‹ La famille et la jeunesse de J.J. RousseauChapitre 9 sur 35 · LES REFUGIES FRANÇAIS, ANCETRES DE JEAN-JACQUES · texte numérisé non relu

LES REFUGIES FRANÇAIS, ANCETRES DE JEAN-JACQUES

La série qui va de mâle en mâle, dans Tordre de filiation, n'est pas la seule qu'il faille considérer. Chacun tient de son père sans doute, mais aussi de sa mère. Plus on remonte haut dans la lignée des ancêtres, plus est considérable cette part adventice que les alliances, à chaque génération, viennent mêler à l'héritage de la ligne directe. Pour Jean-Jacques Rousseau , on retrouve sur les principales branches de son arbre généalogique ce que nous venons de voir dans le ménage de Didier Rousseau, l'entrelacement de deux races : les réfugiés français et les familles du pays de Genève.

Quand on établit ce qu'on appelle un tableau de quartiers, on rencontre bientôt, dans le damier généalogique, des cases vides que l'absence de documents ne permet pas de remplir. Les lacunes commencent pour Rousseau au quatrième degré, où on ne lui connaît que 15 ascendants sur seize. Au degré supérieur, on ne peut inscrire, au lieu de trente-deux, que vingt-six noms de famille. On arrive ensuite au sixième degré (soixante-quatre quartiers), ce qui se trouve correspondre au second quart du xvie siècle, c'est-à-dire à une époque où les registres de baptêmes et de mariages n'étaient pas encore établis. En outre, à cette date, la moitié des familles dont Jean-Jacques est descendu avaient encore leur demeure en divers lieux de France, où les recherches généalogiques sont beaucoup moins faciles qu'à Genève ; presque toutes les branches de notre arbre s'arrêtent là. On ne peut prolonger encore plus loin les lignes ascendantes qu'en suivant deux rameaux qui s'élèvent au-dessus des autres, et dont la dernière cime atteint le milieu du xive siècle.

Escalader tous ces degrés jusqu'à ce qu'on soit arrêté par le vide, suivre le fil généalogique en ses bifurcations successives jusqu'au point où il vous échappe enfin, ce sont là des divertissements

d'érudits; on peut se plaire à ce sport savant. Quelques milliers de personnes, dans les familles genevoises d'aujourd'hui, sont heureuses de trouver sur la lisle de leurs ancêtres tel ou tel individu qui a aussi sa place parmi les ascendants de Jean-Jacques Rousseau. La série des filiations qui établissent ainsi un rapport de parenté entre le philosophe et beaucoup de nos contemporains l'ait plaisir à quelques personnes, et peut amuser les esprits curieux ; mais elle n'offre pas en soi un sérieux intérêt. La sécheresse de ces tableaux décharnés est rebutante. Il n'y a que deux cas où les trouvailles qu'on peut faire méritent d'être signalées. Soit quand on atteint des familles venues de provinces éloignées : il n'est pas indifférent de bien déterminer la part de l'élément étranger et celle de l'élément indigène dans l'ascendance de Rousseau; soit quand de vieux documents permettent de jeter un regard sur la vie privée, de découvrir quelque trait de mœurs ou de caractère , de mettre en lumière quelque curieux incident.

Ceux des ascendants de Rousseau qui ne sont pas originaires de quelqu'un des villages des environs de Genève, sont tous venus de France, à la seule exception de la famille de la Rive, une des

plus anciennes et des plus considérées de la ville : elle était de souche italienne, étant sortie de Mondovi en Piémont.

Le sage et judicieux Boileau a indiqué, dans sa satire sur la Noblesse, la raison qui ne permet pas de se fier aux chiffres auxquels on arrive par des calculs généalogiques :

Tous les livres sont pleins des titres de vos pères : Leurs noms sont échappés du naufrage du temps. Mais qui m'assurera qu'en ce long cercle d'ans. A leurs fameux époux vos aïeules fidèles, Aux douceurs des galants furent toujours rebelles? Et comment saurez-yous si quelque audacieux N'a point interrompu le cours de vos aïeux?

