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tion de ses frères absents, à la tendresse de Felicilla qui semblait devoir lui survivre. La veille de sa mort, se réveillant comme d’un léger sommeil: « Où êtes-vous, dit-elle, Ô mes parents bien-aimés? — Nous voici près de toi, fille chérie, répondit Curione; que souhaïites-tu de nous? — Rien, dit-elle, si ce n’est de vous voir, de vous entendre encore!... Priez Dieu qu'il nous préserve du mal. Je ne cesse de le prier pour vous, de vous recommander à son amour!» Ce furent ses dernières paroles. Le 21 août 1564, succombant, malgré sa jeunesse, à la violence du mal, elle tomba dans une profonde léthargie, avant de s'endormir du dernier sommeil.
La plus jeune des filles de Curione n'était déjà plus, quand Celia, ignorant ce nouveau deuil, ferma les yeux à la lumière. Surprise par la maladie au chevet de sa sœur, Felicilla mourut le quatrième jour (17 août), à peine âgée de seize ans, après avoir montré dans sa courte agonie une présence d'esprit, un détachement de la terre, une sérénité admirables. Elle priait constamment, et ses regards levés en haut révélaient la source où elle puisait une force, une abnégation au-dessus de son âge. Sans regret
de la vie, elle vit approcher la mort avec une pieuse allégresse. Angela lui était apparue en songe, rayonnante de jeunesse et de beauté; un sourire céleste éclairait son visage. «Viens, à ma sœur! disait-eile, dans le séjour de la lumière où je t'ai précédée. Là-haut tout est gloire, paix, félicité, tandis que sur la terre on ne connaît que les larmes! ... Viens où Jésus-Christ tappelle! >! Une amie de Felicilla étant venue la visiter, et l’exhortant à prendre courage dans l'espoir de sa guérison prochaine : «Non, dit-elle, je ne souhaite pas être guérie. Il ne peut rien m'arriver de plus heureux que de rejoindre Angela!...» Ce vœu de fraternelle piété fut exaucé le même jour: à huit heures du soir, Felicilla expira paisiblement dans les bras de sa mère.
« Ainsi, dit l’auteur de la pieuse relation qui nous à constamment guidé dans ce récit, nous perdimes à la fois tout ce qui nous était cher, et trois filles parées de tous les dons de la jeunesse, de l'esprit et de la piété, trois filles nobles et pures, déjà parvenues à cet âge où nous com-
1 «Angelam sororem sibi apparuisse specie decoram atque hilarem, hortatamque esse ut libenter discederet etc. »