TOUS DEUX
Comment?
PHILIPPE
Sans mon courage. . . et un accident qui a manque' nous faire verser , vous seriez , à l'heure qu'if est , c'est-à-dire , je serais... entre quatre murailles, au fond d'une forteresse.
ROSE
Est-il possible !
le prince , riant.
On voulait donc m'enlever réellement , et c'est toi
C'est délicieux !
PHILIPPE
Oui, riez , si l'on me rattrappe à faire l'altesse. . .
LE PRINCE
Mais conte-moi donc ...
PHILIPPE
Pardine. . . c'est tout simple. . . tandis que j'arrangeais vos affaires de. mon mieux... et {regardant Rose.) que vous dérangiez les miennes,... j'étais au bal., . où l'on me préparait une danse,. .
air : France chérie.
Saisi d'un bras qui n* me semblait pas mince , Dans un caross' dont je n' pouvais bouger, Je me sentais em'né du train d'un prince , Ou d'un fripon qui part pour l'étranger. J' voulais parler ; mais à chaque demande On m' répondait : silence ! Mouseigneur.
— Ce n'est pas moi. ■ — Nous faisons c'qu'on nous commande,
— Allez au diable ! — Vous nous faites trop d'honneur. Mais , ô miracle ! au détour d'une rue ,
Que nous venions d' parcourir au galop,
De l'équipage , une bête abattue ,
Dans notre élan nous arrête aussitôt.
D'un coup de poing une vitre est cassée ;
Je vois soudain tout Je peuple arriver.
Alors je crie à la foule empressée :
« Sauvez le prince , on veut vous l'enlever ! »
On nous entour'. — C'est le duc qui l'ordonne ,
Dit mon geôlier , et voici son décret.
Tandis qu'il cherche Tordre qui m'emprisonne ,
Le prisonnier s'échappe et disparaît
Il me poursuit l inutile ressource !
Comme un oiseau je rase les maisons.
Il perd raa trac'. . . car j'avais , dans ma course,
La joie au cœur, et des ail's aux talons. . .
Enfin , j'accours ici lame ravie ,
Et n' me plains plus , puisque dans mon malheur ,
Après avoir là bas sauvé ma vie "
J'arrive à temps pour sauver mon hooneur.
ROSE
Pauvre garçon , a-t-il couru des dangers.
Philippe , s'essuyant le front.
Et de toutes les couleurs.
LE PRINCE
Qui diable a pu me jouer un pareil tour?
PHILIPPE
Je n'en sais rien.e. Mais rendez-moi mon costume; j'en ai assez comme ça, et je tremble toujours qu'une nouvelle méprise . . .
( 5fi )