ÉLISE, ADÈLE
adèle, regardant du côté où est sorti Eugène.
Je ne me suis pas trompée, Elise, M. Eugène était avec toi....
élise, hésitant.
Oui, ma sœur.
ADÈLE
Et mon approche l'a fait fuir?
ÉLISE
Oh! ce n'est pas étonnant... tu sais qu'il est si sauvage, si timide...
adèle, l'observant.
Pas tant peut-être que tu le crois... Il m'a semblé qu'il était à tes genoux.
élise, troublée.
Oh ciel ! tu aurais vu...
ADÈLE
Oui, ma bonne Élise; ne me cache rien, je t'en supplie... Il y va de ton bonheur... T'aurait-il parlé d'amour?
élise, confuse.
Eh bien ! je te l'avoue., je viens d'entendre enfin cet aveu que j'espérais en secret ; et si tu savais combien j'en suis heureuse...
ADÈLE
Quoi ! tu l'aimerais?...
ÉLISE
Mais , je crois qu'oui. . .
ADÈLE
Qu'entends-je î. . . Ah ! pauvre sœur ! que je te plains !
ÉLISE
Comment ?
ADÈLE , â elle-même.
Si jeune ! et déjà si perfide , si trompeur !
ÉLISE
Que veux-tu dire ?
ADÈLE
Que monsieur Eugène est l'homme le plus fourbe 7 le plus faux. . .
ÉLISE
Grand Dieu !
adèle , plus bas.
Tandis qu'il te jurait de n'adorer que loi , iî en écrivait autant à une autre. ( Lui donnant la lettre. ) Lis plutôt toimême. [Pendant qu'Elise lit.) Je t'afflige , ma bonne sœur. .. mais je dois te sauver. Je n'ai rien dit à monsieur Brémont , comme tu le penses bien , et je regardais cette épître comme une étourderie qu'il fallait pardonner. . . mais il est évident maintenant que ce jeune homme est un séducteur de profession , et il faut le faire congédier aujourd'hui même.
élise , après avoir lu.
Je n'en reviens pas !. . .
ADÈLE
Avec cet air candide , ingénu !. . . fiez-vous donc aux apparences !. . Chercher à séduire les deux sœurs à la fois !... Je ne m'étonne plus de la colère de son oncle. . . et moi , qui la blâmais!. . . qui taxais monsieur Gaillardin de sévérité !. . . J'espère que tu vas l'oublier ce jeune homme ?
élise , pleurant presque.
Oui , tu as raison , ma chère Adèle. . . il faut qu'il s'éloigne, qu'il ne reparaisse plusici... Te faire une déclaration!.. A moi, encore passe. . . mais s'adresser à toi , quand il sait que tu vas te marier !. . . voilà ce qui rend sa conduite impardonnable , et ce que je n'oublîrai de ma vie. Ma bonne sœur , oui , je le sens. . . maintenant, je le déteste. . . rien que par amitié pour toi.
ADÈLE
Silence ! le voici avec son oncle !. . .
élise , à part.
Contraignons-nous et cachons bien mon chagrin!