin, Lücke, Tholuck. Le dernier observe qu’il y a une entière harmonie entre ce trait du caractère de Thomas, et la manière dont saint Jean nous l’a peint au ch. XX de son Evangile. Les commentateurs anglais, Scott et Henry, voient ces paroles sous un jour différent. Le premier trouve en Thomas «le langage d’une cordiale affection et d’un certain degré de foi, accom- pagné d’une grande ignorance de la puissance du Sauveur et de la faiblesse et de la ruse de son propre cœur ;» le dernier n'y voit qu'un courage héroïque par lequel Thomas
veut animer ses condisciples. Mer atrov, avec lui, doit-il s'entendre avec Lazare ou avec Jésus ? Avec Jésus , sans aucun doute. Ainsi le pensent Bengel, Eücke, Scott, Calvin. Cedernier verrait dans les paroles de Thomas une ironie, s’il fallait croire qu’il veut diré avec Lazare : Ac si dictum essel : quid proderit illüc ventre ? nisi forte non possumus aliter amicorum officio defungi nisi ut mortem simul appetamus Î « C’est comme s’il disait : À quoi bon aller là ? à moins que nous ne puissions remplir le devoir d'amis qu'en allant chercher la mort ! » «Cela n’est point naturel, dit Scott; car quel rapport y a-t-il entre la mort de Lazare et celle des apôtres ? »
V. 17. Pour qu’à l’arrivée de Jésus à Béthanie Lazare füt déjà depuis quatre jours dans son tombeau , il fallait qu'il fût mort le jour même où ses sœurs avaient envoyé à Jésus. Il y avait une journée de distance, ce qui prit un jour aux messagers , un jour de marche à Jésus , et deux jours qu’il était resté dans la Pérée, font les'quatre jours de notre historien. Chez les Juifs du temps de Jésus , on enterrait les morts dès qu’ils avaient expiré ; Act. V, 6, 10.0n ne gardait point un mort dans la maison pendant la nuit. (Jahn, Archéologie, part. 2, p. 427 )’Eyew est souvent employé pour étre. Ch. V, 5.
V. 18, 19. L’'Evangéliste remarque ici la proximité de Jérusalem pour expliquer comment tant de Juifs avaient pu venir de cette ville pour consoler les sœurs de Lazare. Quinze stades, à peu près une demi-lieue. Plusieurs Juifs étaient venus, mpos Tac mapt Mapbay xat Mapa, VETS celles qui étaient autour de Marthe et de Marie; ces mots ne sont point un pléonasme ni une variante , mais prouvent que les sœurs de Lazare n’étaient pas seules pendant la maladie de leur frère; elles avaient des amies ou des parentes aux-
quelles ( me% +4) se joignirent les Juifs. C’est ainsi qu’on lit, Act. XIIT, 13 : où ep liaÿlou, pour : ceux qui étaient avec Paul. Quant aux cérémonies d’enterrement et aux devoirs des consolateurs ( dont j'ai fait mention dans la méditation sur ce sujet) voir Jahn, Bibl, Archéol. part. 1.vol. 2, ( 233, et T. H. Æorne , Introduction to the critical study of the holy scriptures, 5° Ed, p. 502.
PV. 20— 922. Marthe révèle ici le même caractère, la même vivacité d’impressions et d'action, que nous lui connaissons d’après l’Evangéliste Luc , ch. X, v. 40. Marie , au contraire , reste encore à la maison , soit à cause de sa trop grande douleur, soit, ce qui est encore plus probable, parce qu’elle n’était pas instruite de l’arrivée de Jésus ; car nous voyons (v. 28, 29) que Marthe la lui apprend et qu’elle se hâte d’aller au-devant de lui. Marthe se trouve plus de foi en la présence de Jésus qu'il n’y en avait dans ses premières paroles : «Scintillam fidei in his verbis latentem excitat ipse» (Jesus). Bengel. « Il excite l’étincelle de foi qu’il y avait encore dans ces paroles. » En sorte qu’elle peut ajouter : 4x xat y méme maintenant , je sais, etc. Quelques-uns voient dans ces paroles un résultat de la promesse obscure de Jésus, v. 4, en sorte qu’elle espérait voir encore son frère rappelé à la vie, et cela d’autant plus qu’elle n’ignorait pas que Jésus avait ressuscité le fils de la veuve de Naïn et la fille de Jaïrus.
V7. 23, 24. Cependant, la réponse de Jésus étant vaoue : Ton frère ressuscitera , Marthe paraît retomber ici dans la défiance, comme elle le fait v. 39; car elle ne voit plus rien de possible que la résurrection au dernier jour. C’est ainsi que Tholuck et Lüucke exposent ces versets , et leur exégèse parait naturelle.