Cette réserve faite — et quelles que soient certaines incertitudes que n1ont pas encore dissipées les recherches étendues et attentives que M. Louis Dufour-Vernes et moi-même nous avons faites et continuons à faire, — on peut dire que la part de l'élément étranger, dans l'ascendance de Rousseau, dépasse le tiers du total, tandis que celle de l'élément local est supérieure à la moitié.

La plupart des réfugiés qu'on rencontre dans le tableau des ancêtres de Jean-Jacques sont arrivés à Genève sous Henri II; on ne trouve que quatre personnes qui y soient venues après la Saint-Barthélémy. Dans l'ordre chronologique

dos premières mentions de leur présence à Genève, Didier Rousseau marche en tête de tous; les autres s'échelonnent ainsi :

1551. — Jean Toucheron, marchand drapier, de Blois.

1552. — Jean Le Grand, orfèvre, de Paris1; sa femme Françoise Bardet, de Lyon.

1554. — Raymond Eschard, marchand, de Blois.

1555. — Julien Baudet, menuisier, deDomfront en Normandie; sa femme Gabrielle Melin, de Lyon. — René Janvier, teinturier, de Blois.

1558. — Antoine Cresp, sergier, de Grasse en Provence.

1559. — Simon Lemaire, marchand, de Salins en Franche-Comté.

1561. — Bon Bluet, passementier, d'Amiens ; sa femme Guillemette Jussin, de Saint -Dizier en Champagne.

1574. — Simon Mussard, orfèvre, de Châteaudun.

1570. — François Chouan, marchand, de Tou-

1. Dans les premiers mois de 1571, Jean Le Grand quitta Genève où il venait de passer vingt ans, et alla avec sa famille s'établir à Lyon. Deux ans après, nous retrouvons à Genève sa veuve, qui se remarie le 22 juillet 1573. — Jean Le Grand aurait-il été une des victimes de la Saint-Barthélémy?

louse. — Dominique Magnin, marchand, de Maçon; sa femme Colombe Grandjean de Fouchy, de Chasselas en Maçonnais l.

L'émigration protestante du xvic siècle s'est étendue à toutes les provinces de France. Comme à la fin du siècle dernier, en face d'un gouvernement irrité et de l'effervescence populaire, la minorité proscrite abandonnait ses biens et sauvait sa vie. Comme à la Révolution, les autorités et la foule, en France, étaient d'accord pour menacer et sévir ; les mêmes craintes amenaient les mêmes effets : toute une élite prit le chemin de l'exil. Sur les rives du Léman, à Lausanne, à Genève, les réfugiés af 11 liaient. Après une fuite précipitée, après un voyage périlleux, ils y trouvaient repos et sûreté.

1. Il n'y a plus aujourd'hui que deux de ces familles, les Rousseau et les Mussard, qui possèdent encore quelques rameaux verdoyants. Toutes les autres sont successivement tombées en quenouille et ont vu leur nom s'éteindre; mais elles ont une postérité nombreuse et florissante dans les familles où leurs filles sont entrées.

En quittant la France, les réfugiés y avaient laissé des parents. Dans ces branches restées au pays, une seule des familles citées a donné des hommes distingués. Ce sont les Grandjean de Fouchy. Quand Jean-Jacques Rousseau, en 1742. soumit à l'Académie des sciences un projet de réforme des signes de la musique, un Grandjean de Fouchy était secrétaire perpétuel de l'Académie, et il lit partie de la commission chargée de faire un rapport sur ce projet.

