SCÈNE X\l
GÀILLARDIN, EUGÈNE.
eugène, désespéré.
Eh! bien, mon oncle... j concevez-vous quelque chose ?... Tout le monde me fuit. . . me repousse. .. Il y a de quoi perdre la tête !. .
( Il s'assied près du guéridon et appuie sa tète dans ses mains.) GAILLARDIN , d part.
Je devine... c'est la diable de lettre qui a fait des siennes... Adèle l'aura montrée à Elise. . . Si Eugène le savait , il jetterait les hauts cris. . . [A son neveu. ) Allons, du courage , Eugène.
EUGÈNE
Au moment où elle venait de m'entend re sans colère. . . car, je vous le jure, mon oncle, elle avait l'air de m'aimer. . . je crois même qu'elle me l'a avoué. ..
GAILLARDIN.
Ce n'est rien, mon ami.
EUGÈNE
Comment , ce n'est rien !
GAILLARDIN.
Moins que rien, te dis-je. . . un moment de caprice, de dépit. .. J'ai idée que tu auras fait quelque gaucherie...
eugène, se levant.
Moi?
gaillardin, hésitant.
Toi... ou un autre... c'est égal. Que veux-tu? je ne peux pas être partout... mais ne t'en mêle plus... je t'en prie parce que tues si maladroit. ..
eugène, s' emportant .
Dites plutôt qu'il y a un malin démon qui prend plaisir à bouleverser tous mes projets... Et si je pouvais le découvrir !..
GAILLARDIN.
Je te répète que je vois à présent d'où cela provient., et je m'en charge.. . Il n'y a que moi qui puisse raccommoder cela.
EUGÈNE
Vous, mon cher oncle !.. eh! bien vous me faites trembler...
GAILLARDIN, piqué.
Comment ! Monsieur, voilà donc les remercîmens que je reçois de vous ?
EUGÈNE
C'est que, quand vous parlez de raccommoder quelque chose... c'est fini... perdu sans resource...
C'est cela! Je te conseille de m'accuser, ingrat! N'est-ce
pas moi qui ai fléchi Brémont... qui lui ai arraché son consentement?., n'est-ce pasjnoi qui vais calmer la mauvaise humeur d'Élise ?..
EUGÈNE
Quoi! vous seriez assez bon pour...
G A.ILLARDIN.
Oui, Monsieur; malgré vos reproches injustes, je me dévoue... Je te réponds que dans un quart-d'heure ton mariage sera renoué et arrêté... Je cours à Élise... Toi, vas rejoindre Adèle... sois aimable avec elle... je ne te disque ça.
ETÎGÈNE.
Mais, à quoi bon, encore une fois?
GAILLARDIN.
Eh ! parbleu, pour détruire ses préventions. . . ( A part.) et pour tenir Brémont en haleine.. (Haut) Ne perdons pas une minute.