TS ACTE
de Parthenay, dont les conseils font fleurir les lettres dans cette auguste famille! Ne puis-je pas enfin, Ô Morato, citer votre propre fille, cette Olympia, qui, passionnée pour la même gloire, parcourt d’une manière si brillante, avec Anne et ses jeunes compagnes, la carrière des lettres ?» ! Les conclusions de Curione ne diffèrent pas ici de celles de plusieurs de ses contemporains les plus distingués, Calcagnini, Bartolomeo Ricci, Sadolet. Le cardinal Vivès demande qu’on enseigne aux femmes le latin et le grec; il veut qu’elles lisent Platon, Cicéron, Sénèque et les Pères. ? Si ce privilége ne peut être que la part du petit nombre, n'est-il pas permis de regretter que l’exception soit plus rare de nos jours qu’au seizième siècle ?
Tels étaient les principes appliqués par Curione à l'éducation, des enfants qui composaient sa
1 «Quod de pueris dico, idem quoque puellas attingit. .. Puellas tamen a litteris et doctrinis non arcemus, quippe quæ plerumque magis habiles ad eas sequendas quam mares sint
. etc.» Æpistola de liberis pie christianeque ceducandis, PRES NTS 2
2? Ch. Schmidt, Za vie et Les travaux de Fean Sturm,
belle et nombreuse famille. Ils étaient au nombre de huit : trois fils, nés en Italie, Horace, Augustin, Léon, qui devaient déployer les plus rares talents dans l'étude de la médecine, du droit et des lettres, mais dont le dernier seul survécut à son père; et cinq filles, dont la seconde, Dorothée, âgée de quelques mois lors du départ de ses parents pour la Suisse, était demeurée à Lucques, où elle était élevée par les soins de deux matrones, aussi pieuses que charitables, qui l’aimaient comme leur enfant. L’unique consolation du père séparé de sa fille par la modicité de sa fortune et le malheur des temps qui lui interdisait jusqu’à l'espérance de la revoir, était d’en recevoir quelques fois des nouvelles par l’intermédiaire des amis qui la visitaient de loin en loin dans sa retraite. De ce nombre était Aonio Paleario, le poète religieux, l’humaniste éloquent, nourri du génie des anciens, dont il devait égaler les plus belles morts par la grandeur de son martyre.
Durant son séjour comme professeur à Lucques, Paleario avait fait peindre Dorothée, alors âgée de dix ans, et il transmettait ce portrait à son ami, en y joignant une lettre dans laquelle