ANCÊTRES DE JEAN" JACQUES. il

En même temps que ces personnages aux noms inconnus que nous venons d'énumérer, modestes bourgeois qui ont vécu ignorés et sans mémoire, on voyait arriver Théodore de Bèze, Henri Estienne, llotman, Scaliger; — Arnaud Casaubon, de Gascogne, le père du célèbre philologue Isaac Casaubon; — Antoine de Saussure, de Lorraine; Pyramus de Candolle, de Fréjus en Provence, les aïeux des savants illustres qui devaient naître deux cents ans plus tard. La France chassait hors de ses frontières quelques-uns de ses meilleurs enfants, quelques-unes de ses familles dont le sang était le plus fécond et le plus pur.

Le lieu d'asile, au pied des Alpes, était une belle contrée qui plaisait au regard ; et beaucoup de ceux qui avaient traversé les montagnes pour l'atteindre, en voyant le lac bleu et les villes assises sur ses bords, ont dû éprouver les sentiments que décrivait Saint-Preux : « L'instant où, des hauteurs du Jura, je découvris le lac de Genève, fut un instant d'extase et de ravissement. La vue de ce pays, l'air des Alpes, si salutaire et si pur, cette terre riche et fertile, ce paysage unique, le plus beau dont l'œil humain fut jamais frappé, la sérénité du climat, tout cela me jetait dans des transports. »

Mais ces impressions des arrivants ne s'effaçaient que trop vile ', quand une fois les fugitifs avaient passé les portes de la cité, et s'étaient installés dans quelqu'une des rues étroites et sombres de la vieille Genève. Au milieu du beau paysage qui l'entourait, la cité calviniste pouvait être comparée quelquefois à une ruche d'abeilles, quelquefois à un guêpier, toujours à une fourmilière. Le travail et l'économie s'imposaient : ces vertus de fourmis étaient nécessaires aux nouveaux venus. La prose de cette vie ne rebuta pas les familles de bourgeoisie laborieuse qui formaient le noyau de l'émigration protestante. Ouvriers, patrons, marchands, appauvris par l'exil, s'acquittaient pendant la semaine de leur tâche, exerçaient quelque métier monotone, pour avoir la joie austère d'être en paix le dimanche, quand ils venaient écouter les sermons , les prières, et chanter les psaumes qui faisaient courir le risque du bûcher à leurs coreligionnaires

I. Voltaire, à son arrivée dans le pays, fut lui-même séduit à son aspect; — qu'on se rappelle sa poésie sur le lac Léman : Mon lac est le premier.... — Mais le désenchantement vint ensuite aussi, et Voltaire écrivit un jour : « J'habite un pays qui a l'air du paradis terrestre, mais qui en réalité est maudit de Dieu, et ne produit rien d'agréable ». Lettre à la comtesse de Saint-Point, datée de Ferney, Ier octobre 1768.

restés efl France, La persécution n*avàit-elle pas atteint leurs proches et leurs amis, qui avaient cruellement souffert par elle, ou qui avaient courbé la tête en frémissant? Eux, au contraire, lui avaient échappé, et ils étaient libres et fiers.

Dans la moitié des familles dont Jean-Jacques descend* on arrive, en en cherchant l'origine, à quelque paysan des environs de Genève, qui est venu s'établir à la ville. Les autres branches de son arbre ascendantal aboutissent aux réfugiés français dont j'ai donné les noms. Il y avait mariage de deux races ; quel fut l'apport de chacune d'elles?

D'aucun côté, rien qui appartienne à la noblesse militaire, qui rappelle l'antique chevalerie ; rien que des bourgeois et des rustres. Tous étaient protestants, et la Réformalion avait fait ce que fit plus tard la Révolution. A Genève, en 1536, quand les troupes catholiques eurent lâché pied devant les bandes bernoises, Jeanne de Jussie raconte qu'on voyait monter au ciel, de tous les côtés, la fumée des châteaux incendiés : c'est le môme spectacle que décrivent, à la Révolution, les lettres de Sismondi, datées de Lyon. Nulle part, chez les ancêtres de Rousseau, on n'aperçoit

quelque tradition de fidélité féodale *, ni chez ceux qui ont quitté le royaume des fleurs de lis, ni chez ceux qui ont abattu les écussons où brillait la croix blanche de Savoie. — Des deux côtés, en revanche, beaucoup de sérieux et d'honnêteté ; le commandement divin : « Tu travailleras six jours, et tu ne te reposeras que le septième », était accepté de bon cœur, et formait la règle de la vie.

