‹ La famille de Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 41 sur 46 · ARBRE DE LIGNE ET GÉNÉALOGIE · texte numérisé non relu

ARBRE DE LIGNE ET GÉNÉALOGIE

servant d’avertissement que met et baille Pardevant Vous, Monseigneur de Barillon Morangis, Chevalier, Conseiller du Roy en ses Conseils d’État et prive', Me des Requêtes ordinaire de son Hôtel, Intendant de la Justice, Police et Finances en la généralité' de Metz, Luxembourg et frontières de Champagne,

Et Messieurs les Commissaires \ Juges souverains en cette partie , en exécution de l’Arrêt du Conseil d’État du Roy , du vingt-sept janvier dernier.

Christophe-Louis le Liépvre, Écuyer, Avocat en Parlement, l’un des descendants de Pierre d’Arc, surnommé le Chevalier du Lys , frère puîné de la Pucelle d’Orléans,

Demandeur.

Contre M. le Procureur du Roy en la Commission, Défendeur.

Lettres patentes et d’anoblissement données par Charles VII au profit de toute la famille des d’Arc, et de tous ses descendants, tant en ligne masculine que féminine, en considération des grands services rendus à la France par Jeanne d’Arc, dite la Pucelle d’Orléans.

Arrêt du Conseil d’Etat du Roy du 19 may 1670, obtenu par Claude-François de Gratas, escuyer, seigneur de St-Jullien, justificatif des filiations et descentes desdits Pierre d’Arc, Hawy du Lys, Jean Hordal, Marie, Epvrard, Estienne et Sebastien Hordal.

Transaction passée à Toul le 2 aoust 1 Ç79, entre lesdits Estienne et Sebastien Hordal , Marie et Epvrard Hordal, ayeul et bisayeul desdits demandeurs, et Claude François de Gratas, tous qualifiés frères et sœurs et enfants dudit Jean Hordal, et Alix sa femme ; cette transaction est énoncée dans ledit arrêt avec toutes les pièces produites par ledit de Gratas, pour justifier les descentes et filiations dudit Epvrard Hordal, frère de ladite Marie, bisayeule du demandeur.

Testament de Marie Hordal du 18 mars iJ7ï, signé Mongin, notaire de Toul, par lequel elle institue ses enfants, et entre autres Mengeotte Guillot, sa fille, pour ses héritiers, et nomme pour ses exécuteurs testamentaires Didier Guillot son marit, et Estienne Hordal, doyen de Toul, son frère.

Contract de mariage de ladite Mengeotte Guillot, qualifiée fille de Didier Guillot, et assistée dudit Estienne Hordal, doyen de Toul, son oncle, avec Louis le Liépvre, l’un des juges et magistrats de la ville de Toul, du 24 octobre 1588. Signé Caillier, notaire à Toul.

Testament et codicile dudit Estienne Hordal, par lesquels il fait différentes dispositions au profit des enfants dudit Louis le Liépvre qu’il qualifie son neveux dès 18 avril 1612 et 15 septembre 1615; ce qui establit incontestablement avec ledit contract de mariage la vérité delà filiation de ladite Mengeotte, car dès là que ledit Estienne Hordal la qualifie sa nièce, et qu’il conste par ladite transaction de 1575, qu’il estoit frère de ladite Marie, il est d’une conséquence naturelle qu’elle soit mère de ladite Mengeotte Guillot.

Extrait baptistaire de Jean le Liépvre, fils de Louis le Liépvre et de damoiselle Mengeotte Guillot, du 7 novembre 1595.

Contract de mariage dudit Jean le Liépvre, fils de Louis le Liépvre, l*un des juges et magistrat de la ville de Toul, avec damoiselle Magdeleine Magnan, du 13 janvier 1644.

Extrait baptistaire de Christophe Louis le Liépvre, fils de Jean le Liépvre et de damoiselle Magdeleine Magnan, du 10 aoust 1646.

Contract de mariage dudit Christophe Louis le Liépvre, advocat en Parlement, qualifié fils de Noble Jean le Liépvre, ancien maître échevin de Toul, et de damoiselle Magdeleine Magnan, ses père et mère, du 18 aoust 1669.

