SCÈNE XV
Les Mêmes , GAILLARDIN , EUGÈNE.
GAILLARDIN , ttVÔC joie .
Victoire, Mesdemoiselles... mon éloquence l'emporte , enfin. {A son neveu,) Quand je te disais que j'étais certain de réussir. ( Aux dames. ) Tout est convenu. . . l'ami Brémont se rend. . . et consent au mariage de sa chère Elise avec mon neveu.
élise et adèle , étonnées.
Comment, Monsieur?. . .
gaillabdin , s' essuyant le front.
J'ai eu du mal.... mais il a fini par sentir les avantages qu'il trouvait lui-même dans cette alliance. Il exige seulement que le mariage se fasse sur-le-champ; et, comme je ne craignais aucune opposition de votre part, ma chère petite nièce, j'ai promis...
EUGÈNE
Mon oncle !...
GAILLARDIN.
Eh ! bien, quoi ?... Je puis bien l'appeler ma petite nièce, puisque tu viens de me dire que tu étais sûr d'être aiuié...
élise 9 offensée.
Comment?
EUGÈNE
Mais, mon oncle, prenez donc garde.., élise, à part.
Quelle audace !
adele, confondue.
Quoi! Monsieur Gaillanlin , vous aussi?... Après ce que vous m'avez dit ce matin... après votre juste courroux.....
CAILLARDIN, SOUrîcint.
Ah! oui, charmante Adèle, cela doit vous étonner;. ... mais on vous expliquera cela. C'est un changement de position usité parmi les grands politiques .... une nouvelle combinaison.
adele, à part.
C'est affreux! l'oncle est aussi perverti que le neveu.
gaillardin, voulant prendre la main d'Elise.
Allons, voilà qui est décidé... Donnez-moi votre main , ma jolie nièce, mon petit ange.
élise, froidement, et la retirant.
Je suis fâchée , Monsieur, qu'on vous ait entraîné dans une fausse démarche... J'ignore ce qui a pu faire penser à Monsieur votre neveu que je le préférais à tout autre... mais, je ne me marierai jamais.
EUGÈNE
Qti'enlends-jë ?
GAILLARDIN.
En voici bien d'une autre!.. Qu'est-ce que tu es donc venu me dire , toi ?
EUGÈNE
Quoi ! mademoiselle. . . quand vous m'aviez flatté?. .
élise , de même.
Je ne doute pas , Monsieur , que vous ne soyiez trèspiompt à interpréter en votre faveur les circonstances les plus insignifiantes. . . mais je vous exhorte à vous défier de votre jugement. . . En pareil cas. . . et, d'après tout ce que j'ai appris. . , vous me ferez plaisir de ne plus m'adresser la parole.
EUGÈNE , désolé, et se tournant vers Adèle.
Ah ! Mademoiselle , je n'ai plus d'espoir qu'en vous. . .
Adèle , reculant avec frayeur.
Gomment , Monsieur !... ne m'approchez pas, je vous prie. .. A-t-on idée d'une pareille hardiesse !. . . Viens, ma pauvre sœur. . . éloignons-nous d'un jeune homme aussi dangereux.
EUGÈNE et G AILLARDIN.
Un moment. . . permettez. . . Mesdemoiselles. . . par pitié. . . un seul mot. . .
( Les deux sœurs sortent sans les écouter.)