La culture de l'esprit, l'amour de l'étude, appartenaient aux réfugiés beaucoup plus qu'aux gens du pays. Sur ce versant oriental du Jura, on était resté trop longtemps sans cultiver les lettres. La France avait des poètes depuis quatre cents ans, quand on s'avisa enfin de les imiter dans les contrées qui environnent le lac Léman; et bientôt les bouleversements causés par la Réforme arrêtèrent net cette floraison tardive 2. Les représentants isolés de la littérature locale, Bonivard, Jacques (iruet, Jean Gacy, n'eurent pas de successeurs;

I. Dans le Contrat social (I, 4) Rousseau parle de la féodalité avec une plaisante indignation : « système absurde, dit-il, contraire aux principes (]u droit naturel, et à toute bonne politie ».

■1. Elle avait été bien eliélive; et Bonivard lui-même en taisait peu de cas : « L'Evangile vint, dit-il; et quant et lui les bonnes lettres ». Ancienne et nouvelle police de (lenève, I». 127.

la place fut prise par les hommes d'étude venus de France, théologiens et juristes. Comme ils étaient écoutés et considérés, ils mirent leur marque sur le public qui les entourait ; l'esprit genevois, moraliste et discuteur, se forma à leur image; ils sont, en quelque mesure, les ancêtres intellectuels de Jean-Jacques.

Au moment où leur foule emplissait Genève, ils furent visités, toisés et jugés, bien vite et bien sévèrement, par un de leurs compatriotes, un poète charmant et chagrin, que la postérité devait aimer, Joachim du Bellay. Il revenait de Rome en France, en passant par la haute Italie et la Suisse, et notait au passage le croquis rapide et léger de chacune des villes qu'il traversait. Il vit à Genève les réfugiés français qui y vivaient rassemblés; il a fait d'eux un noir tableau dans un des sonnets des Regrets :

Je les ai vus, Bizet, et si bien m'en souvient : J'ai vu dessus leur front la repentance peinte, Gomme on voit ces esprits qui là-bas font leur plainte, Ayant passé le lac d'où plus on ne revient.

Un croire de léger les fols y entretient, Sous un prétexte faux de liberté contrainte; Les coupables fuitifs y demeurent par crainte; Les plus fins et rusés, honte les y retient!

Au demeurant, Bizet, l'avarice et l'envie, Et tout cela qui plus tourmente notre vie, Domine en ce lieu-la plus qu'en tout autre lieu.

il» LKS REFUGIES FRANÇAIS,

Je ne vis oncques tant l'un l'autre contredire;

Je ne vis oncques tant l'un de l'autre médire : Vrai est que, comme ici, l'on n'y jure point Dieu l.

Ces exilés regrettaient la patrie absente. Quand on est né en France, on aime à y demeurer ou à y revenir; ils étaient assombris en s'en voyant éloignés pour toujours : faut-il le leur reprocher? Au temps du Consulat, après dix ou douze ans de souffrance, les émigrés ont pu rentrer au pays, tandis qu'au xvic siècle, l'Édit de Nantes se fit attendre beaucoup plus longtemps.

Qu'il y eût d'ailleurs, chez ces protestants, quelque apreté naturelle, renforcée par le malheur; qu'on les vît mécontents de leur sort, de leurs compagnons d'infortune, et sans doute aussi du peuple qui leur donnait l'hospitalité 2 ; qu'ils

1. La loi genevoise ne permettait pas le moindre juron : « Que nul, disait-elle, ne soit si osé et si hardi de jurer le nom de Dieu; sur peine, pour la première l'ois, de baiser terre; et pour la seconde, de baiser terre et de trois sous: pour la troisième, de soixante, sous, et trois jours en prison au pain et eau; et pour la quatrième, d'être privé de la ville pour an et jour >• (d'être banni pour un an et un jour).