Jacques d’Arc et Isabelle de Romée, sa femme, ont eu :

Jacquemin d’ Arc, Jean d’Arc, Jeanne d’Arc, dite la Pucelle d’Orléans, et Pierre d’Arc, appelé le chevalier du Lys, du mariage duquel avec damoiselle Jeanne de Prouville sortit :

Hawy du Lys , mariée à Estienne Hordal , gentil-homme champenois, qui eut d’elle :

Jean Hordal, qui contracta mariage avec damoiselle Alix, et j dudit mariage sont issus : |

Marie Hordal , ma- Estienne Hordal , Evrard Hordal, mariée à Didier Guil- doyen de la cathé- rié à Claudon

lot, maître éche- drale de Toul, et Fremy, qui eu-

vin de S.-Epvre,

et de leur ma- prêtre, riage est sortie :

Mengeotte Guillot, qui épousa Louis le Liépvre, l’un des magistrats de la ville de Toul, et de laquelle il eut cinq enfants : Estienne le Liépvre, chanoine en l’église cathédrale de Toul et archidiacre de Ligny; Marie le Liépvre, décédée sans enfants; Claudine le Liépvre, religieuse au couvent de la congrégation de Notre-Dame de S.-Mihiel ; Jeanne le Liépvre, mariée à maître Odam, ancien maître échevin de la ville de Toul, et

Jean le Liépvre, maître échevin de Toul, qui, de sa part et de damoiselle Magdelaine Magnan, sa femme, eut plusieurs enfants, et entre autres jj

Ledit Christophle- Louis le Liépvre, écuyer, avocat au Parlement, demandeur.

Hordal, rent :

Sébastienne Hordal, qui épousa Claude Gratas, et eurent:

Claude-François de Gratas, seigneur de S. -Jullien, maintenu en sa qualité de noble et d’écuyer, par Arrêt du conseil d’Etat contradictoirement obtenu contre Jacques Duret, commis à la recherche des faux nobles en la généralité de Champagne.

La question de droit étant jugée par l’arrêt du conseil, et celle du fait s’établissant par les pièces produites en l’instance, par lesquelles le demandeur s’est lié audit Claude-François de Gratas, son cousin au 4e degré et a justifié que lesdits Jean Hordal et Alix, sa femme, sont leurs trisayeuls et bisayeuls, il n’estime pas, sauf la révérence de la Chambre, que sa noblesse luy puisse être valablement contestée par M. le Procureur du Roy.

Monsieur MON SE NOT , Rapporteur.

PREUVES GÉNÉALOGIQUES

ANTOINE BARILLON DE MORANGIS, Chevalier, Conseiller du Roy en ses Conseils d’Estat et privé, Maistre des Requestes ordinaire de son hostel, Intendant de Justice, Police et Finances en la Généralité de Metz, Luxembourg et frontière de Champagne, Juge souverain en cette partie, en exécution de l’Arrest du Conseil d’Estat de Sa Majesté, du 27 janvier 1674.

Vue la requeste signée Regnier, procureur au Parlement de Metz, présentée par Christophe-Louys Le Liepvre , escuyer, Advocat en Parlement, demeurant à Toul, le 5 mai dernier, ensemble que pour les causes y contenues, il fut maintenu et gardé en la jouissance et possession des titres, qualitez, rang, séance, honneurs et préemi-* nences, privilèges, authoritez, libertez, exceptions, fran^ chises, immunitez et autres droits dont jouissent les autres gentilshommes du royaume, avec défenses à toutes personnes de l’y troubler, à peine de mille livresd’amande, dommages, interests et dépens, à l’effet de quoy il serait inscrit dans l’estât et catalogue des gentilshômes de cette généralité, lesdits requeste et inventaire de production deuë** ment signifiez au sieur Liegeault, procureur du Roy en la commission, parexploitde Jacques Chardin, huissier audit parlement de Metz, dudit jour, 24 septembre dernier, et par lesquels, ensemble par son arbre de ligne et généalogie, il auroit articulé estre originaire de Domrémy en Lorraine, et descendu de Jeanne Darc et Isabelle de Rome, sa femme, qui eurent pour enfans, Jacquemin Darc, Jean Darc, Jeanne Darc, dite la Pucelle d'Orléans , et Pierre Darc, appellé le chevalier du Lys , duquel avec damoi selle Jeanne de Prou ville, sortit Havix du Lys, mariée à Estienne Hordal, gentilhomme champenois, qui eût pour fils Jean Hordal, qui contracta mariage avec damoiselle Alix, et dudit mariage sont issus Estienne Hordal, doyen de la cathédrale de Toul 'Sébastien Hordal, prestre, Epvrard Hordal et Marie Hordal, mariée à Didier Guillot, maistre eschevin de Saint-Epvre, et de leur mariage

