‹ La famille et le mariage chrétien [microforme]Chapitre 11 sur 41 · PAT · texte numérisé non relu

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Le mariage fait ainsi, des époux, un anneau vivant de cette grande chaîne, l'anneau intermédiaire entre les générations passées et les générations futures de la même famille.

A ce point de vue, les liens du mariage conservent toute leur raison d'être : les briser, ce serait briser l'anneau qui relie le passé à l'avenir; ce serait briser les liens de la famille. Jusqu'à la mort de l'un d'eux, les époux doivent rester unis, au nom de cette chose grande, divine, qui est la famille,

C'est, sans doute, en raison de cette pérennité de ln famille, que es relations d'origine qui unissent les enfants aux parents, gardent un caractère de vérité toujours actuelle. Toute leur vie, les parents restent parents à l'égard de leurs enfants. Le temps n'affecte pas ces sortes de liens,

ils n'appartiennent jamais au passé.

Il y a plus. Dépassant les existences individuelles qui la composent, en raison de sa durée indiscontinue, à travers les générations qui passent, la famille devient pour ses membres successifs, comme le dépositaire de l'idéal social, moral et religieux qu'elle doit leur transmettre de génération en geaération. En d'autres termes, c'est parce qu'il est, pour ainsi dire, incarné dans ces institutions permanentes : l'Eglise, la société, la famille : que l'idéal moral et religieux possède ici bas une vie mystérieuse et profonde qui reflète l'éternité, et que ne semblent pas atteindre les défections individuelles. Et c'est pourquoi, briser les liens de la famille par le divorec, c’est pécher contre l'idéal moral et religieux en détruisant l'une de ses plus solides assises humaines. |

En somme, nous pouvons, au moyen des propositions et considérations suivantes, justifier, aux yeux de la raison, l'unité et l’indissolubilité du mariare, qui, d'après l'ensei-

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gnement de l'Eglise, constituent, de droit divin, ses deux principales propriétés.

1° Tout d’abord, ces deux propriétés dérivent du don mutuel parfait que se font d'eux-mêmes, l’homme et la femme dans la plus étroite des alliances. Car un don vrai, total, est, de lui-même éternel; donner pour un temps, ou avec la secrète pensée de vouloir reprendre ce que l'on a donné, c’est seulement prêter, mais ce n’est pas donner.

Donner parfaitement signifie donner avec toute sa volonté. Or la volonté humaine possède ce privilège de donner sans réserve, d’une manière absolue.

De plus, celui qui s’est donné ainsi, ne se possède plus : il ne saurait donc se reprendre ou'faire de lui-même un nouveau don, sans violer ses premiers serments.

2% En s’unissant par les liens du mariage les époux entrent dans un nouvel état de vie, et par conséquent, s’engagent à réaliser l'idéal chrétien, conformément à cet état. Ce qui lie désormais les volontés des époux, c'est précisément l'idéal chrétien de la vie conjugale. Or cet idéal, à savoir, la pratique à deux des vertus chrétiennes, est de lui-même, indéfectible, il garde toute sa vérité, sa puissance d'union, malgré les fluctuations diverses qui peuvent agiter les volontés, ou les cœurs des époux. Briser les liens d’un mariage légitime, c'est donc pécher contre une forme de vie chrétienne qu'on s'est engagé à pratiquer.

3° Le mariage chrétien doit refléter l'unité et l’indissolubilité de l'alliance prototype qu'il représente, par sa signification morale et religieuse, à savoir : l'alliance une et indestructible de Jésus-Christ et de son Eglise.

4° Enfin, la famille, comme institution stable, indiscontinue dans son être successif, surtout la famille gardienne d'idéal moral et religieux, exige que chacun de ses anneaux soit indissolublement lié à tous ceux qui l'ont précédé, et à tous ceux qui le suivront.

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