1. Avenaire (du latin advena) est un mot du dialecte de nos contrées, qui signifie étranger. Saint François de Sales. par exemple, l'a employé en ce sens. Mais dans le parler genevois, avenaire a pris (depuis l'affiuence des réfugiés, sans doute) un sens défavorable : « \Javenaire est un homme essentiellement désagréable, qui blâme tout, qui dénigre tout, et chez qui la contradiction est un besoin ». IIumherï, Glossaire genevois.

fussent aigris, en un mot, c'est tout simple, comme il est tout simple aussi que Du Bellay en ait été choqué. Le portrait qu'il a tracé est chargé sans être infidèle. La tache est restée. Voltaire, qui a pu observer Genève et les Genevois de très près et longtemps, disait au siècle dernier : « L'envie est le vice dominant de cette petite ruche, où Ton distille du fiel au lieu de miel. » Aujourd'hui encore, les défauts que Du Bellay a signalés persistent, et sont une des marques du caractère genevois, où ils se combinent, il faut le dire, avec d'heureuses qualités qui sont aussi une part de l'héritage que les fiers réfugiés français ont laissé à leurs descendants. Les bons observateurs retrouvent ce pli profondément creusé dans la figure des hommes d'aujourd'hui. Amiel l'a dit en des vers moins beaux, mais aussi vrais que ceux du poète de la Pléiade :

Race de mécontents, tes fils ont l'énergie, La science, l'honneur et la droiture ; mais L'amour-propre est chez eux l'éternelle vigie : Le moi des Genevois ne sommeille jamais. Leur mérite est réel, mais il manque de charme, Et même leurs vertus ne plaisent pas beaucoup.,..

Le caractère de la race indigène était-il plus accort que celui des réfugiés? Voyez ce qu'en pensait Calvin, qui a bien connu le peuple de sa

ville, et qui disait à ses confrères, à son lit de mort : « Vous êtes en une perverse et malheureuse nation; et combien qu'il y ait des gens de bien, la nation est perverse et méchante ».

Notons encore une autre parole de môme portée. C'est la Compagnie des pasteurs, au mois de décembre 1603, qui vient « avertir Messieurs (les membres du Conseil) et leur donner avis d'user de prudence et support, considérant qu'ils ont affaire à un peuple qui est une bête farouche et dangereuse... ».

A vrai dire, ce sont là des jugements plus sévères qu'équitables. Toujours est-il que Jean- Jacques Rousseau était d'une race rude, et l'on s'en aperçoit. S'il n'y avait pas eu, pour l'assouplir, de longues intimités féminines, et toute sa jeunesse passée dans l'aimable pays de Savoie, il n'aurait jamais su le secret de séduire le public français.

Au reste, parmi tous ces hommes de lettres avec qui Du Bellay a pu s'entretenir à Genève, nous ne voyons aucun des ascendants de Rousseau; il ne tient à eux que par l'influence qu'ils ont exercée dans la ville où il a été élevé. Ses ancêtres ne sont que des marchands et de modestes industriels, mais ce n'en sont pas moins des réfugiés :

ils avaient été hommes à rompre, pour l'amour d'une idée, toutes les attaches qui les retenaient au sol natal ; ils avaient assez tenu à leur foi pour quitter leur pays, leurs amis de jeunesse, le milieu où ils avaient vécu jusqu'au moment de la persécution; ils avaient eu le courage de tout abandonner, pour marcher seuls à la rencontre de l'inconnu.

L'auteur du Contrat social, qui a dressé le plan d'une société sans racines, était l'arrière-petit-fils à' hommes déracinés.

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