23o LA FAMILLE DE JEANNE d’aRC.

sortit Mcngeotte Guillot, qui espousa Louys le Liepvre, l’un des magistrats de ladite ville de Toul, de laquelle il eût cinq enfans, Estienne le Liepvre, chanoine en l’église cathédrale de Toul et archidiacre de Ligny, Marie le Liepvre, décédée sans enfans, Claudine le Liepvre, religieuse au couvent de la congrégation de Notre-Dame de Saint-Mihiel, Jeanne le Liepvre, mariée à maistre Odam, ancien maistre eschevin de la ville de Toul, et Jean le Liepvre, maistre eschevin de Toul, qui de sa part, et de damoiselle Magdelaine Magnan, sa femme, eurent plusieurs enfans, et entre autres Christophe-Louys le Liepvre, escuyer, advocat en Parlement, demandeur, pour preuve et vérification desquels faits et degrez de filiation, descente, extraction et noblesse, il a rapporté sur les premier, deux, trois, quatre et cinquième degrez desdits Jacques et Pierre Darc, Havix du Lys, Jean et Marie Hordal, lettres patentes d’annoblissement données par Charles septième d’heureuse mémoire à Jeanne Darc, dite la Pucelle d’Orléans , Jacques Darc et Isabelle de Rome, ses père et mère, Jacquemin, Jean et Pierre Darc, appellé le chevalier du Lys , frères de ladite Pucelle, ensemble à toute leur lignée et postérité tant en ligne masculine qu’en féminine, née et à naistre en légitime mariage, en considération des grands et signalez services qu’elle avoit rendu à la France au mois de décembre 1429, vérifiées le 26 janvier suivant. Autres lettres de confirmation d’Henry second du mois d’octobre 1550, vérifiées en la Chambre des Comptes à Paris le dernier avril 1551. Autres lettres dudit feu roy Henry second du 2 juillet 1556, confirmatives des susdites lettres et privilèges de noblesse, registrées en la cour des aydes de Normandie le 1 } décembre 1608. Transaction passée à Toul le 2 aousti575 entre lesdits Estienne et Sébastien Hordal, Epvrard et Marie Hordal, bisayeule du demandeur, qualifiez frères et sœur, et enfans de Jean Hordal et de damoiselle Alix. Contract de mariage d’ Havix du Lys, qualifiée fille de Pierre Darc dit le chevalier du Lys et de

PREUVES GÉNÉALOGIQUES

damoiselle Jeanne de Prouville, ses père et mère, avec Estienne Hordal, gentilhomme champenois, du 4 juillet 1467. Arrest du conseil d’Estat du Roy du 19 may 1670, obtenu par Claude-François de Gratas, seigneur de St- Julien, contradictoirement avec Jacques Duret, commis à la recherche des faux nobles en la généralité de Champagne sur les susdits degrez de filiation et noblesse, comme estant fils de Claude de Gratas et de damoiselle Sébastienne Hordal, qui estoit fille d 'Epvrard Hordal, fils desdits Jean Hordal et damoiselle A lix, sa femme, par lequel arrest il est maintenu en sa qualité de noble et d’escuyer, les pièces mentionnées en iceluy, et produites par ledit de Gratas, justificatives des filiations et descentes desdits Pierre d’Arc, Havix du Lys, Jean, Estienne, Sébastien, Marie et Epvrard Hordal, ayeul et bisayeule desdits Christophe-Louys le Liepvre et Claude-François de Gratas, cousins au troisième et quatrièmes degrez. Sur le sixième degrez de Mengeotte Guillot, testament de ladite Marie Hordal, bisayeule du ‘demandeur, du 18 mars 1575, signé Mengin, notaire à Toul, par lequel elle institue ses enfans, et entre autres Mengeotte Guillot, sa fille, pour ses héritiers, et nomme pour ses exécuteurs testamentaires Didier Guillot, son marit, et Estienne Hordal, doyen de Toul, son frère; contract de mariage de ladite Mengeotte Guillot, qualifiée fille de Didier Guillot, assistée dudit Estienne Hordal, doyen de Toul, son oncle, avec Louys le Ltepvre, l’un des juges et magistrats de Toul, du 24 octobre 1588, signé Caillier, notaire à Toul. Testament et codicile dudit Estienne Hordal, par lesquels il fait différentes dispositions au profit des enfans dudit Louys le Liepvre, qu’il qualifie son neveu à cause de ladite Mengeotte Guillot, sa nièce, fille de ladite Marie Hordal, sa sœur, du 18 avril 1612 et 15 septembre 1615. Sur le septième degré de Jean le Liepvre : extrait baptistaire dudit Jean le Liepvre, fils de Louys le Liepvre, l’un des juges et magistrats de la ville de Toul et de damoiselle Mengeotte Guillot, du 5 no-

