‹ La famille de Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 39 sur 46 · PREUVES DU CHAPITRE III · texte numérisé non relu

PREUVES DU CHAPITRE III

Extrait de V ancien registre d’Arras intitulé : le Livre aux Borgeois, à la date 1482 .

En l’année mil.iii)c.iiijxx.ij furent eschevins :

Jehan de Beaumont,

Estienne Remichel,

Jehan du Lis, etc.

Et plus loin :

...Jehan du Lis, aussy eschevin, receu bourgeois gratis sans finance, le xxx octobre m.iiijc.iiijxx.iij...

(. Archives de M. de MaleissyeJ

Les Tardieu de Maleissye.

Charles du Lys, ayant été, sans nul doute, le dernier descendant mâle et direct des frères de la Pucelle, qui ait vécu, a été par cela même chef de la famille du Lys depuis la mort de ses cousins de la branche aînée jusqu’à la sienne propre. Ce titre, il l’a dignement porté, et par ses savantes études en â ravivé l’éclat. Le second enregistrement entériné en la Cour des aides, ne permet pas de douter qu’il l’ait légalement possédé par suite de l’extinction de tous les mâles de son nom. Ainsi, avant de terminer sa carrière, il avait réuni en sa personne, comme dernier mâle survivant, les droits de toutes les branches, et était devenu par là le représentant de la branche aînée.

MM. de Maleissye étant les héritiers directs et les seuls descendants de Charles du Lys, doivent à cette circons-

PREUVES GÉNÉALOGIQUES. 2l3

tance une situation particulièrement importante dans la famille. A ce titre nous leur devons une mention spéciale.

La maison de Tardieu de Maleissye, d’ancienne chevalerie, est originaire du Rouergue; elle s’établit plus tard en Normandie et à Paris. Dans les Preuves de Malte faites en 1625 pour François-Ignace de Tardieu, tué l’année suivante dans un combat naval contre les Turcs, il est dit par les parrains de ce jeune chevalier, le duc de Bellegarde, le duc d’Epernon et le maréchal d’Espinay- Saint-Luc : « que sa famille est noble de tout temps et ancienneté et qu’il est d’une des meilleures maisons qui soient ».

Jacques de Maleissye, qui entra dans la famille du Lys par son mariage avec Anne de Barentin, était le petit-fils de cette marquise de Maleissye, choisie par la reine, en 1604, comme gouvernante des enfants de France, « pour ses rares vertus », et qui fut activement mêlée au mariage de Henriette de France avec Charles Ier. (Lestoile, Til Hères.) De la génération suivante était cet illustre Henry de Maleissye, gouverneur de Pignerol et des marches d’Italie, qui, dit le Pipre de la Neuville, parvint, par ses grands services, à la dignité de lieutenant-général lors de la création de ce grade, fit ériger son gouvernement en^gouvernement de province, et en l’honneur duquel G. Dupré, par ordre du roi, frappa une de ses plus belles médailles.

La famille de Maleissye compte six officiers-généraux, un chevalier des ordres du roi, un commandeur de Saint- Louis, quatre capitaines aux gardes, deux ambassadeurs, etc. Elle n’a pas cessé de tenir un rang très-distingué dans la haute noblesse française.

Le marquis Jacques de Maleissye, en s’alliant à Anne de Barentin, contractait du reste une alliance digne de lui. Les Barentin sont une des plus anciennes et des plus illustres familles de Picardie. Ils comptent un premier président au grand conseil et un chancelier de France. Une des sœurs d’Achille de Barentin, Marguerite, avait

LA FAMILLE DE JEANNE d’aRC.

épousé en premières noces le marquis de Souvré de Courtenvaux, dont une fille, Anne de Souvré, fut mariée en 1662 au grand ministre de Louis XIV, le marquis de Louvois. Louvois eut deux tilles, les duchesses de la Rochefoucauld et de Villeroy; son fils Barbezieux également deux filles, les duchesses de Montmorency-Chatillon et d’Harcourt. La petite-fille de Charles du Lys se trouvait donc tante de quatre ducs et pairs.

Lettre de Peiresc à Charles du Lys .

Cette lettre a une grande importance, car elle prouve que Ch. du Lys possédait les plus précieux souvenirs relatifs à Jeanne d’Arc, ses lettres, des tapisseries qui la représentaient, et une médaille frappée en son honneur. Elle indique également l’origine des manuscrits Peiresc, qui sont à Carpentras, et indiqués par Vallet de Viriville ; ces manuscrits ne sont que les copies des originaux possédés par Charles du Lys, et aujourd’hui par ses petits-fils, les Tardieu de Maleissye.

Monsieur,

Enfin je vous envoyé votre papier et vous demande mille pardons de ce que je le vous ay trop longtemps gardé; si votre courtoisie incomparable ne m’eut osté l’appréhension de pouvoir faillir en votre endroit, je n’en eusse pas abusé de la sorte. Il n’est presque point de si grand bien qui ne soit suivi de quelque inconvénient. — Au surplus — j’ay appris que le cardinal duc de Bar mourut la veille de la Saint-Jean en Vannée 1430. De sorte que ce ne fut que plus de huict ou neuf moys après le sacre. On m’en a remis l’épitaphe tout au long. — Monsieur de la Verrière, auditeur des comptes, vous ira voir et observer la tapisserie, et faire la médaille de la Pucelîe. Faictes-lui, je vous supplie, bon accueil. — * Mr Ântin s’y en ira aussy, et si je ne parts bien topt, je vous les mèneray tous deux. Si je suis conctrainct de partir, je vous supplie d’avoir le soing de n'envoyer ladite pièce de tapisserie à Mr Ghapellain et de le prier qu’il ne la laisse confondre parmv les

PREUVES GÉNÉALOGIQUES

autres, afin que si on avait besoin de la revoir, on la puisse facilement trouver. — Je vous renvoyé aussi votre livre de Hordal — et demeure,

Monsieur,

Votre très-humble serviteur,

Page 1