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que vous ne sachiez déjà, et de ma fortune qui ne consiste guère que dans le nombre de mes enfants?... Par une grâce singulière du Christ, je suis aidé dans les soins qu'ils réclament, par celle qui leur donna le jour, par une épouse fidèle, la compagne de toutes mes épreuves. Je remplis de mon mieux l'office de professeur, aux gages de soixante florins, qui suffisent à peine à la location d’une maison et à l’achat du bois nécessaire pour le ménage. Croyez-moi, notre existence ici n’est rien moins que facile, et ma santé laisse fort à désirer. C’est un aveu que je dépose dans le cœur d’un frère. Gardez-nous toujours votre affection. » !
Malgré cette gêne domestique dont il eut toujours plus ou moins à souffrir, Curione appréciait le séjour de Bâle, et ne songeait point à s’en éloigner. Une seule fois, durant vingt-deux ans, l'harmonie qui régnait entre le docte réfugié et les magistrats de la ville parut altérée. L’occasion de ce désaccord fut la publication d’un livre
1 «Crede mihi, in magnis rei familiaris angustiis versamur. Ego perpetuo valetudinarius. Hæc tibi quasi fratri.» Curio J. Sturmio, Cal. Julii 1550. Msc. du séminaire protestant de Strasbourg.