vembre 1595, signé Marcellis, curé de la paroisse de Saint-Jean du cloistre de ladite ville de Toul; contract de mariage dudict Jean le Liepvre, fils dudit Louys le Lif.pvre, qualifié comme dessus, avec damoi selle Magdelaine Magnan du 13 janvier 1644. Sur le huitième et dernier degré, dudit Chrislophe-Louys le Liepvre : extraict baptistaire du demandeur, fils de Jean le Liepvre et de damoiselle Magdelaine Magnan du 10 aoust 1646, signé comme dessus Marcellis* contract de mariage d’iceluy, où il est qualifié advocat en Parlement, et fils de noble Jean le Liepvre, ancien maistre eschevin de ladite ville de Toul, et de damoiselle Magdelaine Magnan, ses père et mère, avec damoiselle Catherine-Françoise Laurent, du 18 aoust 1669. Signé Masson. Contredits dudit sieur Liegeault, procureur du Roy, contre lesdites requeste et production, signifier audit Regnier, procureur du demandeur, par exploit de maistre François Asse, premier huissier audit Parlement de Metz, du 29 dudit mois de septembre dernier. Requeste employée pour salvations par le demandeur contre lesdits contredits, signifiée audit sieur Liegeault par exploit dudit Asse, dudit jour. Les articles sept et dixième des édits servans de règlement des exempts des tailles, des mois de juin et janvier 1614 et 1654, portans que les filles et femmes descendantes des frères de ladite Pucelle d’Orléans n’annobliront plus leurs marits à l’advenir. Conclusions du procureur du Roy. Oüy le rapport du sieur Monsenot par nous à ce commis. Tout considéré, Nous, par jugement souverain et en dernier ressort, assisté de graduez au nombre de l’ordonnance, ordonnons que ledit Christopke-Louys le Liepvre, ensemble ses enfans, postérité et lignée, née et à naître en légitime mariage, jouiront de tous les privilèges, franchises, immunitez, exemptions, rang, honneurs, libertez, authoritez, voix délibérative, prérogatives, prééminences et autres droits dont jouissent les autres gentilshommes du royaume, faisons défenses à toutes personnes de les y troubler tant et si longtemps

PREUVES GÉNÉALOGIQUES

qu’ils vivront noblement, et ne feront acte dérogeant à noblesse, à peine de 500 livres d’amende, dommages-intérests et despens. Ordonnons que ledit Christophe-Louys le Liepvre sera à cet effet inscrit dans l’estât et catalogue des gentilshommes de ce département. Fait à Metz, le 23 octobre 1674. Signé en fin de Cabazac, secrétaire de l’intendance de la généralité de Metz.

L’an mil six cens soixante et quatorze, le trentième octobre, fut le présent jugement souverain signifié, et d’iceluy baillé copie à monsieur Liegeault, procureur du Roy en la commission en son domicile, en parlant à sa personne, lequel sieur Liegeault a fait réponse qu’il n’empêchait pas que le présent jugement fût enregistré où besoin sera, et a signé avec moy, premier huissier en la cour de Parlement de Metz soubsigné. Signé Liegeault et Asse, avec paraphe.

Extrait des Registres de la Cour des Aydes en Normandie .

(< Coppie d’arrest de la Cour des Aydes de Normandie , donnée en faveur de quelques parens issus des frères et sœurs de la Pucelle d’Orléans, du 13 janvier 1608.)

Sur la requeste présentée par Me Thomas de Troismonts, conseiller au siège présidial de Caen, et Charlotte Ribault, sa femme, prétendant estre issue et descendue du lingnage de Jaenne d’Ay, autrement dicte la Pucelle d’Orléans, tendante à ce qu’il pleust à la Cour veoir les lettres en forme de déclaration du Roy, donnez à Paris le premier jour d’aoust dernier, et, suivant icelles, maintenir ledict Troismonts et sadicte femme en possession du privilège de noblesse octroyée à ladicte d’Ay, et procéder à la vérification pure et simple d’icelles lettres. Veu par la Cour ladicte requeste, lettres dudict premier jour d’aoust dernier, par lesquelles, et pour les considérations y contenues, estoit mandé à ladicte Cour que, le procureur

234 LA FAMILLE DE JEANNE d’aRC.

général de Sa Majesté appellé, s’il luy apparoissoit des lettres de chartes concédez à ladicte Jaenne d’Ay, donnez à Muun au mois de décembre mil quatre cents vingt neuf, veriffiées en la Chambre des Comptes le saizième de janvier au mesme an, par lesquelles le feu roy Charles septième, pour certaines grandes et justes considérations, à plain mentionnez ausdictes lettres, auroit anobly ladicte Jaenne d’Ay, Jacques d’Ay, son père, Ysabeau, sa femme, mère de ladicte Pucelle, Jacquemin et Jean d’Ay et Pierre Poerelo, frère d’icelle Pucelle; ensemblement tout leur lignage et postérité en ligne masculine et féminine, nais et à naistre, et que Robert Le Fournier, baron de Tournebu, et Lucas du Chemin, sieur du Feron, son nepveu, pour eux et leurs parents issus de ladicte race, eussent obtenu lettres de confirmation du feu roy Henry deuxième, du mois d’octobre xvc cinquante, vérifiiez en la Chambre des Comptes, à Paris, le dernier d’apvril xvc cinquante et ung, au moien et ensuitte desquelles ledict Fournier et du Chemin, son nepveu, et leursdicts parents issus de ladicte race, tant en lingne féminine que masculine, auroient tousjours paisiblement jouy et usé de privilège de noblesse, conformément ausdictes lettres, ainsi que font encor de présent lesdicts impétrants, comme estant ladicte Charlotte Ribault, issue et descendue de Jaenne Le Fournier, son aïeulle, sœur dudict Robert Le Fournier, mariée en première nopce à Lucas du Chemin, sieur du Feron, dont seroit sorty ledict Lucas du Chemin, nepveu dudict baron de Tournebu, et, du depuis, auroit esté ladicte Jaenne Le Fournier, mariée à Me Estienne Patry, en son vivant conseiller en la Court de Parlement de Rouen; duquel mariage, entr’autres enfants, seroit sorty Claude Patry, vivant conseiller audict siège présidial de Caen, et Magdelaine Patry, sa sœur, mariée à Jean Ribault, sieur du Mesnil Saint-Joye; duquel mariage seroit sorty ladicte Charlotte Ribault, femme du sieur de Troismonts; ladicte Cour eust à faire jouir et user lesdicts impétrants dudict privilège de noblesse en la mesme forme

PREUVES GÉNÉALOGIQUES

et manière que leurs prédécesseurs, et eux en ont cy-devant bien et deuement jouy et usé, jouissent et usent encor de présent, comme plus au long lesdictes lettres le contiennent; lesdictes lettres de chartre expédiées en langue latinne, concédez à ladicte Jaenne d’Ay, donnez audict Muun, au mois de décembre mil quatre centz vingt neuf, signez, sur le replis : par le Roy, Lévesque de Sées, ledict sieur de la Trémouille et de Thrèves, et autres présents, Mallière et séellez en lacs de soye rouge et verte du grand sceau de Sa Majesté en cire verte, et sur ledict reply l’expédition et vérification d’icelles en ladicte Chambre des Comptes, dudict saizième janvier audit an mil quatre cents vingt neuf, avec autre vérification de ladicte chartre par le général des finances de Languedoil et Languedoc, le vingt-sixième dudict mois de janvier et an; lesdictes lettres de confirmation obtenues par ledict baron deTournebu et Lucas du Chemin, donnez à Rouen, au mois d’octobre en Tan xvc cinquante, signez, sur le reply : par le Roy, Mahieul,et seellez en lacs de soye rouge et verte du grand sceau de Sa Majesté; par semblable expédition en la Chambre des Comptes, le deuxième d’apvril xvc cinquante et ung; coppies collationnées d’autres lettres patentes et déclarations dudict roy Henry deuxième, donnez à Amboise, le vingt-sixième mars xvc cinquantecinq, contenant que lesdicts privilèges de noblesse de ladicte d’Ay ne s’estendront qu’à ceux qui porteront le nom de d’Ay, et non à ceux qui seroient issus et descendus des femmes de ladicte lingnée; autres lettres patentes dudict seigneur, donnez à Fontainebleau, le deuxième juillet xvc cinquante-six, obtenues par ledict Robert Le Fournier, baron de Tournebu, et Charles Le Fournier, sieur du Bois Hurqoi, son frère, contenant confirmation dudict privilège concédez à ladicte d’Ay et ses parents et toute leur postérité, tant masculine que féminine, naiz et à naistre en loial mariage, nonobstant les dessus dictes lettres et déclarations donnez à Amboise ledict vingt-sixième mars xvc cinquante-cinq. Veu aussy la généalogie, fil i a—

LA FAMILLE DE JEANNE d’aRC.

tion et descente de ladicte Charlotte Ribault, femme dudict Troismonts, ayant par icelle monstréque Jacques Le Fournier, escuyer, espousa damoiselle Marie de Villebresme, yssue de ladicte lignée; que dudict mariage sont descendus lesdicts Robert et Charles Le Fournier, frères de ladicte Jaenne Le Fournier, leur sœur, laquelle Jaenne fut mariée en première nopces à Lucas du Chemin, sieur du Feron, dont seroit yssu Me Lucas du Chemin, conseiller au siège présidial de Costentin, nepveu desdicts Le Fournier, et d’icelluy Me Lucas sont aussy issus Jean et Nicollas du Chemin; et, en seconde nopces, ladicte Jaenne mariée à Gilles Godart, dont n’est résulté aucuns enfants; et, en troisième et dernière nopces, remariée audit Me Estienne Patry, conseiller audict Parlement, duquel mariage sont descendus, entre autres enfants, ledit Me Claude Patrix, conseiller au siège présidial de Caen, et Magdalaine Patrix, sa sœur aisnée; icelle Magdalaine mariée audict Jean Ribault, sieur du Mesnil, vivant recepveur général des décimes au diocèse de Bayeux; que de ce mariage est sortie ladicte Charlotte Ribault, femme dudict impétrant. Pour la justification de laquelle filiation et descente de ce, sont aidez et faict production de plusieurs contracts, actes et escriptures cy après déclarez, assçavoir : du traicté de mariage d’entre ledict Lucas du Chemin et ladicte Jaenne Le Fournier, damoiselle, fille dudict Jacques Le Fournier, dabté du dix-huitième de juillet xvc dix-sept; d’autre traicté de mariage d’entre ledict Me Estienne Patrix, conseiller audict Parlement, et ladicte Jaenne Le Fournier, lors vefve dudict Godart et précédemment dudict du Chemin, et fille dudict Jacques Le Fournier et de ladicte damoiselle Marie de Villebresme, du vingt-deuxième de janvier xvc vingt-trois; contracts passez pardevant les tabellions de Rouen, le neufième de febvrier xvc trente-six, contenant constitution de cent cinquante livres de rente par ledict Robert Le Fournier, baron de Tournebu, vers ledict Patrix, son frère en loy; autre contract passé devant les tabellions de

PREUVES GÉNÉALOGIQUES. 23y

Gournay, le pénultième de décembre xvc quarante-trois, contenant la donnation faicte par ledict Me Estienne Patrix et ladicte Fournier, sa femme, à Barbe Patrix, leur fille, religieuse au monastère de Sl-Aubin lez Gournay; acte de tutelle de Me Claude Patrix, filz dudict Me Estienne Patrix, auquel Me Henry Patry, son frère, et ladicte Jaenne Le Fournier, sa mère, avoient esté baillez pour tuteurs avec ledict Jean Ribault, sieur du Mesnil, son frère en loy, passé devant la viconté de Rouen, le dernier de décembre xvc quarante-trois; autre traicté de mariage d’entre Robert Garin et Anne Patrix, fille dudict Me Estienne et de ladicte Le Fournier, passé devant les tabellions de Rouen, le dixhuictième de mars xvc cinquante; accord passé devant les tabellions de Caen entre ledict Me Claude Patrix et lesdicts Jean et Nicollas du Chemin, enfans et héritiers dudict Lucas, touchant la succession de ladicte damoiselle Jaenne Le Fournier, leur ayeulle, dabté du unzième de mars xvciiijXixij ; du traicté de mariage d’entre ledict Ribault, sieur du Mesnil, et ladicte Magdalaine Patrix, fille aisnée dudict Me Estienne et de ladicte Fournier, du dix septième may xvc quarante quatre; quatre quittances dudict Ribault, du dernier de febvrier xvc quarante cinq, par laquelle ilavoit recogneu luy avoir esté baillé par ledict Me Estienne Patrix, son beau père, soixante livres de rente à prendre sur le sieur de Cormeilles en payement de dot de ladicte femme; autre contract passé devant les tabellions de Rouen, le cinquième de febvrier xvc lxiij, faisant mention du racquêct desdictes soixante livres de rentes; coppie collationnée de l’acte de tutelle des enfants dudict Ribault, sieur du Mesnil, passée au tabellionnage de Rouen, le quatorzième janvier xvc soixante et dixsept, auquel acte ladicte Charlotte Ribault, fille dudict Ribault, et où ladicte Patry, femme dudict Troismonts, est desnommée; le traicté de mariage d’entre ledict de Troismonts et ladicte Charlotte Ribault, du douzième de febvrier xvc iiij^viiij, recongneu au siège présidial de Caen, les dix septième de may et

dix septième de juillet xvc iiijxxxiij; cayer de coppies collationnées, ausquelz sont incérez plusieurs pièces et escriptures, entre autres le jugement ou arrest des commissaires depputez en la ville de Paris sur le faictdes francs fiefs et nouveaux acquetz pour les ressorts des Parlements de Paris et Rouen, donné audict Paris, en la Chambre du Trésor, le traizième d’aoust xvc lj, par lequel ledict Me Lucas du Chemin, sieur du Feron, du consentement du procureur du roy en ladicte commission, avoit esté deschargé de la taxe desdicts francs fiefs et, comme noble, envoyé exemp, sans servir, sans donner et payer finances; autre jugement desdicts commissaires, du vingt neufième juillet xvcliij, contenant semblable descharge; le plédoyé tant du procureur générai du Roy en ladicte Cour de Parlement de Rouen, à ce spéciallement député, prenant la cause pour procureur général en ladicte Cour des Aydes, inthimé en appellation et demandeur en requeste civille allencontre dudict du Chemin, appellantde la taxe de deux mil livres à laquelle il avoit esté cottisé pour lesdicts francs fiefs, que dudict du Chemin, et l’arrest des commissaires depputez pour juger en souverain et dernier ressort sur le faict desdicts francs fiefs et nouveaux acquetz, donné à Rouen, le dernier de juin xvc lv, intervenu sur ledict plaidoyé, par lequel arrest, avant que procéder au jugement diffinitif de l’appellation dudict du Chemin, avoit esté ordonné que par le Sr de Dragueville, Me des requestes, l’un desdicts commissaires, seroient faicts entendre au Conseil privé de Sadicte Majesté les jugements et arrests obtenus par ledict du Chemin et autres poincts et articles résultant du procez, suivant les mémoires qui en seroient dressez; déclaration du roy Charles neufième, donné à la Rochelle, le quinzième de septembre audict an soixante cinq, par laquelle, veu lettre de confirmation dudict privilège, arrestz obtenus par ledict du Chemin, oy le rapport dudict Sr de Dragueville, ensemble le dire et plédoyé dudict procureur général ; avoit esté ordonné que lesdicts jugements et arrestz

PREUVES GÉNÉALOGIQUES. 23g

obtenus par ledict du Chemin sortiroient leur plain et entier effect; autre arrest diffinitif desdicts commissaires, donné à Rouen, en conséquence desdictes lettres, le vingt septième de décembre ensuivant, par lequel, sans avoir esgard au soustien dudict procureur général, l’appellation dudict du Chemin est ce dont estoit appelle avoit esté mis au néant, et, en réformant, ledict du Chemin déclaré exempt de la contribution desdits francs fiefs, et ordonné que ladicte taxe de deux mil livres seroit distraicte du roolle; autre jugement d’autres commissaires depputez pour lesdits francs fiefs, donné à Rouen le dix neufième d’aoust xvc lxvj, par lequel Jean et Nicollas du Chemin, enfants et héritiers dudict Me Lucas, avoient esté aussy déclarez deschargez de la taxe desdicts francs fiefs; arrest de ladicte Cour, du trentième d’octobre xvjc iiij, donné sur la vérification des lettres patentes du Roy obtenues par Me Charles Baillard, Sr de Flamez, comme estant issu de la lignée de ladicte Pucelle, et autres pièces joinctes auzdictes lettres dudict premier d’aoust dernier, soubz le contreseel de la Chancellerie de France; la conclusion du procureur général du Roy, du neufième de ce présent mois de décembre; et tout considéré, la Cour a ordonné et ordonne que lesdictes lettres de confirmation et déclaration dudict premier jour d’aoust dernier, emsemble ladicte chartre et autres lettres de confirmation ensuivie sur icelle, seront registrez ès registres de ladicte Cour, pour en jouir par ladicte Ribault et les descendantz d’elle suivant leur forme et teneur, sauf audict procureur général à faire telles remonstrances à Sa Majesté, sur la conséquence desdictes lettres, qu’il advisera bon estre. Faict en ladicte Cour des Aydes, à Rouen, le traizième jour de janvier xvjc huict. Signé : de Planes, un paraphe, et accosté est escript : collationné; etc

{Papiers de famille des Le Liepvre, dans les archives de M. de Marin, à Met\ .)

24O LA FAMILLE DE JEANNE ü’aRC.

Lettre de Henry IV.

Henry, par la grâce de Dieu , roy de France et de Navarre,

A nos amés et féaux les gens tenant notre Cour des Aydes en Normandie : notre cher et bien amé Charles Baillard, escuier, sieur des Flammetz, Nous a fait dire et remontrer qu’il est issu de la race de Jehanne Day, dite la Pucelle d’Orléans, à laquelle et à sa postérité née et à naître tant du costé masculin que féminin, le feu roy Charles septième, d’heureuse mémoire, accorda ce privillége qu’elle et sa postérité de tout sexe passent nobles pour la singulière assistance et admirable valleur qu’elle avoit monstrée au bien de son service et de ceste couronne, dont luy furent expédiées lettres au mois de décembre mil quatre cent vingt-neuf, qui ont été vérifiées et confirmées depuys par les Roys nos prédécesseurs. Et d’icelle ont les parents dudit exposant jouy et usé plainement et paisiblement, Mesmes, les commissaires envoyés pour la recherche des nouveaux acquêts francs fiefs et régallement de nos tailles les ont laissé en avoir jouissance. Toutefois, ledit exposant craint qu’à cause qu'il n’a eu aulcune confirmation dudict privillége de Nous, quelques siens ennemis le veuillent troubler en la jouissance de sadicte noblesse. C’est pourquoy il a eu recours à Nous pour avoir nos lettres nécessaires, humblement requérant icelles.

A ces causes, désirant luy subvenir en cest endroit de conserver surtout les récompenses faictes pour actes si généreulx qui sont ceux de ladicte Jeanne Day, dicte la Pucelle d’Orléans, afin que les couraiges de nos subjects soient d’autant plus animés à bien faire quand l’occasion s’en présentera, Nous vous mandons faire expressément, enjoignons par ces présentes que s’il vous appert que le dict exposant soit de la race de la dicte Pucelle d’Orléans, qu’à elle et aux siens le privillége de noblesse aye esté donné et confirmé par nos prédécesseurs, que d’icelle luy

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et ses aultres parents ayent jouy et jouissent encore à présent que le dict Baillard n’ayt faict acte dérogeant à la dicte noblesse, ou d’autres choses raisonnables autant que suffise doibve, Vous au subdict cas ayez à maintenir ledict exposant en la jouissance dudit tiltre et privillége de noblesse, comme il en a bien et deuement jouy et usé, jouit et use encore à présent.

De ce faire, nous donnons plein pouvoir, puissance, auctorité et mandement spécial, nonobstant toute chose contraire que ne voulons luy nuyre ni préjudicier ny aux siens. Car tel est nostre plaisir. Donné à Paris, le dernier jour de juillet, l’an de grâce mil six cent trois et de notre règne le quatorzième.

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